Revue de presse Afrique

A la Une : la répression de la mutinerie militaire au Burkina

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La presse burkinabé revient longuement ce lundi sur le règlement par la force vendredi du mouvement d’humeur des soldats mutins de Bobo-Dioulasso. « 7 morts sur le carreau », relève Le Pays :

« Six militaires décédés dans le camp militaire Ouezzin Coulibaly et une jeune fille du secteur 6, morte après avoir reçu une balle perdue. » Le bilan est donc lourd, mais pour L’Observateur , « trop c’était trop ! (…) Passe encore si les insurgés en armes se contentaient de tirer en l’air ou de s’en prendre à leurs chefs suspectés sérieusement de casser du sucre sur leur dos ! Mais il fallait en plus, déplore le quotidien burkinabé, que la soldatesque (…) pille des commerces, casse, vole, viole et terrorise des populations civiles qui ne savent plus à quel treillis se vouer. C’est dire si la nervosité et l’agacement étaient de plus en plus perceptibles et montaient au fur et à mesure que les concerts indécents de la canonnière essaimaient un peu partout dans le Burkina. Non, ça ne pouvait plus durer », estime donc L’Observateur  pour qui « on peut certes discuter, parlementer, dialoguer, négocier même avec des croquants pour trouver une issue pacifique à une crise, mais une mutinerie, ça se mate, et c’est faute de ne l’avoir pas fait très tôt que la situation a pourri jusqu’à l’os. »

Acte de salubrité publique ?

Pour le site d’information Fasozine , « cet acte de salubrité publique est à saluer dans un Faso devenu méconnaissable depuis plusieurs semaines maintenant. Les mutins qui se croyaient tout permis ont désormais une force en face d’eux. On ne pouvait attendre mieux de l’Etat (…). »

Le quotidien pro-gouvernemental Sidwaya  renchérit : « tout en regrettant les pertes en vies humaines, la restauration de l’autorité de l’Etat réchauffe le cœur de toute la nation. La patience, la maîtrise de soi, le sens du bien commun du Chef de l’Etat ont fini par payer ; et payeront encore à l’avenir. »

Belle unanimité donc des médias burkinabés. Le site d’information Guinée Conakry Infos, lui, fait entendre un autre son de cloche… Guinée Conakry Infos qui estime que « la crise au Burkina, qui, au départ paraissait anodine, prend ces derniers temps l’allure d’une véritable insurrection, à l’image des pays arabes. Au point d’amener le pouvoir de Blaise Compaoré, après avoir usé de toutes les voies diplomatiques possibles, à déployer la force contre la force, dans l’objectif d’un hypothétique dénouement définitif de la crise. » Une attitude qualifiée de « méthode syrienne », par le site d’information guinéen.

Lynchage médiatique ?

En Côte d’Ivoire, encore beaucoup de commentaires après le rapport de Human Rights Watch qui accuse les FRCI, les forces du président Ouattara, d’avoir torturé et exécuté des partisans de Laurent Gbagbo à Abidjan. Le Patriote, quotidien pro-gouvernemental, parle de « lynchage médiatique qui a pour but, affirme-t-il, d’affaiblir ceux qu’on a appelés depuis longtemps, les Com’zones, aujourd’hui chefs de Groupements tactiques, dont l’action a permis de mettre fin au hold-up de Laurent Gbagbo. (…) Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, en portant des accusations gratuites et sans fondement », poursuit Le Patriote.

« L’heure n’est, sans doute pas, et n’a jamais été au procès des Forces républicaines, affirme le quotidien pro-gouvernemental, mais plutôt à celui du système d’épuration ethnique mis en place par Laurent Gbagbo, qui va devoir rendre des comptes pour avoir laissé s’installer une logique de guerre civile dans ses quatre derniers mois au pouvoir. »

L’Inter, quotidien indépendant, est plus mesuré. L’Inter qui constate que, certes, l’obstination de Laurent Gbagbo « a plongé la Côte d’Ivoire dans des affrontements d’une rare violence, sanctionnés par plusieurs milliers de morts, selon des rapports d’organisations internationales. Mais ces rapports accusent également le camp d’Alassane Ouattara d’avoir commis des tueries pendant la crise », relève-t-il. Et L’Inter, d’appeler « l’appareil judiciaire à un traitement équitable du dossier post-électoral. »

Enfin ce commentaire du quotidien malien Le Républicain : « le rapport de Human Rights Watch, c’est prévisible, donnera du poids à l’argumentaire des anciens dignitaires dénonçant, depuis peu, un tribunal des vainqueurs. Surtout, le brûlot de l’ONG américaine ne manquera pas de créer de l’embarras dans le camp d’Alassane Ouattara. Pas celui qui fut obligé de conquérir son droit par la force mais celui qui fut investi président sous les yeux de la planète entière, qui prôna la réconciliation nationale, affirma que chacun répondra de ses actes et proclama que personne ne sera au dessus de la loi. »

Et Le Républicain de conclure : « pour être un président impartial et mû par la seule passion de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara est tenu au devoir d’ingratitude (envers certains de ses lieutenants accusés). Mais les circonstances et les conditions qui l’ont amené là où il se trouve aujourd’hui ne l’y aident pas. Elles le freinent, au contraire. »

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