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Chronique des matières premières

Les exportateurs de cacao soulagés par la prise du port de San Pedro

Audio 01:43
Transport de sacs de cacao sur le port d'Abidjan, le 18 janvier 2011.
Transport de sacs de cacao sur le port d'Abidjan, le 18 janvier 2011. AFP/Issouf Sanogo

Certains exportateurs avouaient leur surprise devant l'efficacité soudaine des forces pro-Ouattara depuis le début de la semaine. Pour d'autres, il n'y avait pas de hasard. La clé de la guerre, c'est le cacao, commentait l'un deux. Que San Pedro, le premier port cacaoyer mondial tombe au moment où Laurent Gbagbo allait saisir 475 000 tonnes de fèves n'était évidemment pas une coïncidence.

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Les marchés à terme avaient déjà parié, depuis le début de la semaine, sur la prochaine libération des fèves, bloquées depuis deux mois dans les ports, puisque les cours du cacao qui avaient flambé depuis l'élection ont en quelques jours plongé de 10 %. Concrètement, le cacao ne pourra pas sortir pour autant du pays du jour au lendemain : l'Union européenne a maintenu inchangées ses sanctions. Sauf à créer une administration et un mode de financement parallèles pour les contourner, ce qui est fort peu probable, Alassane Ouattara ne pourra pas accélérer leur levée, qui pourrait prendre une semaine, selon un diplomate européen, si la situation se clarifie. Ensuite, il faudra réorganiser les administrations, notamment les douanes, réacheminer les navires, et il y a fort à parier que ce sera l'engorgement dans les ports...

Fin avril est un horizon vraisemblable pour la reprise des embarquements, selon un observateur de ce marché. Trois mois d'immobilisation des fèves auront eu des conséquences variables sur la qualité du cacao en fonction des conditions de stockage. Certains exportateurs ont procédé à des fumigations contre les mites. Mais les moisissures et surtout un taux d'acidité plus grand risquent d'amoindrir la quantité et la qualité des fèves, même si certains gros industriels savent ajouter au beurre de cacao un additif alcalin pour masquer les défauts...

Reste aussi à remettre en route le circuit bancaire : la récolte secondaire démarre et comme tout est bloqué pour l'instant, les planteurs acceptent d'être rémunérés 200 FCFA un kilo qui en vaut 800, par des intermédiaires opportunistes.

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