Revue de presse française

A la Une : le sommet européen hier à Bruxelles

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A la Une, le sommet européen hier à Bruxelles... Un de plus, sans surprise ni enthousiasme, mais il faut croire que la presse française ne s’en lasse pas car cette routine bruxelloise dissimule mal les angoisses des dirigeants européens sur l’avenir de la Zone euro. En cause, la Grèce.

A Bruxelles hier, les 27 ont voulu passer le message : il y a bien un problème posé par la crise grecque, mais nous sommes unis et la situation est maîtrisée. « Dormez tranquilles braves gens, la crise de la zone euro est sous contrôle », raille Libération. Autrement dit, en affichant leur unité, les Européens ont surtout sauvé les apparences. En espérant que l’opposition grecque va calmer les ardeurs des manifestants et accepter d’avaler la pilule de l’austérité renforcée.

Le parlement grec, la semaine prochaine, doit voter le plan d’austérité préconisé par les Européens. Le Figaro est on ne peu plus clair. « L’avenir de l’Europe (est) suspendu au vote grec », avertit le journal. « Si un pays quittait l'euro, ce serait sans doute le début de la fin. Un effet domino qui pourrait (faire) plonger toute la zone euro », s’alarme La République des Pyrénées.

Mais l’Europe en a vu d’autres. Et imperturbablement, la famille s’agrandit avec l’arrivée attendue en 2013 de la Croatie dans le giron européen. Adhésion pas du tout du goût de la Voix du Nord. « Ce nouvel élargissement ressemble à une fuite en avant, bougonne le journal, alors que l'Union européenne doit porter à bout de bras la Grèce et aider (…) des États membres aussi anciens que l'Irlande et le Portugal, l'heure est mal choisie pour agrandir encore le cercle ». Bon ! Zagreb appréciera ce chaleureux accueil. « Bienvenue au club » les Croates !

 
C’est la gay pride aujourd’hui à paris. Et Libération rouvre le dossier du mariage gay.

 
Libération enquête sur « l’évolution de mentalités à l’UMP (le parti présidentiel) concernant l’homosexualité ». Et le journal s’interroge. « La droite en marche pour le mariage gay ? », avec un point d’interrogation en bout de phrase qui ramasse à lui seul les regrets de Libé au sujet des dites mentalités qui n’évoluent visiblement pas assez vite à son goût en France. "Coexistent (…) deux catégories de citoyens : ceux dont la sexualité est jugée normale et ouvre sur des droits ; et les autres, de seconde zone, condamnés au bricolage, à l'exception et aux marges du droit », se récrit Libération.

Mais la Une de tous les journaux ce matin, Norbert, c’est la mort de l’acteur américain Peter Falk.

 

Le sourire du célèbre Inspecteur Columbo est dans tous les journaux. Peter Falk est mort hier à Los Angeles. Il souffrait de la maladie d’Alzheimer. Il avait 83 ans. Regrets éternels des journaux français. France Soir résume tout en une phrase. « Avec son éternel cigare, son vieil imperméable, sa Peugeot 403 déglinguée, son œil de verre et sa voix éraillée faisant souvent référence à sa femme, c’était l’une des figures les plus connues des téléspectateurs du monde entier ». « L’inspecteur jette l’éponge », s’attriste Le Figaro, qui souligne que Peter Falk « restera dans l’inconscient collectif» des téléspectateurs, car la série télévisée Columbo était « la plus célèbre jamais réalisée avec Dallas »

Libération se découvre devant un « flic de classe », que l’on voit en pleine enquête, imper froissé, cigare au bec, genoux à terre sur le gazon, à la recherche d’indices qui vont, c’est sûr, confondre le coupable. « Ma femme est veuve », s’attendrit Libé, qui retrace la carrière le l’acteur sur deux pages. Le Parisien-Aujourd’hui en France a eu la même idée : « Madame Columbo est veuve », lance le journal, étant tout de même rappelé que personne n’a jamais vu Madame Columbo. Et personne ne connait le prénom du célèbre inspecteur. Hommage enfin de Pierre Mondy dans Le Parisien. « C’était monsieur tout le monde », relève le comédien français pour expliquer l’incroyable popularité de Peter Falk.

 
Justice enfin en France, avec la correction d’une énorme erreur judiciaire.

 
Accusé du viol d'une adolescente qui s’est rétractée par la suite, cet ancien ouvrier agricole de 50 ans avait été condamné à 16 ans de prison. Loïc Sécher, c’est son nom, a été acquitté hier par la Cour d’assises de Paris à l'issue de son procès en révision, voyant définitivement annuler sa condamnation. « Loïc Sécher a été innocenté après 2655 jours de prison », titre France Soir. L’homme est innocent des viols et agressions sexuelles dont l’avait accusé une adolescente de 14 ans.

Libération dissèque l’affaire et propose à ses lecteurs une « autopsie » de cette erreur judiciaire. Mais le journal précise : le procès en révision de Loïc Sécher a moins été celui d’une erreur judiciaire que celui de la « folie » d’une jeune fille, la fausse « victime » donc, qui, un jour, « quitte le monde concret et rassurant d’une enfance provinciale (…) pour devenir celle qui (…) broie la vie d’un homme ». Aujourd’hui Emilie a 25 ans. Elle assiste à l’audience au côté de son psychiatre qui, de temps en temps, « ouvre un pilulier, lui tend un cachet ».

Il y a onze ans, elle avait accusé Loïc Sécher, son voisin, de l’avoir violée. En 2008, elle a écrit à la justice pour dire qu’elle avait tout inventée. Dans Le Parisien-Aujourd’hui en France, Loïc Sécher confesse ce matin son immense soulagement. « La justice des hommes est passée (…) Je veux retrouver l’anonymat le plus vite possible », dit-il, avant de conclure d’un mot à l’attention de son accusatrice : « Elle a été, comme moi, broyée par la machine judiciaire ». Oui, Loïc Sécher aussi, un monsieur tout le monde, et la grande classe.

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