Revue de presse Afrique

A la Une : interrogations en Algérie et en Côte d’Ivoire

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L’Algérie qui s’interroge… La marche prévue samedi par des dizaines de partis, associations et syndicats va-t-elle avoir lieu et si oui avec quelle mobilisation ? Le quotidien Liberté veut y croire : « la dynamique est lancée », s’exclame-t-il. « À moins de quarante-huit heures de sa première action d’envergure   la marche de samedi  , la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (la CNCD) continue d’enregistrer des soutiens de poids et une adhésion de plus en plus large de la société civile, relève le quotidien algérien. Une centaine d’associations à caractère culturel ou scientifique, autant de collectifs socioprofessionnels et de comités locaux. (…) Constituée notamment de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, de partis politiques de diverses tendances, de syndicats autonomes représentant différents secteurs d’activité, ainsi que de divers autres groupements tels que les étudiants, les internautes, les femmes, les chômeurs,… la CNCD continue donc de ratisser large, affirme Liberté, au sein de la société civile. »

 « Trop tard… c’est complet ! »

Liberté qui, par ailleurs, dans son éditorial, s’en prend vertement aux autorités qui ont maintenu l’interdiction de la marche de samedi. « Lorsqu’on ferme la porte aux manifestations pacifiques, on ouvre la voie aux casseurs et autres marginaux. Le pouvoir peut sévir par l’interdiction. Il peut museler par les oukases. Il peut réprimer, mais il ne pourra rien contre un peuple qui gronde. »
Et puis ce dessin, dans El Watan, qui résume bien le bras de fer entre le pouvoir et les organisateurs de la marche : « des milliers d’Algériens comptent investir la rue samedi », peut-on lire… Et l’on voir une foule de policiers casqués ; l’un d’entre eux s’exclame : « trop tard… c’est complet ! »

El Watan qui élargit par ailleurs le débat en affirmant que « la contestation se propage » dans le monde arabe. « Longtemps soumis à des régimes despotiques corrompus, les peuples arabes se soulèvent en masse pour rompre le silence et briser les murs de la terreur, s’exclame le quotidien algérien. Le vent de la démocratie souffle en Arabie, annonçant le crépuscule des dictateurs. Après la Tunisie et l’Egypte, le cercle de la contestation des régimes s’élargit, poursuit El Watan, gagnant la Jordanie, l’Arabie Saoudite, Bahreïn, la Libye, le Maroc, la Syrie et bien évidement l’Algérie. Aucun peuple arabe ne souhaite rester en marge de cette nouvelle page d’histoire qui s’écrit dans cette région du monde. »

Doutes et espoirs…

Interrogations donc en Algérie, mais aussi en Côte d’Ivoire, à propos de la mission des experts de l’Union africaine… Les experts qui ont rencontré les deux parties, le camp Ouattara et le camp Gbagbo, et qui s’apprêtent maintenant à rendre compte aux cinq chefs d’Etat africains désignés par l’Union africaine. « Trois jours d’intenses échanges ont permis de prendre le pouls de la situation et de recueillir les avis de tous les acteurs impliqués dans la crise », relève L’Intelligent qui constate aussi que « les émissaires de l’UA qui quittent Abidjan aujourd’hui sont très inquiets de l’ampleur que prend la crise avec les récents affrontements sanglants. »

Alors, « tout s’est déroulé dans la pure discrétion, poursuit le quotidien abidjanais. Ce qui laisse planer à la fois le doute et l’espoir chez les pro-Gbagbo et chez les pro-Ouattara. Mais, relève L’Intelligent, la question que bon nombre se pose, c’est de savoir quelle sera la quintessence du rapport de l’équipe d’experts. Et que va-t-il se passer quand le groupe de haut niveau tirera les conclusions de leur mission ? Dans tous les cas de figure, l’Union africaine a pris toutes les dispositions pour que les mesures soient contraignantes pour les deux parties. Aucun chantage ne sera possible. Aucune résistance ne pourra se faire et ce n’est pas du bluff, dit-on. »

Fin février ?

Du côté de la presse d’opinion, chacun tire la couverture à soi… Pour Le Patriote, journal pro-Ouattara, « le Premier ministre Guillaume Soro et le RHDP, dont le candidat Alassane Ouattara est sorti vainqueur du second tour, ont convaincu les experts. Ces derniers repartent avec la ferme conviction que l’élection présidentielle s’est passée dans de bonnes conditions. La victoire du candidat du RHDP, Alassane Ouattara, n’est donc pas remise en cause. »
A contrario, pour Le Temps, journal pro-Gbagbo, « au cours des rencontres, le groupe des experts s’est montré sensible aux arguments soutenus par La majorité présidentielle. Cela explique un peu la frilosité du camp Ouattara criant déjà à la corruption. »

Alors, que vont décider les chefs d’Etat africains, au vu du rapport de leurs experts ? Pour l’instant, les ivoiriens retiennent leur souffle, avec cette date butoir : le panel a en effet jusqu’à fin février pour arrêter des décisions « contraignantes ».

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