Revue de presse Afrique

A la Une : Christine Lagarde sur orbite et Abdoulaye Wade sur la sellette

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« L’intronisation de la reine Christine », titre L’Observateur au Burkina qui constate que la ministre française de l’économie était archi-favorite pour remplacer DSK à la tête du FMI. « Quasiment tout le monde la donnait gagnante », relève le journal. Toujours est-il que « les tâches qui attendent la nouvelle patronne du FMI sont titanesques, constate L’Observateur : des pays d’Europe sont, depuis de longs mois, secoués par des crises économiques à l’ampleur surprenante ; la crise économique et financière de 2008 n’a pas fini de faire des vagues ; les pays émergents espèrent que l’institution financière leur prêtera main forte pour accéder au stade de pays développés. Quant aux autres pays du tiers monde, relève le quotidien burkinabé, ils souhaiteraient de toute évidence le miracle. A défaut, ils se contenteraient bien volontiers de plus de sollicitude de la part de ce FMI qui, aux yeux de beaucoup d’Africains, était devenu synonyme de Famine, Misère et Insécurité. »

« A quoi doit s’attendre l’Afrique ? », s’interroge le site Guinée Conakry Info, « l’Afrique qui, sans avoir pesé dans la balance électorale, a tout de même porté son choix sur la femme qui ne pouvait pas ne pas remporter la course. »

Liberté, au Togo, exprime ses souhaits : « on espère que les discours électoralistes  comme “l’Afrique est un continent émergent” ou “Le temps de l’Afrique est venu” (…), vont être traduits dans les faits pour le bien du continent africain. Mais il est impérieux que la nouvelle directrice générale du FMI soit plus rigoureuse vis-à-vis des régimes dont les dirigeants pillent les deniers publics, s’exclame le quotidien togolais, et qui sont souvent félicités par les différentes missions du fonds. Ce qui exaspère souvent les populations qui ne ressentent jamais les effets de la prétendue bonne gouvernance saluée par les fonctionnaires tropicaux du FMI. »

Entre électrochoc et court-circuit !

Au Sénégal, le président Wade fragilisé après sa volte-face sur le ticket présidentiel la semaine dernière et après les récentes émeutes contre les coupures d’électricité… Le quotidien sénégalais Sud dresse un sévère réquisitoire à l’encontre du chef de l’Etat : « arrivé au pouvoir, en 2000, dans une ambiance euphorique, le président Wade est confronté, à huit mois de l’échéance électorale, à une situation politique inextricable que la somme des graves dérives de son exercice du pouvoir a rendu inévitable. Quoiqu’il fasse dans les prochains jours et les prochaines semaines, estime Sud, Abdoulaye Wade sait désormais que son impopularité révélée par les événements de la semaine dernière lui barre définitivement la route d’une éventuelle candidature au scrutin de 2012, déjà irrecevable juridiquement, et désormais inacceptable politiquement pour l’écrasante majorité des Sénégalais. »

Et le quotidien sénégalais de conclure : « désormais, et quels que soient les scénarios imaginés pour se remettre en selle, le président Wade doit admettre que le Sénégal est entré de fait dans une période de transition qui ne dit pas son nom, et qui va jusqu’à l’élection présidentielle de 2012. Le compte a rebours est donc enclenché et le président gagnerait politiquement à fixer au gouvernement chargé de la conduire une seule et unique mission : tenir un scrutin libre et transparent d’où émergerait, par la voie du suffrage universel, la légitimité du nouveau président élu. »

« Wade entre électrochoc et court-circuit », renchérit Le Pays au Burkina. Le Pays qui constate que le président sénégalais « est pris dans une contestation politique qui exige son renoncement à la présidentielle de février 2012, voire son départ du pouvoir avant l’heure. Un printemps arabe version subsaharienne qui ne dit pas son nom. Et c’est l’ironie du sort, relève Le Pays, pour celui qui, il n’y a pas longtemps encore, conseillait à Kadhafi de tirer les leçons de la révolution arabe en quittant le pouvoir. Contestations sociales et contestations politiques se sont jointes pour constituer un mélange détonant qui a toutes les chances de pourrir le mandat de l’homme du Sopi. »

Le village où la lumière brille toujours…

Enfin, toujours au Sénégal, à propos des problèmes de délestage, ce reportage étonnant de Walfadjri sur « Petit Mbao, le village où l’électricité ne coupe jamais ». En effet, constate le journal, « lorsque Dakar et tout le reste du pays se trouvent plongés dans les ténèbres, ce petit village de pêcheurs posé sur les rivages de l’Atlantique, a, lui, du courant électrique quasiment 24h/24 et 365 jours/365. (…) Mais comment ça », s’exclame le journal. Et bien la réponse est simple : « implantée au cœur de la zone franche industrielle de Dakar, la bourgade de quelques milliers d’âmes flirte avec deux mastodontes du tissu industriel sénégalais : les Industries chimiques du Sénégal et la Société africaine de raffinage. » Deux des plus grandes entreprises du pays dont « l’approvisionnement en électricité, quelle que soit la situation, est donc absolument vital. » Petit Mbao vit donc dans une véritable « bulle ». Toutefois, relève Sud, « être riverain d’une zone industrielle ne présente pas que des avantages, fussent-ils précieux. » Problèmes de pollution pour l’environnement, problèmes de santé pour les habitants… Bref, on ne peut pas tout avoir…

 

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