Chronique des matières premières

Système d’information agricole du G20 : un pas de plus mais pas une garantie de transparence

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Les ministres de l'Agriculture des différents pays composant le G20 lors de la réunion du 21 juin 2011 à Paris
Les ministres de l'Agriculture des différents pays composant le G20 lors de la réunion du 21 juin 2011 à Paris Reuters/Lionel Bonaventure

La France a réussi à rallier les membres du G20 à la création d'un système d'information global sur les productions agricoles et leur commerce. Mais une réelle transparence sera difficile à mettre en œuvre, sans compter l'interprétation des données, toujours sujette à caution.

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Le nouveau Système d'information sur les marchés agricoles (SIMA, AMIS en anglais) serait hébergé par l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation à Rome, la FAO. Les Etats du G20 se sont engagés à y verser toutes les données agricoles dont ils disposent... Même la Chine, s'est félicité le ministre français de l'agriculture, qui portait cette proposition.

L'objectif est d'éclaircir la situation réelle de l'offre et de la demande mondiales de produits agricoles, pour éviter les flambées ou les dégringolades de prix liées à des jugements approximatifs ou des peurs sans fondement. Comme celle d'une pénurie de riz en 2007, qui avait encouragé la rétention du riz par les intermédiaires et qui avait fait largement tripler les prix en quelques semaines.
L'intention est donc louable, mais récolter des informations fiables sera un vrai défi, surtout lorsqu’on annonce zéro dépense supplémentaire. Seuls les Etats-Unis sont réellement parvenus à publier des statistiques rapidement disponibles : leur première motivation était l'information pour leurs propres opérateurs, sur les marchés à terme, dont ils sont les inventeurs. Mais l'Agence américaine à l'agriculture, l'USDA est menacée de restrictions budgétaires... L'Europe, elle, a du retard, souligne Jean-Marc Framarzi de la société de conseil en gestion Finance Agri. « Il n'y a pas encore d'outil statistique dans tous les pays de l'Union, et les plus vertueux, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, délivrent des chiffres jugés tardifs par les opérateurs. » Que dire des statistiques en Russie, en Chine, en Inde... Des pays continents où l'état des stocks est parfois plus important que leur volume ! Et surtout des Etats où dire la vérité aux populations sur les réserves alimentaires peut s'avérer dangereux pour la pérennité des régimes... Les chiffres seraient-ils vraiment fiables, qu'il faudra savoir interpréter ces informations, souligne François Luguenot, d'In Vivo, le premier groupe coopératif agricole français : « Il y a un an, la FAO se félicitait de stocks de céréales importants, mais l'augmentation des stocks avaient eu lieu en Inde, en Russie, en Chine, des pays qui ne furent finalement pas en mesure d'exporter. »

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