Revue de presse Afrique

A la Une : la difficile médiation de Jacob Zuma

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Le président sud-africain qui était hier à Tripoli pour parler de paix avec le colonel Kadhafi. Les médias du continent ne se font aucune illusion… « L’impossible mission de Jacob Zuma », titre le site d’information Guinée Conakry Infos. « En arrivant à Tripoli, l’objectif du président Zuma était clair, relève le site, négocier un cessez-le-feu entre le Guide et les rebelles du Conseil national de la transition. Un combat perdu d’avance ! », s’exclame-t-il. « Quand on sait que, dès le départ, les insurgés se sont toujours montrés hostiles à toutes négociations avec le régime de Mouammar Kadhafi. »

Pour Guinée Conakry Infos, « la présence de Jacob Zuma n’aura servir qu’à une seule chose : prouver davantage l’impuissance de l’Union Africaine et de ses dirigeants face à aux récurrentes arrogances et menaces des géants de ce monde. (…) La mission de Jacob Zuma ressemble à s’y méprendre à celle de Koffi Annan en Irak, estime le site guinéen, quand la chute de Saddam Hussein était déjà bien planifiée… Et que tout n’était plus que du cinéma ! »

Kadhafi le martyr ?

« Zuma dans le rôle du funambule », titre pour sa part Le Républicain au Mali qui parle également du président sud-africain comme d’une « bouée de sauvetage pour un Guide ramant à contre-courant de la volonté du G8, la Russie y compris, depuis sa spectaculaire volte-face de Deauville. S’il ne veut pas être à bout de souffle, lâché par le monde et par son énergie et livré à la merci des flots, s’il veut éviter de mourir sous les débris de son toit, le Guide ne peut pas éviter de tendre une oreille attentive à son visiteur », estime Le Républicain. « Et de celui-ci, le message est simple, poursuit le journal : c’est de lui dire “avant qu’il ne soit trop tard, lâche le Livre vert et les comités populaires pour une vraie démocratie représentative, quitte pendant qu’il te reste encore quelque grandeur”. »

Seulement voilà, relève Le Républicain, « Kadhafi ne ressemble ni à Ben Ali ni à Moubarak. (…) Il a dit qu’il préférait mourir que de céder aux injonctions des “croisés” occidentaux. (…) Il n’a jamais été aussi près, estime le quotidien malien, d’être un martyr. »

Avocats du diable !

Dans le même temps, on apprenait hier que deux avocats Français se portaient au secours du Guide libyen… Et non des moindres, Roland Dumas et Jacques Vergès qui comptent déposer plainte contre le président français, Nicolas Sarkozy, pour “crimes contre l’humanité” en Libye. Après Abidjan et Gbagbo, la Libye, donc, et Kadhafi… Ce qui n’est guère du goût du quotidien ivoirien L’Expression : « si le cas ivoirien est différent de celui de la Libye, le brusque intérêt manifesté par les deux avocats et les déclarations qui s’en sont suivies laissent très peu de place au doute. Roland Dumas et Jacques Vergès se comportent comme de véritables chasseurs de prime », s’exclame L’Expression. « Les deux mercenaires ont déroulé la même tactique, comme en décembre 2010 à Abidjan au plus fort de la crise post-électorale, pour décrocher le contrat de Tripoli. (…) Et quand on sait que l’aventure d’Abidjan a rapporté à ces deux avocats la somme de 100 000 euros, relève le quotidien ivoirien, on imagine qu’ils doivent se frotter les mains car ce n’est un secret pour personne, Kadhafi est très riche. »

« Et revoilà les avocats du diable ! », titre pour sa part Le Pays au Burkina. « Loin de vouloir dénier à ces deux illustres robes noires, le droit de mener librement leur mission suivant les prérogatives qui leur sont dévolues, nous faisons le triste constat, relève le quotidien burkinabé, que la myopie de la mégalomanie et l’appât du gain facile ont fini par supplanter le sacerdoce et la conviction qu’ils n’ont de cesse de seriner. En effet, poursuit Le Pays, il n’est de secret pour personne que les deux manitous du barreau français ont su faire du dossier ivoirien une rente de situation, sans jamais pouvoir dépêtrer le dictateur Gbagbo qui, au final, a été appréhendé comme un galapiat et jeté en prison comme un brigand de Cocody. »

Sorciers blancs…

Des dirigeants africains qui font appel à des « sorciers blancs » pour les défendre ou les conseiller : c’est une situation assez courante en Afrique. Exemple au Cameroun, avec justement les « sorciers blancs de Paul Biya », titre le quotidien Mutations. Mutations qui rapporte cette « bataille de communicants autour de Paul Biya ». Le président camerounais est conseillé pour sa future campagne présidentielle par la française Patricia Balme. Un autre grand communicant, Stéphane Fouks, un proche de DSK, « serait également aux aguets ». Mais tout ce beau monde risque d’être doublé par un troisième comparse, rapporte Mutations, en l’occurrence Anne Méaux, qui veille notamment sur Abdoulaye Wade et Alassane Ouattara. D’ailleurs, c’est à l’occasion de l’investiture de ce dernier que Paul Biya aurait pris langue avec la fameuse communicante qui avait œuvré également en d’autres temps pour Ben Ali… « L’intérêt de Paul Biya pour Anne Méaux serait surtout lié à ses entrées à l’Elysée, affirme le quotidien camerounais. Un atout par ces temps où l’on note comme un refroidissement de l’axe Paris-Yaoundé, au moment où les démocraties occidentales ne font pas les yeux de Chimène aux régimes qui brillent par leur longévité, dont le régime au pouvoir au Cameroun. »

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