Revue de presse française

A la Une : la précampagne électorale pour la présidentielle 2012 en France

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Et une fois encore, la précampagne électorale pour la présidentielle 2012 en France est l’objet de toutes les attentions de la presse française.

Avec ce matin, des regards qui se croisent dans les journaux réputés de droite comme de gauche. Ainsi, Le Figaro s’intéresse à la socialiste Ségolène Royal, qui « tente de relancer sa candidature », lance le journal, tandis que Libération fait sa Une sur Nicolas Sarkozy et sur la méthode avec laquelle le président « prépare 2012 ». Honneur aux dames avec, donc, Madame Royal qui s’est invitée, hier, à la table ronde sur la sécheresse organisée lors de la visite du chef de l’Etat en Charente. « Ségolène Royal connait parfaitement les défauts de ses deux adversaires à la primaire socialiste que sont, d’abord, son ancien compagnon François Hollande et, en second lieu, la numéro un du PS Martine Aubry, devine Le Figaro, elle a bien remarqué que depuis peu, ils lui font des amabilités, preuve manifeste qu’ils la tienne pour une candidate de deuxième rang dont on attend le ralliement ». Mais, analyse le journal, Ségolène Royal considère qu’en politique, « rien n’est jamais joué. Or le feuilleton des primaires ne fait que commencer ». Est-ce la raison pour laquelle Le Figaro fait, ce matin, grand cas de Madame Royal ? Toujours est-il que celle qu’il qualifie de « candidate paranormale (…) n’a pas dit son dernier mot ».

 

Les lecteurs de Libération, à rebours, devront se contenter d’une brève consacrée au coup médiatique de Ségolène Royal hier en Charente

Ce qu’ils sauront en revanche dans le détail, c’est l’art et la manière de préparer une campagne électorale chez Nicolas Sarkozy. Le journal a enquêté sur son discret dispositif de précampagne. Pivot de ce vrai laboratoire ou se mitonne les idées et les thèmes sensés faire triompher le plus que probable candidat de l’UMP Sarkozy, le ministre Bruno Lemaire. Libération brosse le portrait de ces conseillers de l’ombre quoi planchent sur le futur programme présidentiel. « En 2012, le chef de l’Etat, animal blessé par quatre ans de disette sondagière, sera à nouveau un candidat stratège, tacticien, expérimenté, doté d’un programme sérieux et armé de slogans efficaces », prédit Libération. Car si, face à Dominique Strauss-Kahn, il n’était pas « donné favori », croit savoir Libération, « il redeviendra si tôt la course vraiment lancée, contrairement à ce que laisse penser sa cote de popularité du moment ».

Croqué en Une en coureur cycliste affublé du maillot à pois du meilleur grimpeur, et qui, comme au Tour de France, attend la montagne pour rattraper ses adversaires et s’échapper, Sarkozy a-t-il devant lui « une autoroute vers la réélection ? » s’interroge Libération. « Sûrement pas, tranche le journal, DSK out, le chef de l’Etat aura face à lui, que ce soit Aubry, Hollande ou Royal, un concurrent de poids. La division à droite le fragilisera. Il sera comme les autres sous la menace populiste d’une Le Pen. Mais son adversaire le plus redoutable reste la faiblesse des résultats de sa politique économique, décrète Libération, la plus belle et la plus rodée des machines électorales ne pourra pas grand chose, sans embellie sur le front de l’emploi, pour redorer le blason du président », prophétise le journal.
 

L’affaire Peugeot est ce matin à la Une de la presse française

 
Fermera ? Fermera pas ? Le doute plane dans les journaux au sujet des rumeurs de fermeture d’usine automobile de la marque au Lion. Même si la direction du groupe a dit que ce sujet n’était « pas d’actualité », le journal économique Les Echos parle en manchette de « menace sur l’un des grands sites français ». L’Humanité s’engouffre dans la brèche. Evoquant le lièvre soulevé par le syndicat CGT, le quotidien communiste estime que « ce document tombe à pic pour ceux qui bataillent pour l’avenir industriel de la France, qui doit aller de pair avec le contrôle de l’argent public ». L’Est Républicain ne dit pas autre chose. « Le démenti de PSA sur la possible fermeture du site d’Aulnay ne convainc qu’à moitié », regrette le journal, selon lequel « fermer des sites en France reviendrait pour le groupe automobile, à rompre un engagement moral pris à l’égard d’un gouvernement qui lui a prêté trois milliards d’euros au plus fort de la crise ».
 

Enfin, les journaux français, reviennent sur l’affaire des biens mal acquis.

 
A la suite du journal Le Monde, qui estimait hier soir que le refus du parquet de Paris d’élargir leurs investigations dans l’affaire des « biens mal acquis » par les familles de trois chefs d’Etat africains est « incompréhensible », le quotidien régional Paris-Normandie s’emporte ce matin. « Que dirons-nous lorsque les peuples de Guinée ou du Congo auront réussi à chasser leurs dictateurs et nous demanderont des comptes ? s’interroge le journal, (…) que nous ne savions pas que leurs dirigeants achetaient des Ferrari, ou des objets d’art ayant appartenu à Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, avec l’argent des sociétés nationales de leurs pays, quand 70 % de la population guinéenne vit en-dessous du seuil de pauvreté ? ». Et Paris Normandie de poursuivre : dirons-nous « que nous n’avions pas compris qu’il s’agissait bien d’un pillage des ressources naturelles tel que le dénonce la convention contre la corruption de l’ONU, que nous avons signée, et qui nous engage à restituer aux pays concernés les biens mal acquis ? Non, nous savions, nous savons », lance Paris-Normandie, qui conclue : « Il nous reste à nous ressaisir, et à perdre définitivement les vieux réflexes hérités de la Françafrique ».

 

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