Invité du matin

Yannick Jadot, eurodéputé et porte-parole d’Eva Joly

Audio 07:39
Yannick Jadot, eurodéputé et porte-parole d’Eva Joly.
Yannick Jadot, eurodéputé et porte-parole d’Eva Joly. RFI
Par : Olivier Chermann
12 mn

 « La seule façon de se protéger aujourd'hui des marchés en Europe, c'est d'arriver à mettre l'ensemble des dettes des Etats membres de l'Union européenne, particulièrement dans la zone euro, dans un pot commun. A partir de là, le risque de faillite disparaît et l'ensembre des attaques des marchés ne trouve plus de sens. »

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Euro député d'Europe Ecologie Les-Verts (EELV) et porte-parole d’Eva Joly, Yannick Jadot est l'invité de RFI Matin. Il évoque au micro d'Olivier Chermann, la crise de l'euro, le sommet des dirigeants européens qui s'ouvre ce mercredi 25 octobre à Bruxelles, la situation préoccupante de la crise en Italie et l'actualité politique nationale.

Comment faire pour sortir de cette crise ? Eclairages de Yannick Jadot.

La crise de la zone euro...Ce qui est incroyable aujourd’hui dans la situation que nous vivons c’est que les chefs d’Etat et de gouvernement préfèrent gérer en interne des réformes sociales totalement exagérées – sur les retraites, sur les fonctionnaires, sur les services publics – plutôt que de prendre la seule mesure qui nous rendra moins vulnérables vis-à-vis des marchés (…) mutualiser la dette européenne. A partir de là nous pourrons donner ne perspective aussi économique et sociale à l’Europe, aux citoyens européens. Aujourd’hui on préfère protéger les marchés que protéger les citoyens. S’il n’y a pas mise en commun, solidarité au niveau européen, on sera tous les uns après les autres victimes des marchés.

La Tunisie. Le succès d’Ennahda n’est pas inquiétant (…). Je note surtout l’incroyable mobilisation démocratique en Tunisie. C’est assez formidable. Mais je ne comprends pas l’état d’esprit aujourd’hui, notamment en France, vis-à-vis de l’islam (…). Ennahda est plus structuré, a été mieux financé, a gagné ces élections. Les autres partis de centre gauche étaient divisés, n’étaient pas sur le terrain, ils commencent simplement à arriver, pour beaucoup d’entre eux, sur la scène politique tunisienne, il faut faire confiance aux Tunisiens. C’est d’abord un succès de la démocratie en Tunisie.

La Libye. La Libye, comme la Tunisie, entre (désormais) dans un processus constitutionnel. Il faut être évidemment vigilant, rappeler à la Libye l’importance des engagements internationaux et des droits de l’homme (…) mais il faut faire confiance à ces peuples qui se sont battus pour se libérer. Nous n’avons pas de leçon de démocratie à leur donner à partir du moment où nous avons soutenu pendant tant d’années les dictateurs qui étaient au pouvoir.

Le Cameroun. En Afrique subsaharienne, on continue à soutenir des dictateurs simplement parce qu’on y a de grandes entreprises et que ça nous arrange bien. Paul Biya est un dictateur (…). Un régime dictatorial empêche le Cameroun d’émerger et le plonge dans le sous-développement avec le soutien de la France. La communauté internationale a contesté les élections, a dit à quel point il y avait des irrégularités. Il n’est pas normal que la France s’aligne sur Paul Biya.

Les suites de la primaire. La période de la primaire socialiste a généré une forme de disette pour les autres partis (…). Aujourd’hui Eva Joly est à la relance (…). Il faut un bon candidat socialiste mais il faut aussi un bon candidat écologiste, sinon il n’y aura pas de victoire en 2012 (…). François Hollande dans certains sondages, passe au second tour de la présidentielle avec plus de 60 ou 65% des voix. C’est totalement ridicule. Il y a évidemment un effet primaire ; à nous aujourd’hui, maintenant que le paysage en termes de candidature s’est clarifié, de faire valoir l’importance du vote écologiste, qui est le seul vote juste de cette élection.

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