Revue de presse française

A la Une : Sarkozy dans les starting-blocks

Audio 04:54

Publicité

Ça n’était pas un discours de campagne, mais ça y ressemblait fort… « Face au projet du PS, Sarkozy défend sa vision de l’avenir », s’exclame Le Figaro en première page. Le chef de l’Etat a donc détaillé hier les objectifs du grand emprunt. Mais au-delà, il a critiqué le projet socialiste et défendu son bilan. Et Le Figaro applaudit : « trois ans durant, le chef de l’État s’est employé à colmater les brèches béantes ouvertes par le tsunami financier du subprime, affirme le journal. (…) N’en déplaise aux perroquets de la Rue de Solferino, qui, faute d’idées nouvelles, récitent en boucle le refrain convenu des “cadeaux aux riches” et ne trouvent rien de mieux que de proposer le retour de la retraite à 60 ans, la France sort renforcée des épreuves, s’exclame Le Figaro. La croissance est de retour, le chômage décroît et le pouvoir d’achat a été préservé. »

Commentaire diamétralement opposé pour L’Humanité : « Nicolas Sarkozy, hier à l’Élysée, nous a éclairés sur le jeu de l’esquive auquel il va se livrer à moins d’un an de l’élection présidentielle. (…) Au moment où la Grèce est menacée de faillite, où l’Espagne et le Portugal sont plombés par la cure d’austérité et la montée du chômage, Nicolas Sarkozy tente de saisir l’aubaine, estime le quotidien communiste, sur l’air de “vous vous plaignez mais c’est pire ailleurs”, et sur la menace pour la France d’entrer elle aussi dans les premiers cercles de l’enfer. (…) Agiter un chiffon rouge pour détourner l’attention vers d’autres horizons ne suffit pas à faire oublier en France l’extension de la pauvreté, la hausse du chômage, l’anémie du pouvoir d’achat, quatre ans après l’élection d’un homme qui s’était précisément autoproclamé “candidat du pouvoir d’achat”. »

Pour Le Journal de la Haute-Marne, il est clair que « nous sommes entrés de plain-pied dans la campagne électorale. Les argumentaires – les fameux éléments de langage – commencent à se déployer. La gauche va attaquer dur sur les déficits, le chômage et les inégalités. Nicolas Sarkozy – car il sera forcément candidat – mettra en avant, de son côté, son rôle de capitaine du navire au moment périlleux où la crise s’est déclenchée. »

Un autre Sarko !

Et c’est un président nouveau qui est apparu hier devant les caméras… C’est ce que relèvent de nombreux journaux ce matin, à l’instar de L’Alsace : « l’hyperprésident suractif Sarkozy n’existe plus, vive le président de la pondération, de la mesure et de la retenue. Pour sa quatrième conférence de presse, le chef de l’État a soigneusement évité les discours clivants qu’il affectionnait voici peu de temps encore. Il s’est voulu pédagogique, convaincant et rassurant. On n’a pas vu le Sarkozy qui dénonce, mais celui qui construit. »

En fait, relève La République du Centre, « ce n’est… pas tout à fait par hasard que Nicolas Sarkozy a choisi de présenter le bilan de sa politique économique et les projets du grand emprunt, la veille de la déclaration de candidature de Martine Aubry. »

En effet, renchérit Sud-Ouest, « aux socialistes la primaire, les bisbilles et les querelles politiciennes ! À lui le grand emprunt, les investissements innovants et le souci de l’avenir. Nicolas Sarkozy nous l’a jouée hier très chef de l’État qui prend de la hauteur avant que ne s’ouvre la compétition entre les différents candidats socialistes. (…) Les prochains mois diront si Nicolas Sarkozy peut tenir longtemps ce nouveau rôle ou si le naturel reviendra au galop. On verra bientôt, estime encore Sud-Ouest, si cette zen attitude paie dans les sondages. Pour l’heure, c’est l’encéphalogramme plat. »

Primaires au PS : l’incertitude

De leur côté, « les socialistes sont désormais au pied du mur. » C’est ce que souligne Libération. « Avec la candidature officialisée aujourd’hui à Lille de Martine Aubry à la primaire pour désigner leur candidat à la présidentielle, ils entament une compétition dont il est difficile de savoir si elle aboutira au meilleur ou au pire, affirme le journal. Le pire, et les Français y sont habitués, serait de voir les socialistes se livrer à une bataille de congrès fratricide. (…) Le meilleur serait de voir Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls, Arnaud Montebourg mobiliser des centaines de milliers de Français, quelques millions espèrent les plus optimistes, à force de débats sur l’école, la fiscalité, l’emploi, la mondialisation, les interventions armées, l’université, la politique énergétique. » Et Libération de conclure : « la primaire sera une épreuve démocratique de vérité. Le PS peut s’y perdre. Celui ou celle qui en sortira vainqueur pourra à l’inverse y puiser une force galvanisante… »

« Cette fois, c’est parti. Le Parti socialiste se lance pour de bon dans l’expérience inédite des primaires », relève également Le Courrier Picard. Et « les écueils sont nombreux, prévient-il : étalage des déchirements internes, campagne autocentrée sur des questions de personnes, adoubement du candidat par les sondages, voire manque de participation électorale qui décrédibiliserait toute l’opération. » Et le quotidien picard de conclure : « le PS a un gros trimestre pour démontrer qu’il a mis en place une machine de guerre plutôt qu’une machine à perdre. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail