Chronique des matières premières

La Chine veut relancer l’activité minière en Corée du Nord

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Les responsables du régime communiste de Pyongyang signent ce mardi 15 février 2011 à Pékin un accord pour exploiter conjointement avec la Chine les ressources minières de la Corée du Nord. On connaît depuis longtemps la richesse du sous-sol en Corée du Nord : la plus importante mine d'or fut découverte à la fin du 19e siècle par les Américains. Mais depuis que l'économie s'est totalement refermée sur elle-même à l'image du régime communiste de Pyongyang, le secteur minier végète totalement, par manque d'investissement.

La Chine est le seul partenaire commercial de la Corée du Nord, soumise à des sanctions de la part de l'ONU contre son programme nucléaire. Pourtant, l'effort de Pékin est jusqu'à présent resté très prudent et modéré face au risque que représente le régime de Pyongyang. Depuis vingt ans, la zone économique spéciale de Rasen créée en Corée du Nord sur le modèle des régions spéciales chinoises, n'a jamais décollé. Aujourd'hui, Pékin semble vouloir passer à la vitesse supérieure. En décembre dernier, une grande entreprise publique chinoise a relancé le projet d'équiper cette zone portuaire qui serait un débouché maritime alternatif inespéré pour la Chine, alors qu'elle peine à expédier son propre charbon par train jusqu'au port septentrional de Dalian et ensuite en Chine du Sud. Le coût des infrastructures prévues dans cette zone frontalière approche les deux milliards de dollars.

Aujourd'hui, c'est le versant minier des investissements chinois en Corée du Nord qui prend forme : l'accord prévoit la création d'une entreprise basée à Hong Kong pour récolter les fonds des entreprises privées chinoises intéressées par ce secteur dans lequel Pékin veut avoir un pied avant l'Inde ou la Corée du Sud. Ces deux voisins lorgnent aussi les énormes gisements de charbon anthracite, moins polluant dans les centrales thermiques, les réserves les plus grandes au monde de fer à Musan dans la fameuse zone frontalière, les mines d'or, de zinc, de plomb et de terres rares. La Corée du Nord est également très riche en uranium mais la Chine n'a bien sûr pas mentionné cette ressource explosive sur le terrain diplomatique, lorsqu'il s'agit de la Corée du Nord.

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