Revue de presse Afrique

A la Une : la formation du nouveau gouvernement ivoirien

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C’est demain mercredi ou après-demain jeudi que l’on devrait connaître la composition de la nouvelle équipe au pouvoir… Et des noms circulent déjà dans les journaux ce matin. Ainsi, Soir Infos donne une liste quasiment complète. Soir Infos qui annonce, entre autres, Jean-Marie Kacou Gervais aux Affaires étrangères, Hamed Bakayoko à l’Intérieur, Ahoussou Jeannot à la Justice et aux Droits de l’homme, Charles Koffi Diby à l’Economie et aux finances ; ou encore, Sidiki Konaté au Tourisme, Cissé Bacongo à l’Enseignement supérieur et à la recherche scientifique. Et puis de nouveaux entrants comme Jean-Louis Billon à l’Industrie.

D’après le quotidien L’Inter, ce gouvernement comportera au total « 36 membres dont la clé de répartition sera à peu près similaire à celle connue avec l’Accord de Linas-Marcoussis de janvier 2003 (…). En clair, précise L’Inter, le RHDP, le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix, la coalition gagnante de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, et les Forces nouvelles se tailleraient la part du lion dans la constitution du nouveau gouvernement. Le RDR d’Alassane Ouattara, le PDCI d’Henri Konan Bédié et les FN de Guillaume Soro pourraient empocher 7 portefeuilles par formation, soit 21 ministères. » Les 15 autres postes se répartissant entre les partis alliés, les partis d’opposition et la société civile.

Participera… Participera pas ?

Alors, justement, le FPI, le parti de Laurent Gbagbo, devrait être représenté au sein de ce gouvernement. Le FPI qui doit se réunir en comité central demain mercredi, annonce la presse abidjanaise, notamment Soir Infos. Avec ce dilemme : comment « accompagner le processus de normalisation en cours sans pour autant se renier… »

Les cadres du FPI se pencheront également, annonce L’Inter, « sur la question de la libération des barons de leur parti, notamment celle du président Pascal Affi N’Guessan, du premier vice-président Aboudrahamane Sangaré en prison à Bouna, de la deuxième vice-présidente Simone Gbagbo à Odienné et des autres membres du FPI assignés à résidence par le pouvoir en place depuis plus d’un mois. »

Toujours à propos de l’opposition ivoirienne, l’association de défense des journalistes, RSF, Reporters sans frontières, annonce la reparution hier 23 mai au matin dans les kiosques d’Abidjan du quotidien Notre Voie, le quotidien du FPI. Un journal que nous n’avons pas pu consulter pour cette revue de presse, car il n’est pas encore disponible par le biais d’internet. « Notre Voie était absent depuis la chute du président sortant Laurent Gbagbo le 11 avril, rappelle RSF. Les locaux du journal avaient été saccagés et occupés par des soldats des FRCI. Les autres journaux proches de l’ancien pouvoir tels que Le Temps, Le Nouveau Courrier d’Abidjan, Le Quotidien d’Abidjan, ou encore Prestige Mag, devraient reparaître dans les jours à venir », précise encore l’association de défense de la presse.

Soro incontournable ?

Ce qui est sûr concernant le futur gouvernement ivoirien, c’est qu’il sera dirigé par Guillaume Soro… Le Premier ministre a été reconduit dimanche dans ses fonctions par le président Ouattara. « ADO avait-il le choix ? », s’interroge Le Pays au Burkina. Apparemment, non… « Car, explique le journal, la situation sécuritaire n’est pas encore tout à fait normalisée dans le pays. Dans ce contexte, on imagine que ADO n’a pas voulu prendre le risque de se séparer de ce soutien important que représente le chef des ex-Forces nouvelles, même s’il faut pour cela faire patienter le PDCI, à qui devait revenir le poste de Premier ministre, selon les accords conclus au sein du RHDP. Ainsi, poursuit Le Pays, Soro a su se rendre indispensable certes, par son ralliement et sa présence aux côtés de Ouattara aux heures les plus critiques de cette crise politique ivoirienne, mais aussi et surtout par son statut de véritable chef de l’armée ivoirienne désormais sous l’emprise des ex-Forces nouvelles. La situation commandait donc que ADO dont le pouvoir est encore fragile, d’autant plus qu’il ne dispose pas encore d’une armée vraiment unie, tienne compte de cette donne. »

Soro Premier ministre : il ne pouvait en être autrement pour L’Observateur, toujours au Burkina : « en faisant rempiler Soro et en lui confiant le ministère de la Défense, ADO peut sans doute dormir tranquille : il remet la tâche de la réunification du pays à celui-là même qui avait été à l’origine de sa partition. Et de toute évidence, Soro a le physique de l’emploi, estime le quotidien burkinabé. Ce qui ne signifie cependant pas qu’il hérite là d’une sinécure, loin s’en faut, tempère le journal : de grosses questions se posent aujourd’hui à l’armée, tout comme naturellement à l’ensemble de la nation ivoirienne. La guerre a produit inévitablement deux camps, constate L’Observateur : celui des vainqueurs et celui des vaincus. » Et le quotidien ouagalais de s’interroger : « comment rassembler en un bloc monolithique, sans grands dommages dans un côté comme dans l’autre, ces hommes qui se sont, de longs mois durant, pourchassés, haïs, persécutés et entretués ? »

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