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Revue de presse Afrique

A la Une : comment reconstruire la Côte d’Ivoire ?

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Deux jours après la chute de Laurent Gbagbo, de nombreux commentateurs planchent sur cette délicate question et tous les regards sont braqués vers Alassane Ouattara. Bien sûr, tous soulignent que la tâche sera ardue.

Et pour commencer, explique Le Républicain  au Mali, il va lui falloir effacer le concept d’ivoirité : « rendre la Côte d’Ivoire à la Côte d’Ivoire, affirme le journal, c’est-à-dire gommer tout le désastre d’une 'Ivoirité' maudite, née d’un délire sociopolitique qui, vingt ans durant n’en finit pas d’endeuiller. L’effacer jusqu’à son onde de choc pour ne pas créer d’autres marginaux de la République, estime Le Républicain, notamment en frappant d’ostracisme un FPI qui, quoi qu’on dise, représente une part non négligeable de ses compatriotes. »

Pour le quotidien malien, la tâche essentielle sera donc d’abord de « rassembler les hommes, coudre le peuple, bannir la haine et la revanche, implorer les ancêtres, faire qu’une autre rébellion, celle suscitée par la chute de Gbagbo n’en remplace une autre. Construire la paix et la stabilité.

Etre Ivoirien, tout simplement. Alors et alors seulement, conclut Le Républicain, Alassane Dramane Ouattara aura prouvé que la parenthèse douloureuse de l’Ivoirité, dont l’appendice était bien cette guerre des urnes et de la légitimité qui s’achève, est bien fermée. Définitivement. »

Pour Le Pays , au Burkina, priorité à la justice : « rebâtir la Côte d’Ivoire ensemble. Cela suppose une bonne réconciliation, laquelle accorde une place royale à la justice. Les efforts de reconstruction seront vains si Gbagbo et ses sbires ne sont pas jugés comme il le faut. Juger Gbagbo doit figurer parmi la priorité des priorités. »

Et dans le même temps, poursuit le quotidien burkinabé, œuvrer pour la réconciliation nationale : « un défi de taille attend donc ADO. Il lui faut tenter de devenir, estime Le Pays, le 'Mandela de l’Afrique francophone' : savoir pardonner à ceux qui l’ont offensé des années durant, œuvrer à panser les blessures et à réconcilier les cœurs. »

Réconciliation, pacification et redressement…

« Après Gbagbo, les fardeaux de Ouattara », titre pour sa part le site d’information Guinée Conakry Infos qui tente d’établir une sorte de plan d’action pour le nouveau dirigeant ivoirien. « En premier lieu, estime-t-il, le président Ouattara se doit de réussir le pari de la réconciliation entre les Ivoiriens. (…)

Cela passera notamment par la lumière qu’il faut nécessairement faire sur les exactions et autres massacres qui ont émaillé la crise depuis que les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire ont lancé leur offensive contre la métropole abidjanaise. Et quand les responsabilités auront été clairement situées, il faut que la justice prévale sans aucun parti pris, affirme Guinée Conakry Infos. Car il est clair que Laurent Gbagbo n’est pas le seul qui mérite de passer par la case justice. »

Après la réconciliation, autre défi, estime le site d’information guinéen : « la pacification du pays. Il faut que les dernières poches de résistance soient vite maîtrisées afin de récréer dans les meilleurs délais un climat de sécurité. »

Enfin, « sur le plan économique, l’urgence est de fournir aux populations les denrées de première nécessité, affirme Guinée Conakry Infos. (…) Globalement, il faudra que l’économie qui était au bord de l’asphyxie retrouve un peu d’oxygène. Ce qui ne devrait pas être un pari impossible, estime le site, vu que l’ensemble des acteurs de la communauté internationale, vont s’empresser de lever le blocus qu’ils imposaient au pays (…). »

Combat d’arrière-garde ?

Autre sujet de débat : l’implication de la France dans le conflit ivoirien et plus largement les accusations d’interventionnisme lancées contre l’ancienne puissance coloniale… Sur le site d’information Slate Afrique, le journaliste écrivain ivoirien Tiburce Koffi s’emporte contre les intellectuels africains qui ont pris fait et cause pour Gbagbo, au nom de la lutte contre le néocolonialisme : « à les lire et à les entendre, écrit-il, l’ex-chef d’Etat ivoirien Laurent Gbagbo est une victime expiatoire de l’Occident, qui aurait décidé de sévir contre un héros de la lutte de libération du peuple noir, un digne défenseur de la dignité de l’Afrique !

Et nous voilà partis pour le combat d’arrière-garde, s’exclame Tiburce Koffi; ce combat, non pas contre nos propres turpitudes, mais contre l’autre; cet autre c’est, bien sûr, le blanc, l’Occident, l’impérialisme. (…) Le meilleur moyen d’infantiliser l’Africain et de l’empêcher d’entrer dans l’Histoire, c’est de continuer à le dépeindre comme une victime des puissances occidentales, poursuit le journaliste ivoirien. Assumons nos turpitudes, nos égarements, nos obscurités aussi bien que nos Lumières car, oui, nous avons, nous aussi, des lumières. Servons-nous de ces lumières pour nous éclairer, en évacuant de nos cerveaux le fantôme du blanc méchant. »

Enfin analyse similaire pour le quotidien togolais Liberté: « Dieu sait combien ils sont nombreux, ces Africains, panafricanistes et opposants aux interventions occidentales sur le continent à voir, à tort ou à raison, une recolonisation du continent, une course du monde civilisé vers le café-cacao ivoirien et le pétrole et le gaz libyens. Soit ; mais ces interventions occidentales en Côte d’Ivoire et en Libye ne sont-elles pas la conséquence, estime Liberté, de l’irresponsabilité de l’élite africaine ? »

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