Revue de presse française

A la Une : le Maroc, avec le projet de réforme de la Constitution présenté hier soir le roi Mohammed VI

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Réforme visant à renforcer les prérogatives du gouvernement et du parlement, qu’a présenté hier soir Mohamed VI dans un discours à la Nation. « Cher peuple », a dit le monarque, s’adressant à ses sujets pour leur présenter un projet qui doit encore être entériné, comme le rappelle Le Matin du Maroc, par « la grâce de Dieu », puisque le souverain a conclu par ces mots : « Véridique est la parole de Dieu ». Entériné, donc, par la grâce de Dieu, mais aussi par le peuple marocain et par voix référendaire en juillet prochain. En tout cas, le roi lance sa « révolution politique », clame, en France, Le Figaro. Selon le quotidien, « Le Maroc entre dans une nouvelle ère ». Car « Mohammed VI a, ni plus ni moins, renoncé de sa propre initiative à une partie de ses prérogatives », souligne le journal. Le Figaro est d’autant plus approbateur qu’il s’agit-là d’une initiative « inédite dans le monde musulman ». Alors, on a évoqué sur notre antenne ce que contenait ce projet de réforme. Ce qui est manifeste, à la lecture du Figaro, est l’enthousiasme du journal qui salue ce « nouveau souffle donné à un règne engagé voici douze ans, à la mort de Hassan II». Plus sobrement, Le Parisien-Aujourd’hui en France estime de son côté qu’en « lâchant du lest », Mohamed VI « espère sans doute (…) en finir avec les manifestations nées dans la foulées des révoltes du printemps arabe ».

De nouvelles manifestations étaient organisées hier en Syrie contre le régime de Bachar Al-Hassad. Manifestations sanglantes

Comme tous les vendredis désormais, les manifestants ont tenté dans plusieurs villes du pays de prendre la rue pour protester contre le régime, et les forces de sécurité ont tiré. Bilan : entre 12 et 19 morts selon les sources. Le Parisien-Aujourd’hui en France s’est rendu en reportage en Turquie, à la frontière d’avec la Syrie. La consœur-reporter n’était pas la seule à avoir fait le voyage à la rencontre des réfugiés syriens qui fuient la répression. Sous la tente, surprise, Le Parisien publie en effet la photo de la vedette américaine de cinéma Angelina Jolie. Cheveux défaits, regard compatissant, la femme de Brad Pitt est, une fois encore, entourée d’enfants. Mais cette fois-ci, ce sont, non pas les siens, toute cette marmaille que l’on a souvent vue complaisamment starisée par leur célèbre maman dans les magazines « pipole », mais des petits Syriens, attentifs, que l’on devine impressionnés par la présence de la star. L’un d’eux lui parle. Et elle écoute, Angelina Jolie, attentive à la « détresse des réfugiés syriens » décrite par Le Parisien.

La Grèce à présent, avec le nouveau gouvernement et Angela Merkel et Nicolas Sarkozy penchés hier à Berlin sur le dossier de la dette grecque

Le Premier ministre grec Georges Papandréou a changé hier de ministre des Finances. Le poste a été confié au ministre de la Défense qui prend aussi celui de vice-Premier ministre. Objectif : amener, via ce nouveau gouvernement, les Grecs à soutenir ses projets de politique d’austérité qui suscitent la colère de la rue et divisent son propre parti socialiste, le Pasok. « La Grèce est sauvée grâce à notre argent », lance France-Soir en Une. Mais le journal n’est pas le seul à se montrer rageur. En Allemagne, c’est pire, rapporte Le Parisien, qui relaie les résultats d’un sondage selon lequel 62 % des Allemands encouragent la Chancelière Angela Merkel à se montrer « inflexible » vis-à-vis de la Grèce. Car les Allemands « ont un fort sentiment d’injustice quand on leur demande de se serrer encore la ceinture pour aider un pays qui a menti sur ses comptes », confit au Parisien un fonctionnaire français anonyme vivant à Berlin. Enfin, l’essentiel est que les marchés boursiers soient rassurés, semble estimer Le Figaro, qui note avec satisfaction que « les places financières ont terminé dans le vert » hier. En attendant la suite, avec la réunion de l’eurogroupe dimanche au Luxembourg, où les finances publiques de la Grèce devraient recevoir une nouvelle bouffée « d’oxygène », prédit Le Figaro. On respire.

C'est aujourd'hui le vingt-cinquième anniversaire de la mort accidentelle de Coluche

C’était en effet il y a tout juste un quart de siècle. Sur une petite route de la Côte d’Azur, dans le sud de la France. Coluche, qui conduisait sa moto sans casque, est allé s’encastrer dans l’arrière d’un camion. Avec lui disparaissait le plus célèbre des comiques français. Vingt-cinq ans après, Coluche, tout sourire, maillot jaune et salopette, est en Une du Parisien-Aujourd’hui en France. Sur deux double-pages, le journal passe en revue « ce qu’il nous reste de Coluche ». Ce qu’il nous reste, ce sont d’abord ses blagues, dont on ne se lasse pas, ses images de spectacles, ses films, mais aussi les « restos du cœur ». Libération se prend à rêver. Et si Coluche était encore des nôtres, Libération « aurait aimé son manque de tact sur l’affaire Strauss-Kahn ou sur les ragots de Luc Ferry. Et sur Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Ségolène Royal, Carla Bruni enceinte. On imagine le pire, au bon sens du terme, pour une fois », regrette Libération. « Non, Coluche n’est pas mort, plaisante tendrement La Montagne, car il parle encore ». Décidemment très nostalgique, le journal maintient que Coluche « reste vissé dans le plus profond de notre culture, une culture pour tout le monde, une culture du bonheur ». Mais le monde change, et La Montagne le regrette car, soupire le journal, « le monde n’est plus le même après Coluche… ». Le Progrès de Lyon n’écrit pas autre chose. Le Progrès selon lequel « le rire n’est plus ce qu’il était, nous sommes devenus chatouilleux du respect. Il se serait bien ennuyé, Coluche, s’il avait vieilli avec nous ». De profundis.

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