Accéder au contenu principal
Chronique des matières premières

Un an après la marée noire, les forages en eau profonde reprennent dans le golfe du Mexique

Audio 01:58
La plateforme pétrolière Brutus de Shell dans le golfe du Mexique.
La plateforme pétrolière Brutus de Shell dans le golfe du Mexique. www.boemer.com

Après l'explosion de la plateforme Deepwater, le 20 avril 2010, le président Obama avait stoppé net tous les nouveaux projets de forage à plus de 300 mètres de profondeur dans toutes les eaux territoriales américaines.

Publicité

Il fallait au minimum rehausser le niveau d'exigence en matière de sécurité, bien inférieur à ce qui était pratiqué en Grande-Bretagne et en Norvège, mais aussi au Brésil ! L'autorité de régulation des forages en mer manquait pour le moins d'indépendance et de moyens. Elle a été réformée, c’est aujourd’hui le Boemre. En octobre dernier, le moratoire sur les forages offshore a été levé dans une bonne partie du golfe du Mexique. Mais les choses traînaient encore trop en longueur aux yeux de l'industrie et des élus du Sud américain, très dépendants de l'extraction pétrolière. Elle a baissé de 13% dans le golfe du Mexique depuis la marée noire ; or la région fournit un tiers du pétrole américain.

La crise libyenne est alors venue perturber l'offre mondiale de pétrole, et les compagnies pétrolières ont eu beau jeu de défendre l'indépendance énergétique des Etats-Unis. Le 27 février dernier, Exxon Mobil, la plus grande major américaine, enjoignait le régulateur américain de délivrer sans plus tarder de nouveaux permis ; ce qu'il faisait dès le lendemain au profit de l'opérateur américain Noble pour un gisement où - comble de l'ironie - , la major britannique BP, tenue pour responsable de la marée noire, détenait près de 50% des parts !

Le 21 mars, c'était le tour de l'Anglo-néerlandaise Shell, sur trois nouveaux champs, à 200 kilomètres des côtes de la Louisiane. Enfin, le 8 avril, le Norvégien Statoil obtenait le dixième permis octroyé à ce jour pour forer à 2 300 mètres de profondeur. Ces opérateurs avaient réussi selon l'administration américaine à démontrer qu'ils étaient en mesure de contenir toute nouvelle fuite de pétrole. Les majors n'ont pas lésiné pour convaincre. Shell, Exxon Mobil, Chevron, Conoco Philipps ont investi un millard de dollars pour mettre en commun les équipements : couvercle de puits, câbles, élévateurs, pompes à liquides dispersants, suffisants, selon elles, pour arrêter une fuite par 2 400 mètres de fond, qui répandrait jusqu'à 60 000 barils de pétrole par jour - un peu plus que ce qui fuyait du puits Macondo. Hier, le régulateur a de son côté insisté sur la nécessité de rendre le système d'obturation des puits, le plus fiable possible.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.