Revue de presse française

A la Une : l’affaire DSK suite…

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Les conditions de détention de Dominique Strauss-Kahn, la stratégie de ses avocats, le témoignage du frère de la victime présumée, le rôle des médias français, les implications sur les primaires à gauche, ou encore le débat sur le retour de la morale en politique… Autant de thèmes développés dans les journaux ce mercredi… Tout d’abord, « le prisonnier de Rikers Island », c’est le grand titre du Parisien, avec cette photo de l’entrée, sinistre, de cette prison, avec grillage et barbelés.

« C’est l’une des plus grandes prisons du monde , nous apprend le journal. (…) Une dizaine de bâtiments d’une capacité de 17.000 places. » Le Parisien publie le témoignage de l’escroc français Christophe Rocancourt, qui y a effectué un bref séjour : « c’est quasiment ce qu’il y a de pire, dit-il, c’est une prison misérable, insalubre, (…) où tout est dégueulasse. »

Dominique Strauss-Kahn a été placé dans un quartier spécial de la prison, « du fait de sa notoriété. (…) Il est seul dans une cellule de 12m2. Aucun contact avec les autres détenus. (…) Un régime carcéral plutôt privilégié », commente Le Parisien.

Alors, ses avocats sont « sur le pied de guerre », s’exclame France Soir. « Les défenseurs de DSK et leurs enquêteurs privés vont mener une contre-enquête impitoyable et tenter de discréditer la femme de chambre, à tout prix. (…) Leur but : assurer une défense solide. Hier mardi 17 mai, selon Le New York Post, rapporte France Soir, les avocats envisageraient de plaider 'une relation sexuelle consentie'. »

On revient au Parisien avec cette interview de Blake Diallo, le frère de la victime présumée : « ma sœur est toujours en état de choc, affirme-t-il. C’est avant tout une victime effrayée et dévastée par le comportement d’un homme qu’elle ne connaissait pas et qui a cherché à abuser d’elle. »

Vie publique, vie privée…

Voilà donc pour les faits et les témoignages… A présent, les débats… Les journalistes Français connaissaient les travers de DSK. « Nous aurions su et nous n’aurions rien dit », s’exclame Libération. Et bien, le journal s’inscrit en faux. Libération qui affirme qu’il « continuera à respecter la vie privée des hommes et des femmes politiques. (…) Mettre ce principe au rencart conduirait, quel paradoxe, estime le journal, à favoriser à court, très court terme, la victoire du 'buzz' et du 'trash' au nom de l’information de qualité. (…) En revanche, poursuit Libération, les délits et les crimes sexuels présumés exigent un travail d’enquête journalistique, hélas, trop rarement mené en France. »

Le Figaro s’élève également contre ce « procès du manque d’audace, de curiosité de la presse française. (…) Les journalistes français, sachant que DSK avait la réputation d’un Casanova, devaient-ils pousser plus loin leurs investigations ? Au nom de quel a priori, de quelle exigence ? », s’interroge le journal. « Gardons-nous de la dictature que souhaiteraient imposer les sycophantes avides de révélations tapageuses, conclut Le Figaro. D’autant qu’internet, magnifique outil d’information par ailleurs, facilite déjà leurs basses œuvres. »

Le PS assommé ?

Le Figaro toujours avec ce grand titre de une : « le PS assommé par le scandale Strauss-Kahn ». Un parti socialiste dans la tourmente, constatent bon nombre de commentateurs ce mercredi matin. « A Solferino, le siège parisien du PS, c'est panique à bord, s’exclame La République des Pyrénées. Ces accords passés entre éléphants, qui devaient laisser l'avantage au mieux placé d'entre eux, tout ce beau dispositif qui mettrait en orbite DSK a volé en éclat au petit matin de dimanche. Tout était bouclé et voilà que tout s'effondre, avec des allures de cauchemars. »

La Montagne relativise ce sombre tableau : « DSK borduré, le choix du candidat sort du mythe des sondages. Plutôt que de se suffire de mettre un produit marketing sur le marché de la campagne, le PS va pouvoir désigner le meilleur des siens pour conduire la bataille de l’alternance. Condamnés à la raison, les socialistes doivent désormais, s’ils veulent être la future équipe de France, apprendre à jouer collectif plutôt qu’à se chercher toujours un joueur providentiel. »

Alors, souligne Sud Ouest, « l’hypothèse d’une primaire entre Martine Aubry, François Hollande, et quelques autres était déjà plausible au début de l'année et il n’y a aucune raison pour qu’elle ne le soit plus. »

Morale…

Enfin, La Croix se place sur le terrain de l’éthique… « Il sera désormais difficile pour ceux qui rêvent à de hautes responsabilités de prétendre les approcher sans afficher une grande modestie, un sens certain de l’équilibre, estime le quotidien catholique. Dans les projets comme dans les comportements. (…) A droite comme à gauche, poursuit La Croix, nombreux sont ceux qui espèrent désormais que l’élection présidentielle à venir se construira, par un retour de balancier, sur l’éthique. »

Enfin, justement, relève La République du Centre, « au moment où le scandale DSK illustre une faillite morale à gauche, Nicolas Sarkozy, le président candidat va pouponner en bon père de famille. Image rassurante d’un homme enfin gagné par la sérénité. Et tout ceci, bien entendu, sans aucun souci d’instrumentalisation. Pas question d’utiliser subsidiairement le bleu layette pour combattre le bleu Marine. »
 

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