Revue de presse Afrique

A la Une : les « démocraties émergentes » d'Afrique à l'honneur à la Maison Blanche

Audio 04:59
Par : Gilles Moreau
10 mn

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Ils seront quatre chefs d'Etat de l'Afrique noire francophone à être reçus ce vendredi par le président américain Barack Obama : le Béninois Boni Yayi, le Guinéen Alpha Condé, le Nigérien Mahamadou Issoufou et l’Ivoirien Alassane Ouattara. Quatre personnalités représentatives de leur époque aux yeux du site d'information Fasozine qui écrit à leur propos : « Le quatuor (...) reflète, tout bien pensé, une certaine réalité, mais surtout une certaine idée de la gouvernance politique. Choisis avec minutie, les pays représentés à ce conclave (...) font partie du cercle de ce que l’on appelle les démocraties émergentes ».

Et au sujet cette fois de leur hôte, pour le site burkinabé, Barack Obama reste fidèle au cap qu'il avait lui même fixé en 2008 à Accra, capitale du Ghana, quand il avait jugé que «l’Afrique n’a pas besoin d’homme forts, mais d’institutions fortes».

Fasozine note au passage que sur les quatre distingués dans la capitale des Etats-Unis, trois ont des parcours politiques très comparables : Issoufou, Condé et Ouattara font figure de « vétérans de la politique africaine ». Ces trois nouveaux élus ont décroché leur Graal après avoir été des opposants historiques aux régimes de leurs pays respectifs.
Pour le site du Burkina Faso, ils « bénéficient déjà de la prime à la démocratie version Obama, qui les reçoit à la Maison Blanche seulement quelques mois après leur accession au pouvoir ».

Cerise sur le gâteau

Parmi les trois, il y a donc le numéro un ivoirien : Alassane Ouattara dont la présence à la Maison Blanche est saluée par le quotidien de son pays le Patriote : « Ce sera à la fois l’instant le plus solennel et la cerise sur le gâteau de sa visite au pays de l’Oncle Sam ». Le Patriote rappelle que ce sera d'ailleurs la première d'un président ivoirien depuis Houphouët-Boigny sous Kennedy.

Le site Afrik.com, lui, revient sur l'engagement pris par Alassane Ouattara à l’ONU, à New York : il s'est engagé à poursuivre tous les auteurs de crimes perpétrés en Côte d’Ivoire, « spécialement dans la partie ouest du pays », « sans exception », et annoncé que l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo serait jugé par un tribunal ivoirien pour « ses crimes économiques ».

L'inquiétude est grande dans le monde des médias, et de façon générale chez les défenseurs des valeurs démocratiques, après l'interdiction prise à Conakry d'évoquer la tentative d'attentat contre le président Condé, il y a une dizaine de jours.
Au Burkina Faso, le journal le Pays relaie cette inquiétude quand il écrit : « Cette tentative d’assassinat dont on attend de connaître les tenants et les aboutissants est révélatrice du fait que les vieux réflexes de l’ancien régime sont omniprésents et n’attendent que la bonne occasion pour se manifester. Ces vieux réflexes sont au cœur du système actuel en voie de démocratisation. Une seule élection, réussie difficilement d’ailleurs, ne permet pas aujourd’hui de dire que la Guinée est un pays démocratique. C’est un pays en transition et qui peut basculer à tout moment, si l’on n’y prend garde ».

A quoi joue Alpha Condé ?

Le ton est le même, mais avec encore plus de virulence, dans les colonnes du Monde : le journal français se demande si le président Condé, « un homme qui tarde à combler les espoirs placés en lui », est « un démocrate sincère, ou bien un autocrate en puissance, un de plus sur un continent qui n'en compte que trop ? ».
L'éditorialiste du Monde recense tous les indicateurs qui sont en train de passer au rouge en Guinée : atteinte à la liberté d'expression, absence de dialogue avec l'opposition, tergiversations sur le calendrier électoral...
Conclusion de ce commentaire : « C'est grave, parce que l'élection de M. Condé était un message pour toute l'Afrique  : même dans un pays martyr il n'y a pas de fatalité au malheur. A Conakry, ils sont nombreux à vouloir encore le croire ».

Une partie de la presse revient sur la mort d'un général libyen qui s'était rallié à la rébellion : le général Abdel Fatah Younès, responsable du régime du colonel Kadhafi avant de rejoindre les insurgés en guerre contre ce régime depuis presque six mois.
Il vient de mourir assassiné à Benghazi dans des circonstances encore floues. En Algérie, le journal el Watan rapporte que le général Younès a été tué par un groupe d'hommes armés après avoir été convoqué pour un interrogatoire à Benghazi, et que deux colonels de l'armée rebelle ont été tués en même temps que lui.
Quant aux autorités du Conseil national de transition, elles ont rejeté indirectement la mort de Younès sur les forces loyales au régime de Mouammar Kadhafi.

Africajarc
 
Terminons par un détour à Cajarc, dans le sud de la France, qui accueille le festival Africajarc. C’est un reporter du quotidien français Libération qui s'est rendu dans cette localité de Midi-Pyrénées. Elle devient, le temps d'un week-end, « la place forte de la scène africaine ».
Pendant trois jours, Cajarc va offrir aux touristes « un supplément d'exotisme » car l'Afrique débarque à travers ses artistes : les Staff Benda Bellili, Femi Kutti, Omar Pene, tous bien connus des amateurs de world music. Et à leurs cotés, comme à chaque fois, toute une ambiance dans laquelle vont baigner non seulement les touristes mais une population, « du maire au marchand de journaux » : à lire dans Libé, l'un de ces journaux…

 

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