Accéder au contenu principal
Chronique des matières premières

Les prix du pétrole insensibles au dénouement libyen

Audio 01:51
Vue aérienne d’une raffinerie de pétrole à Dakhla, dans le désert libyen.
Vue aérienne d’une raffinerie de pétrole à Dakhla, dans le désert libyen. Patrick Herzog / AFP

La crainte de dégâts portés aux infrastructures pétrolières par l'ouragan Irène, dans le nord des Etats-Unis, a momentanément renchéri les cours du pétrole vendredi dernier. Mais globalement les prix du brut sont plafonnés par le ralentissement de la demande de pétrole, bien plus que par la perspective d'une reprise de la production libyenne.

Publicité

Les marchés pétroliers ont exprimé une crainte compréhensible à l'arrivée d'Irène dans la région de New York. Sept raffineries étaient sur le trajet de l'ouragan. Pourtant, la côte nord-est des Etats-Unis est une des régions les moins actives du pays dans le domaine pétrolier. En effet, la région de New York n'a rien à voir avec le golfe du Mexique, elle est principalement approvisionnée par pipeline depuis le Texas et par tanker en provenance d'Europe. En fin de compte, c'est la demande de pétrole qui devrait subir une forte baisse dans cette région, à cause d'Irène, après l'immobilisation forcée de nombreuses activités de construction et de transport, une centaine de vols ayant été annulée.

C'est la demande de brut et non l'offre qui conduit l'évolution des cours depuis des semaines. Les difficultés économiques qui s'accumulent dans les pays occidentaux laissent présager une baisse de la consommation de produits pétroliers, déjà effective en Italie, en France et jusqu'en Allemagne. C'est cette atonie de la demande qui freine les cours, beaucoup plus qu'une perspective de reprise des exportations libyennes de pétrole. Même si toutes les compagnies pétrolières étrangères sont dans les starting-blocks, depuis la prise de Tripoli par les rebelles lundi dernier, elles ne renverront des expatriés sur le sol libyen pour redémarrer leur production que si les conditions de sécurité s'améliorent réellement.

Il y aura beaucoup de dommages matériels à réparer, du fait des combats mais surtout du manque de maintenance depuis des mois. L'italien ENI reconnaît que la production pourrait ne pas reprendre avant six mois, voire un an et demi ! Sans compter qu'il y a de bonnes chances pour que les nouvelles autorités libyennes demandent de renégocier certains contrats pétroliers avec les compagnies étrangères, ce qui devrait occasionner des délais supplémentaires. On le voit, l'offre disponible de pétrole ne devrait pas s'améliorer à court terme, c'est d'ailleurs ce qui maintient les cours au dessus d'un plancher très haut, malgré tout. Plancher que les grands pays producteurs du Golfe, qui dépensent à tour de bras pour éviter la contagion révolutionnaire, veillent à ne pas voir s'effondrer.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.