Chronique des matières premières

Augmentation du prix de la pomme de terre en Russie

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Les prix des pommes de terre flambent en Russie. Ils ont plus que doublé ces derniers mois, après la sécheresse sans précédent de l'été dernier, qui a décimé les récoltes. Les consommateurs redoutent une hausse continue des prix durant encore plusieurs mois.

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La pomme de terre va-t-elle devenir un produit de luxe en Russie ? Selon l’Union centrale des consommateurs, entre septembre 2010 et janvier 2011, le prix d’un kilo de pommes de terre a été quasiment multiplié par trois. Sur le marché de gros, il est passé de 6 roubles le kilo, soit 15 centimes d'euro, à 17 roubles, soit 42 centimes. Dans les magasins, il faut, en moyenne, débourser 40 à 50 roubles pour un kilo de patates, soit 1 euro à 1 euro 20, alors qu'en septembre, le kilo valait 21 roubles, soit 52 centimes d’euro. Dans certaines villes on trouve déjà des pommes de terre à 100 roubles le kilo, soir 2 euros 50. Aux dires des experts, les prix devraient continuer à se maintenir à un haut niveau.

Avec la canicule et la sécheresse de l'été dernier, les récoltes ont chuté. En 2009, les agriculteurs russes avaient produit 31 millions de tonnes de pommes de terre, mais l'année dernière, ils n'en n'ont récolté que 21 millions. Pour satisfaire une demande intérieure estimée à 29 millions de tonnes, le pays est contraint d'importer. Jusque-là, l'Egypte était un fournisseur important, mais les désordres ont changé la donne. Quant aux pays européens, leurs récoltes ont chuté en moyenne de 10%, en 2010. Or, les Russes sont de gros consommateurs de pommes de terre. Ce légume est presqu’aussi populaire que le pain. En moyenne, chaque Russe en consomme 73 kilos par an.

Dans ce contexte, le ministère de l’Economie n’exclut pas de plafonner le prix de la pomme de terre, tout comme celui du sarrasin, autre produit de base de l’alimentation russe. Mais les économistes préviennent : le gel des prix aura pour effet d’augmenter la demande et de créer artificiellement un déficit et les prix s’envoleront de plus belle, une fois le mesure levée. De plus, le pic saisonnier des prix pour les légumes est généralement enregistré en mai-juin. Or, la loi ne permet pas de geler les prix au-delà d’une période de 90 jours consécutifs. Bref, la patate à 100 roubles a, semble-t-il, encore de beaux jours devant elle.

 

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