Revue de presse française

A la Une : l’affaire des radars

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A la Une : l’affaire des radars

Cacophonie au sein du gouvernement à propos des radars qui contrôlent la vitesse sur les routes : le Premier ministre François Fillon avait assuré qu’il ne reviendrait pas sur la fin de la signalisation systématique des radars ; propos contredits hier par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui a annoncé un gel de l’opération… La fronde de certains députés de la majorité semble donc avoir eu raison de la cohésion gouvernementale. Et il n’en fallait pas plus pour que les éditorialistes s’enflamment… « Cette controverse “bagnolesque” peut paraître dérisoire, s’exclame Le Monde. Elle est, pourtant, très symptomatique des contradictions nationales. (…) Le gouvernement tente aujourd’hui de reprendre d’une main ce qu’il avait cédé hier de l’autre, déplore le quotidien du soir. Gouverner, c’est comme conduire : il faut choisir. En l’occurrence, entre la responsabilité, quelle qu’en soit la rudesse, et un laxisme dont les motivations électoralistes ne sont pas glorieuses. »

En effet, constatent Les Echos, « inutile de s’abriter derrière de nobles arguments : c’est un électoralisme médiocre qui a poussé des députés de la majorité à obtenir du gouvernement qu’il lève le pied sur le démontage des panneaux de signalisation des radars routiers. (…) A un an d’aller chercher les voix des rescapés de la route que nous serons peut-être, des élus, inquiets de ne plus l’être, ont réveillé une insoutenable légèreté française, déplore le quotidien économique, celle d’un pays où le goût de l’automobilité efface l’horreur de ses 85 000 victimes annuelles, tuées ou blessées. »

La peur de 2012 ?

Une indignation partagée par la majorité des commentateurs ce matin. Ouest France, par exemple, parle de « reculade peu glorieuse. (…) Cette fronde parlementaire inédite est d’évidence alimentée par la peur de déplaire à ses électeurs, à un an de la présidentielle et des législatives. Les députés de la majorité sont nerveux, inquiets. (…) En temporisant face à 80 députés frondeurs, le gouvernement se résigne à la pire des solutions en matière de sécurité routière, peste Ouest France. Il zigzague entre fermeté et laxisme. »

« Céder ainsi à la démagogie des comptoirs de bistrot, renchérit L’Alsace, ne redorera pas le blason du gouvernement qui ajoute la confusion et la division à la capitulation. Quelle cacophonie entre François Fillon et Claude Guéant. »

La Montagne ironise : « pour avoir eu le courage d’assumer des mesures impopulaires et la volonté de réduire la mortalité routière, François Fillon s’est fait doubler sur sa droite. Un comble pour un pilote de rallye. »

« Quelle pagaille ! », s’exclame encore La Nouvelle République du Centre Ouest. « Avec un attelage gouvernemental aussi bancal, il est clair que c’est Sarkozy, en 2012, qui va dans le mur ! »

Et puis pour L’Union, « ce psychodrame traduit la peur clinique de ces élus qui, conscients que les études d’opinion sont très mauvaises pour la majorité, envisagent un scénario catastrophe : celui d’un État PS tentaculaire. » L’Union pour qui enfin « la présidentielle ne se gagnera pas sur la présence ou l’absence d’un panneau de radar mais sur un élan, un espoir nourri de réalisme économique et social, de sincérité, de proximité avec les gens. »

Fuites et hypothèses…

A la Une également, l’enquête sur l’affaire DSK… Avec « des fuites explosives », affirme France Soir en première page. France Soir qui relaye les affirmations de certains médias américains à propos de l’ADN qui aurait été retrouvé sur les vêtements de DSK ou encore à propos du dialogue supposé entre lui et sa victime présumée… En fait, rien d’officiel. Ce qui est sûr, explique Libération, « c’est que tout ou presque repose sur elle, “Ophelia” », la fameuse femme de chambre. Libération ne cite pas sa véritable identité… « La pression sur elle, poursuit le journal, est “énorme”, soulignent plusieurs juristes new-yorkais qui ont l’expérience de ces affaires sexuelles. Certains redoutent même que la femme de chambre soit d’une certaine manière “achetée” par les avocats de DSK. » Et Libération de rappeler que « dans l’affaire Bryant, du nom de ce basketteur américain, la femme de chambre (là-aussi) qui l’accusait de viol avait renoncé à témoigner contre un dédommagement resté secret. »

Alors est-ce le scénario vers lequel on s’oriente ? Rien ne permet de l’affirmer pour l’instant. D’ailleurs, rapporte Le Figaro, « le bureau du procureur affirme que, si l’accusatrice se rétractait, il lui resterait suffisamment de preuves à charges, notamment la déposition de la jeune femme devant le Grand Jury, les éléments matériels et les déclarations des employés du Sofitel. »

Ce qu’il faut remarquer également, c’est que les moyens déployés pour l’enquête sont considérables, tant du côté du bureau du procureur que de la défense. Ainsi Le Parisien affirme que « des policiers new-yorkais pourraient venir en France » et que les enquêteurs privés engagés par les avocats de DSK sont déjà à pied d’œuvre pour tenter de décrédibiliser la victime présumée : « du fin fond de la Guinée, aux couloirs du Sofitel en passant par les ruelles du Bronx où vit la jeune femme, c’est l’avenir de DSK qui est en cause, commente Le Parisien. L’enjeu est énorme : des millions de dollars et des années de prison en dépendent. »

 

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