Revue de presse française

A la Une : les agences de notations pointées du doigt

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Après la crise grecque, « les craintes de contagion [en Europe] redoublent », titre Les Échos, en une. Le quotidien économique note un « net regain de tension sur les marchés » : « La monnaie unique a été chahutée » (-1,27% hier), et « les bourses d'Europe du Sud ont aussi accusé le coup ». Pourquoi les marchés s'inquiètent-ils ? Parce que la note du Portugal a été dégradée de quatre crans par l'agence de notation Moody's. « Moody's sois-tu, Portugal », s'amuse d'ailleurs Libération.

Cette sanction de Moody's a aussitôt suscité des critiques. Celles de dirigeants européens qui jugent le comportement des agences de notation « irresponsable ». Ils rappellent que Lisbonne vient tout juste d'adopter un plan de rigueur exigeant. La presse régionale française s'en fait aussi l'écho : « L'abaissement de la note du Portugal revient à jouer aux pompiers pyromanes, estime Le Républicain Lorrain. Cette dégradation n'est pas fondée sur le fait que Lisbonne n'effectue pas son travail de réformes mais sur l'hypothèse que cela ne suffira pas ». Un cercle vicieux donc, que critique fermement Paris-Normandie. « Pour éviter la faillite, vous prenez des mesures d'économies draconiennes. Un traitement de cheval qui est censé vous sauver (...). A ce moment là Moody's repasse et baisse encore votre note, parce que votre plan vous conduit à la récession ! Il y a effectivement de quoi hurler ».

A la quête du « AAA »

Le Figaro Économie revient sur le fonctionnement de ces agences de notations qui « font la pluie et le beau temps sur les marchés financiers mondiaux ». A savoir Standard & Poor's, Moody's et Fitch, trois agences créées aux États-Unis. Elles sont donc « chargées d'évaluer la solvabilité des États et des entreprises, qui les payent pour obtenir une note ». Une note qui leur permet ensuite d'emprunter. La meilleure note, c'est AAA. « Elle signifie que l'emprunteur n'aura aucun mal à rembourser sa dette, explique le journal. A l'inverse, la note D est la pire, synonyme de quasi-faillite ».

« La crise financière de 2007 a révélé les faiblesses [de ces agences], voire leur dangerosité, explique Le Figaro Économie. Elles avaient accordé des notes optimales à des produits financiers qui se sont avérés toxiques, issus des fameux subprimes ». Ces agences sont aussi accusées de conflit d'intérêt - elles sont payées par les entreprises qui les notent. Une réforme européenne en 2010 les a contraint « à plus de transparence », sans « mettre fin à leur toute puissance, ni à leur quasi-monopole », note le journal. Leurs opposants les plus vigoureux demandent d’ailleurs la création d'une agence européenne, publique et indépendante.

A qui le tour ?

L'Europe parait de plus en plus fragilisée. Après le Portugal, l'Irlande, la Grèce... A qui le tour ? se demande la presse française. A noter, ce dessin de Jean-Christophe Chauzy dans Libération. Il montre une main, celle de Moody's, qui fait basculer un petit soldat portant le nom du Portugal. Celui-ci s'effondre sur d'autres petits soldats : Grèce, Espagne, Irlande... et tout au fond sur le soldat France. Car « la Grèce dévissant, c'est toute la cordée communautaire qui risque d'être embarquée », note La Nouvelle République. Alors pour L'Alsace, rien ne sert de tirer sur les agences de notation : « ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on apaisera la fièvre ». Pour le journal, il n'y a que deux solutions : « soit les voies d'eau s'élargissent encore et elles peuvent faire couler l'embarcation. Soit l'Europe revoit de fond en comble l'architecture même de l'euro, en arrêtant de bricoler des plans d'aide qui ne sont que des rustines coûteuses, pour tirer enfin dans le même sens ».

Meetic charme les séniors

Autre sujet : Le Monde consacre aujourd’hui une pleine page aux sites de rencontres, notamment à Meetic, dont l'offre publique d'achat doit s'ouvrir ce jeudi. Le journal nous apprend que le site touche tous les publics. Vraiment tous, y compris les sexagénaires. Le quotidien du soir rapporte l'expérience de Christiane, 63 ans, veuve depuis une dizaine d'années, qui cherchait quelqu'un à qui « parler le soir quand il n'y a rien à la télé ». C'est sur Meetic qu'elle a croisé la route d'Arnaldo, 70 printemps. Les deux tourtereaux sont ensemble depuis quatre ans, mais n'habitent pas ensemble. Pas de mariage prévu, pas de bien en communs non plus. « Se rencontrer à 60 ans, explique Christiane, c'est arriver avec un tas d'habitudes sur le dos », qu’on n’a pas forcément envie de partager.

Ces sexagénaires sont de plus en plus nombreux. « Meetic estime accueillir 900 000 personnes de 55 ans et plus », environ 5% de ses inscrits en France. Un chiffre à lier à la plus grande maitrise d'internet des seniors : 35% des plus de 65 ans surfent aujourd'hui sur le Net en France. C'est trois fois plus qu'il y a cinq ans. Et flirter sur la toile aurait un effet thérapeutique sur les personnes âgées. Une psychothérapeute confie au Monde que certains « transforment leur potentiel de libido [refoulé] en agressivité et deviennent acariâtres. La libido, c'est dans la tête, explique-t-elle. Et il en faut pour se sentir vivant ».

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