Chronique des matières premières

Malgré une petite récolte de blé, la France pourrait exporter 13 millions de tonnes

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Un champ de blé dans les Ardennes.
Un champ de blé dans les Ardennes. Humpapa

L'organisme public FranceAgriMer le confirme, c'est une très petite récolte de blé qui s'annonce mais la France garde un gros potentiel à l'exportation.

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Mercredi 8 juin, FranceAgriMer s'est risqué à des prévisions de récolte. La production de blé meunier - celle qui compte en France - pourrait avoisiner les 31 millions de tonnes, soit près de 5 millions de tonnes de moins qu'en 2010. L'organisme public ne fait pas encore de prévisions basées sur des observations agronomiques mais il a appliqué une projection statistique selon laquelle, lors des dernières sécheresses, les rendements étaient de 10% à 13% moins importants que les rendements moyens sur cinq ans. 

On obtiendrait donc un rendement de 61,5 quintaux à l'hectare, contre 72,5 l'an dernier, année exceptionnelle. Heureusement, l'augmentation des surfaces - on dépasse désormais les 5 millions d'hectares en blé - et le taux de collecte très élevé qu'on anticipe encore étant donné les prix de vente, vont compenser un peu les pertes. « Gardons-nous de dire que c'est une année noire, pondère-t-on chez FranceAgrimer, il ne faut pas oublier que nous sortons de deux bonnes années de rendement consécutives ».

La consommation intérieure de blé pour la meunerie devrait rester constante. Celle pour les fabricants d'aliments du bétail devrait en revanche augmenter car on manque d'orge. La capacité d'exportation de la France va donc fatalement diminuer ; elle sera de 13 millions de tonnes cette année. C'est ce qui a été expédié dans les seuls pays tiers (Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne) au cours de la campagne qui s'achèvee. Le retour de la Russie et de l'Ukraine sur le marché international du blé en 2011 n'auraient de toute façon pas permis au blé français d'être très compétitif. La France va retrouver un schéma plus classique d'exportateur mais avec des compétiteurs.

Le grenier à blé de l'Europe devrait ainsi rééquilibrer ses exportations entre pays tiers pour 6 millions de tonnes, principalement l'Algérie - l'Egypte en revanche devrait logiquement s'effacer - et l'Union européenne pour un peu plus de 6 millions de tonnes. Le Nord de l'Europe et le Benelux surtout, car l'Espagne, l'Italie, la Grèce, Chypre et Malte devraient se tourner plutôt vers le blé roumain ou bulgare.

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