Chronique des matières premières

Boum de la production africaine de cacao

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En Côte d'Ivoire, le secteur du cacao est l'un des piliers de l'économie.
En Côte d'Ivoire, le secteur du cacao est l'un des piliers de l'économie. REUTERS/Luc Gnago

Malgré les troubles cette année en Côte d'Ivoire, la production de cacao est phénoménale, comme ailleurs en Afrique de l'Ouest, mais l'an prochain elle pourrait revenir à un niveau bien moindre.

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1,3 millions de tonnes de fèves, c'est la production que l'Organisation internationale du cacao prévoit en Côte d’Ivoire d'ici la fin du mois de septembre, soit 100 000 tonnes de mieux que l'an dernier. Une récolte record qui pourrait surprendre, étant donné les violences qui ont perturbé l'activité agricole et l'expédition des fèves dans le premier pays producteur au monde. Au 5 juin déjà, la quantité de fèves qui a atteint les ports serait en hausse de 15% par rapport à l'an dernier.

L'explication est à chercher du côté de la météo. La Niña, ailleurs perturbatrice, a profité à la croissance des cabosses de cacao, et ce dans toute l'Afrique de l'Ouest. Les pluies et le soleil étaient là au bon moment en Côte d'ivoire mais aussi au Ghana, dont la progression du rendement est encore plus spectaculaire puisque la production pourrait passer de 630 000 tonnes à 960 000 tonnes cette année ! Même si de ce chiffre on peut soustraire quelques milliers de tonnes de cacao ivoirien passées en contrebande au Ghana, cette progression de 40 % est avant tout pour le Ghana, désormais deuxième producteur mondial de cacao, une réussite agronomique incontestable. Le Cameroun a aussi bénéficié du climat : avec une production de 215 000 tonnes, en hausse de près de 12 %, il talonne désormais le Nigeria.

Ces informations sur d'abondantes récoltes africaines de cacao, 70% de la production mondiale, pèsent depuis quelques jours sur les cours. Ils se sont repliés autour de 1 850 livres sterling la tonne à Londres, bien loin des 2 400 livres du mois de mars, lorsqu'avait été prolongé l'embargo sur les exportations de fèves ivoiriennes. Mais ce repli devrait être de courte durée. D'abord la qualité des fèves ivoirienne est très inégale, l'immobilisation de 500 000 tonnes de fèves pendant quatre mois a tout de même laissé des traces. Et puis la prochaine campagne 2011-2012 ne pourra pas être aussi généreuse. Les cacaoyers ivoiriens seront fatigués d'avoir donné tant de fruits, les paysans auront négligé leurs plantations pendant les troubles - certains n'y sont toujours pas revenus - et la Niña se sera évanouie.

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