Revue de presse Afrique

A la Une : le Forum social mondial à Dakar

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« Les altermondialistes militent pour un autre monde » : constatation du journal sénégalais Le Quotidien qui suit d’un œil mi-amusé mi-surpris ce Forum social qui s’est ouvert avant-hier. « Réunis à Dakar pour une semaine, ces altermondialistes comptent faire de la capitale sénégalaise, le  lieu du déclic pour un monde plus tolérant et plus accueillant envers l’être humain, tout court, relève le quotidien sénégalais. Pour certains qui s’en sont donnés à cœur joie devant les médias nationaux et internationaux, le système capitaliste a détruit le monde et continue de creuser le fossé entre pauvres et riches d’une façon impressionnante. »
« Ces altermondialistes, qui depuis Porto Allegre au Brésil s’activent à faire accepter à l’humanité, et surtout aux décideurs, l’idée d’un monde plus juste, plus équitable, un monde de solidarité et de partage, se sont donnés rendez-vous à Dakar pour débattre et échanger en vue de l’avènement d'un monde meilleur », relève pour sa part le quotidien Sud.

Bataille entre deux mondes

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis le premier Forum social mondial en 2001, constate Le Républicain au Mali : « la victoire de Porto Allegre amplifiée depuis par plusieurs forums et par une crise financière sans précédent, c’est que désormais plus personne n’accepte l’infaillibilité du capitaine-marché. Un autre monde est possible, il n’y a pas de doute. Un autre monde est nécessaire, c’est indéniable », s’exclame Le Républicain. Et pour le quotidien malien, une bataille se livre « entre deux mondes. Celui aseptisé des tables garnies, des libertés préservées, des services de qualité contre celui des victimes du sida, du palu, des systèmes scolaires déficients, du manque total et des gouvernances totalitaires. Un monde qui vit en face d’un autre qui meurt. Qui meurt, certes, parce que tué mais aussi parce que suicidé par des chefs sans projet autre que leur nombril. »

Quelles sont les intentions des Frères musulmans ?

En Egypte, Moubarak continue de s’accrocher au pouvoir… C’est ce que constate, entre autres, Le Potentiel à Kinshasa : « malgré la colère des manifestants, le président Moubarak ne tarit pas d’inspiration et continue de multiplier des stratégies pour gagner du temps (…). C’est dans ce contexte, précise Le Potentiel, qu’il a annoncé hier une augmentation salariale de 15 % en faveur des agents et fonctionnaires de l’Etat. Ce réajustement salarial (…) prouve amplement que M. Moubarak a longtemps clochardisé la population égyptienne à dessein, affirme le quotidien congolais, alors qu’il disposait des moyens suffisants pour améliorer le bien-être de ses concitoyens. En dépit de cette prise de conscience tardive, le président Moubarak est désavoué par les Egyptiens qui ne décollèrent pas et continuent à se serrer les coudes pour l’alternance politique dans leur pays. »
Justement, à ce propos, de nombreux autres journaux s’interrogent sur les intentions des Frères musulmans, principale force d’opposition, et qui sont désormais assis à la table des négociations…

« Comment intégrer l’hydre islamiste sans se faire manger ? », se demande L’Observateur au Burkina. « Encore faut-il, s’inquiète le journal, que les tenants de l’islam politique soient prêts à mettre dans leur breuvage le minimum acceptable d’eau démocratique, d’Etat de droit républicain, d’égalité, surtout dans les rapports homme/femme,  dans un environnement laïcisé et à la tunisienne ou à la turque. »
« Le retour des Frères musulmans sur l’échiquier politique égyptien suscite bien des interrogations, constate également Le Pays, toujours au Burkina. Son entrée dans le gouvernement sonnera-t-elle la fin de son activisme ? Toujours est-il que le peuple égyptien, qui a longtemps courbé l’échine sous le règne de Moubarak, vient de montrer son attachement à la liberté, à la dignité et à la démocratie, relève le journal. Les Frères musulmans sauront-ils opérer une mue qui tienne compte du nouvel environnement ? Cela est bien probable, affirme Le Pays, dans la mesure où rien ne sera plus comme avant, car le peuple sera dorénavant très regardant sur le comportement des futurs dirigeants. »
 
Intimidations…

Enfin, situation difficile en ce moment pour les journalistes occidentaux présents en Egypte… C’est ce que constate le site d’information SlateAfrique : « depuis qu’Hosni Moubarak  ce +héros de guerre+ qui veut mourir sur le sol égyptien  a ému les foyers le 1er février après +la marche du million+, et depuis que la télévision d’État lave les cerveaux, le climat est détestable, affirme l’envoyé spécial du site. De nombreux habitants, solidaires du mouvement, voient désormais des espions partout ; des Iraniens, des Israéliens, des Américains… Du coup, pas facile pour les journalistes d’échapper à la parano et à la campagne d’intimidation et de haine déclenchée par les autorités égyptiennes. »
Et l’envoyé spécial de SlateAfrique de s’exclamer : « c’est l’hécatombe autour de nous. Plein de copains, étudiants, journalistes, humanitaires, craquent. Ils rentrent à Paris, à Madrid, à Londres, à Doha. Le Caire est devenu fou, invivable, insupportable, et nous, les occidentaux, non-grata. »

 

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