Littérature sans frontières

1. Yahia Belaskri : «Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut»

Audio 19:31

Invité : le romancier algérien Yahia Belaskri, auteur du livre «Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut», aux éditions Vents d’ailleurs.

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C’est un petit livre de 120 pages, mais on y met du temps à en sortir, on y met du temps à en guérir car la violence nous explose à la figure, la violence à chaque page, les bruits, le chaos urbain, la circulation, véritable capharnaüm, les rues cassées, les insultes, les agressions verbales des étudiants vis-à-vis de leur professeur.

La vie a quitté tout ! Dans ce pays, même la mer refuse d’être bleue, elle est grise.

 

Nous sommes dans une société où plus rien n'a sa place, où avec l’argent, on peut s’acheter tous les diplômes universitaires. La connaissance ne sert à rien ; seuls les titres ont de l’importance.

C’est dans ce monde où rien n’est à sa place que vit votre couple Dehia et Abdel, les deux héros de ce roman, deux destins cassés qui tiennent grâce à l’amour et leur exil.

 

C’est un livre dur et âpre comme la vie dans ce pays qui n’est pas nommé, mais qui ressemble à l’Algérie, une société atrophiée, gangrenée, frappée de « petites véroles » comme aurait écrit Césaire dans son Cahier d’un retour au pays natal. La corruption, la folie, le meurtre, le parricide deviennent des faits ordinaires.

Le roman alterne entre le passé des personnages et leur présent. Déhia est une universitaire rigoureuse et incorruptible issue d’une bonne famille tandis qu’Adel, cadre dans une entreprise, vient d’une famille modeste.

Entre le couple Adel et Déhia – qui se sont connus au cours d’un colloque –, c’est une histoire de destins croisés. Tout semble les opposer, mais ils devront se donner la main. La tragédie frappe aveuglément ces deux personnages : Déhia, dont la mère est égorgée, et le père en proie à la folie. De son côté, Adel court après ses démons : il a perdu sa compagne dans un attentat manqué qui visait l’immeuble dans lequel il travaillait. Et puis, il y a son frère, Badil, plongé dans le banditisme, qui sort dix ans plus tard de prison et dont Adel ne trouvera que le corps et les papiers du côté de l’Italie.

La rencontre entre Adel et Déhia ne pouvait être que décisive. Dans la tragédie, regarder dans la même direction allège le poids du passé.

Yahia Belaskri est invité à la Foire du Livre de Casablanca, au Maroc du 11 au 20 février 2011.

Lectures d'extraits:

Belaskri extrait 1

 

 

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