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Revue de presse Afrique

A la Une : un nouveau coup porté à Aqmi

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Avec ce raid mené vendredi contre une base du mouvement terroriste dans la forêt de Wagadou, en territoire malien à environ 300 km de Bamako, à la frontière avec la Mauritanie. Une opération militaire conjointe… Toutefois, les combats ont été menés par l’armée mauritanienne et la presse malienne s’interroge ce lundi matin…

« Samedi soir, un colonel mauritanien indique une douzaine de morts du côté adverse, c’est-à-dire Aqmi, ainsi que deux militaires mauritaniens tués et quatre blessés, rapporte Le Républicain  à Bamako. Selon lui, le camp en question a été totalement détruit. (…) L’opération doit ce bilan à l’aviation mauritanienne qui aurait mis deux appareils en action. » Et, souligne Le Républicain, « l’armée malienne n’aurait pas combattu. »

Alors, s’agit-il d’un « exploit uniquement mauritanien ? », s’interroge-t-il. Non, répond en substance le quotidien malien. Le Républicain qui estime que le contexte diplomatique a changé depuis ces derniers mois : « le discours officiel du Mali sur les menaces sécuritaires du Sahel-Sahara a fait amende honorable, précise-t-il, depuis l’arrivée de Soumeylou Boubèye Maiga à la tête de notre diplomatie, sortant ainsi de l’espèce de déni qui avait fait douter les voisins et la communauté internationale de la volonté politique à Bamako de prendre le taureau par les cornes. Alger et Bamako donnent l’impression de se fréquenter de nouveau », souligne également Le Républicain.

Sur le plan militaire, « des manœuvres conjointes entre les armées malienne et mauritanienne sont en cours, poursuit le quotidien malien. Et c’est dans un tel contexte que l’attaque du camp d’Aqmi est intervenue. Avec un bilan probablement très lourd du côté des Salafistes vu les moyens utilisés par Nouakchott qui bombe la poitrine, et à raison, si le succès revendiqué est réel. Pourtant – et c’est là le bémol apporté par Le Républicain -, si tout le monde est content pour le consensus retrouvé, on constatera, une fois de plus, qu’on parle non d’un exploit de l’armée malienne mais de l’armée mauritanienne à un jet de pierre de la capitale malienne. Et cela n’est pas du tout bon pour les signaux de rupture que Bamako envoie depuis peu. »

Le Mali un cran en dessous ?

Pour sa part, le quotidien Le Pays  au Burkina n’est pas tendre envers Bamako : « le Mali n’a jamais réussi la prouesse de mener une action de l’envergure de celle qu’ont menée le Niger, l’Algérie et la Mauritanie. Et ces récents événements renforcent la position de ceux qui soutiennent que Bamako est le ventre mou dans la lutte contre Aqmi. Toutefois, à sa décharge, relève Le Pays, l’ex-Soudan français est un territoire à la fois vaste, sablonneux et forestier qui sert de niches à la nébuleuse. Le Mali fait de son mieux avec les moyens à sa disposition. »

Et le quotidien burkinabé d’en appeler à l’aide de l’occident : « s’il est vrai que le terrorisme constitue une menace sérieuse aussi bien pour les intérêts des pays sahéliens que pour ceux de l’Occident, ce dernier devrait redoubler d’ardeur. L’Occident fournit d’énormes efforts certes, relève Le Pays, mais justement, parce que la tâche est immense, il doit en fournir davantage. Ce qui permet à ces extrémistes de résister à toute action militaire, c’est sans doute leur capacité de se déplacer rapidement dans ce vaste désert. Dès lors, relève le quotidien burkinabé, avec leurs technologies haut de gamme qui leur permet de visiter la lune, les Occidentaux pourraient aussi dénicher et traquer cette crapule qui n’a de cesse de semer la désolation sur son passage. Le jeu en vaut bien la chandelle. »

Enfin, retour à la presse malienne avec le quotidien Le Prétoire , qui relève que si le Mali et la Mauritanie s’organisent contre Aqmi, « une chose est sûre : la lutte contre Aqmi et ses comparses n’est pas seulement une affaire militaire. » C’est aussi une affaire de développement et d’aide aux populations locales. « Il faut impérativement changer la donne, affirme le quotidien malien. Il faut un développement inclusif et de proximité, sans intermédiaires entre les populations cibles et les bailleurs ou mobilisateurs de fonds. Tant que ces fonds seront relayés par des projets, c’est sûr que cette zone sera toujours maintenue à son stade actuel. Quant aux militaires, ils doivent redoubler de vigilance, de courage et d’abnégation après l’échec des politiques dans cette zone dite de 'no man’s land'. »

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