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Chronique des matières premières

L'oléoduc de l'Amour entre la Russie et la Chine

Audio 01:38

L'or noir coule à flot entre la Russie et la Chine. Inauguré début janvier 2011, l'oléoduc reliant l'Extrême-Orient de la Russie et le Nord-Est de la Chine a transporté 1 million 318 000 tonnes de brut lors de son premier mois d’exploitation. Un partenariat stratégique qui pourrait bientôt être étendu au gaz.

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Les bonnes relations diplomatiques sont aussi, bien souvent, une affaire de bonne entente énergétique. Ces 1 000 kilomètres de tuyaux reliant directement le premier producteur de pétrole au monde, la Russie, au futur premier consommateur, la Chine, permettent non seulement de comprendre la nouvelle amitié entre les deux anciens frères ennemis communistes de la Guerre froide. Ils témoignent également de la montée en puissance de la demande chinoise.

300 000 barils par jours

Pékin applaudit des deux mains. En Chine, la mise en place de l’oléoduc de l’Amour a eu droit à une couverture médiatique digne de l’épopée spatiale. La décision d’abord, les travaux ensuite et les tests aux froids extrêmes, puis l’inauguration de la portion russe en Sibérie, en août 2010, par Vladimir Poutine lui-même. Et enfin, l’apothéose ! Comme pour le lancement de la fusée Longue Marche, à 11 h 49 le 2 janvier dernier, Yao Wei se prépare. Manteau rouge, chapka sibérienne, une minute plus tard, le PDG de la branche oléoduc de PétroChina pose son doigt sur le bouton et c’est le top départ !

42 000 tonnes soit environ 300 000 barils par jour vont désormais traverser le fleuveAmour qui sert de frontières entre les deux pays. 72 kilomètres de pipeline en Russie depuis Skovorodino en Sibérie, 927 kilomètres supplémentaires côté chinois pour relier la ville de Daqing dans la province du Heilongjiang. L’oléoduc pompera directement 15 millions de tonnes de bruts chaque année dans les réserves russes, alors qu’il fallait passer par le train avant. Au final, c’est près de six milliards d’euros de plus dans la balance commerciale entre les deux pays. L’accord est valable jusqu’en 2030.

Après le pétrole de l’Amour, le gaz de l’Altai

Pour Moscou, ce cathéter d’acier relié à la croissance chinoise est une façon de diversifier ses débouchés. Pour Pékin, c’est aussi un moyen d’éviter les pirates du détroit de Malaca. Peu importe d’ailleurs les scandales de détournement de fonds publics liés au transporteur russe Transneft. Preuve que l’Amour ou le « dragon noir » comme l’appellent les chinois, est aujourd’hui un long fleuve tranquille. En 2020, 65 % du pétrole consommé en Chine devrait provenir de Russie. Ca gaze entre Chinois et Russes et désormais c’est de l’oléoduc Altai dont parlent les gazettes ! Les premiers tronçons seront posés d’ici à la fin de cette année, les premières livraisons sont prévues pour la fin 2015. Trente milliards de mètres cubes de gaz seront fournis à la Chine chaque année, selon le projet d’accord discuté actuellement entre Gazprom et la China National Petroleum Corporation. Ne reste plus maintenant qu’à se mettre d’accord sur le prix. 

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