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Revue de presse Afrique

A la Une : les émeutes post-électorales dans le nord du Nigéria

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Au dessus de la ville de Kaduna, au nord du pays, s'élève une épaisse fumée. « Des minibus brûlés jonchent les rues », « des casquettes, des sandales ont été abandonnées » un peu partout. On aperçoit des « corps calcinés, qui portent encore des traces de coups de machettes ».

L'article du journal sud-africain Mail and Guardian   n'épargne rien à ses lecteurs de ces violences dont le bilan reste encore approximatif. Ces émeutes meurtrières dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman, ont été provoquées par l'élection du président Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud.

« Les démons sont dans la maison »

« Comment faire du Nigeria un État de droit si ses hommes politiques, obsédés par le pouvoir, continuent de monter en épingle les clivages ethno-régionalistes ? » s'interroge Le Pays  au Burkina. « Nul ne conteste au malheureux candidat, le Général Muhammadu Buhari, le droit de contester les résultats du scrutin s’il estime qu’il y a eu des irrégularités », poursuit le journal.

Ce que lui reproche la presse burkinabé, c'est plutôt de ne pas avoir appelé assez tôt ses militants à la retenue. « Certes, nuance L'Observateur, Buhari a condamné, ce mardi 19 avril, les émeutes et appelé à l’arrêt des violences contre les chrétiens. Mais trop tard. Les démons étaient déjà dans la maison. L’ex-chef de la junte militaire aurait eu le feeling politique de reconnaître immédiatement sa défaite le jour de l’annonce des résultats que l’on aurait fait l’économie, sinon de l’autodafé, du moins des tueries ».

« Cercle vicieux »

Au Mali, ce sont les avertissements du Quai d'Orsay qui font les gros titres. « D’abord, une partie du Nord, ensuite tout le Nord, puis le Centre du Mali depuis peu: l’alerte du Consulat français à Bamako sur les « risques accrus d’enlèvement » dans la zone touristique de notre pays confirme nos craintes, écrit Le Républicain . Mopti n’aura pas de sitôt son certificat de fréquentabilité ».

Mopti, c'est cette région à 600 km au nord-est de Bamako, qui aurait perdu, selon le journal malien, plus de 50% de sa clientèle touristique en un an. « Un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA frappant des artisans honnêtes. [Et ceux-ci] courent le risque d’être de la matière première pour le crime organisé ». Un « cercle vicieux », c'est d'ailleurs le titre de l'éditorial du Républicain .

« Soit la France s’en fout, soit elle suit une ligne qui nous échappe » : déclaration citée par le journal, censée émaner d'un des soixante-dix volontaires français au Sahel rapatriés en février, pour qui les « alertes [du Quai d'Orsay] ne [sont] ni justifiées ni expliquées ».

Menaces à Tombouctou

Bien sûr nuance l’éditorialiste, « les cris de vierge effarouchée de l’État malien ne sont pas recevables quand les faits démontrent, non le recul, mais la montée en puissance d’Aqmi ». Une montée en puissance évoquée aussi dans le Lafia Révélateur  ce mercredi. Le journal affirme qu’al-Qaïda au Maghreb Islamique a affiché des notes dans le marché Yoboutao (le petit marché) de Tombouctou, qui concentre la majorité des boutiques arabes. Un message en arabe, en forme d'avertissement.

Traduction proposée par Lafia Révélateur  : « Si vous ne voulez [pas] que vos femmes deviennent des veuves et vos enfants des orphelins, alors cessez de collaborer avec l’État malien, démissionnez du service des renseignements, sinon gare à vous ! ». Ces affiches jusque dans la ville de Tombouctou, poursuit le journal, « pourraient dissuader des officiers d’origines arabes qui connaissent bien le terrain d’abandonner le service des renseignements. Et tout le système mis en place par l’État malien pour lutter contre Aqmi [en] serait ébranlé ».

Johannesburg : décharge à ciel ouvert

On part maintenant en Afrique du Sud, où des poubelles s'étalent à la Une de la Presse, notamment en couverture du Star . Le journal sud africain rappelle que depuis le 7 avril, les éboueurs de la société Pikitup sont en grève. Ils demandent, entre autres, de meilleures conditions de travail et une augmentation de leurs salaires.

Cet arrêt de travail prolongé commence à se voir et surtout à se sentir dans les rues de Johannesburg, transformée en décharge à ciel ouvert. Le Mail and Guardian  propose un portfolio sonore assez impressionnant dans les rues de la ville, où les habitants doivent enjamber les détritus pour se rendre au travail.

Ces ordures qui s'entassent commencent à poser de vrais problèmes de salubrité. Car « avec les ordures, viennent les mouches et les bestioles, explique la journaliste. Si la grève persiste, on craint une invasion de rats ».

Le comité de surveillance de la Ville, cité par Cape Times , exige donc que la Mairie mette en place un plan B et emploie des entreprises privées temporairement. De son côté, le Congrès national africain, au pouvoir en Afrique du Sud, accuse les grévistes d'être manipulés.

« Le mouvement tombe pile au moment des élections, nous en concluons que la grève est orchestrée pour saboter notre campagne », déclare une porte-parole au journal sud africain. Les grévistes nient et disent être dans la légalité. Bref, un dialogue de sourds. Avec tout de même cet espoir en Une du Star , de voir la grève s'achever ce mercredi.

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