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Revue de presse Afrique

A la Une, la victoire confirmée des islamistes en Tunisie

Audio 05:04
Par : Gilles Moreau
10 mn

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La victoire du parti Ennahda a été confirmée par le chef de la commission électorale. Ennahda l’emporte avec 90 des 217 sièges à l'assemblée constituante, succès qui devrait lui permettre de former un gouvernement. Depuis plusieurs jours, Ennahda s'est employé à rassurer les laïcs et les investisseurs étrangers, tous inquiets de voir émerger un gouvernement islamiste dans l'un des pays les plus libéraux du monde arabe.

Sur son site internet, Jeune Afrique parle de « revanche » : « Ennahdha prend sa revanche et fait son entrée sur la scène politique tunisienne par la grande porte. Le parti a déjà revendiqué la direction du gouvernement par la voix de son fondateur et dirigeant Rached Ghannouchi », rapporte Jeune Afrique.

« Ce que pourrait faire ou ne pas faire Ennahdha », à lire cette fois dans Le Temps, à l'heure d'une série de questions posées par le journal tunisien : « Que ferez-vous de cette démocratie, messieurs les gagnants ? Que ferez-vous de la République ? Que ferez-vous de notre Histoire ? Et surtout, quelles intentions avez-vous pour notre identité et pour la laïcité, legs incontournable d’une civilisation trois fois millénaire ? ».

Trop tôt pour savoir

Attendons de voir les islamistes à l'œuvre, suggère de son coté L'Observateur Paalga au Burkina Faso. Il est trop tôt pour savoir comment Ennhada « gouvernera une Tunisie depuis longtemps ouverte à l'occident et caractérisée par sa société sécularisée (...) si les Tunisiens prennent le risque de confier leurs destinées aux islamistes d’Ennhada, nul doute qu’ils en attendront la pleine réalisation des promesses en ce moment faites à foison. A Ennhada de découvrir toute la responsabilité à assumer au moment où on lui remettra la barre du navire battant pavillon tunisien ».

Le thème du péril islamiste au Maghreb est au centre d'une réflexion du journal algérien el Watan. Il n'y a pas lieu selon lui de surestimer ce risque, dans la mesure où « il est évident qu’Ennahda ne pourra pas gouverner seul, pour ne pas subir les foudres de la société tunisienne qui souffre de difficultés sociales et économiques. Il sera compliqué pour Ennahda de remettre en cause la configuration économique de la Tunisie fondée notamment sur le tourisme ». Et el Watan de conclure : « L’islamisme modéré ne sera pas un choix, mais une nécessité pour ce parti ».

Un mot encore de l'interview publiée par Les Afriques, celle du politologue Abdelmalek Alaoui. Il livre son explication du « printemps arabe », un ensemble de soulèvements populaires dans lequel « la décélération de l'économie » a joué un rôle déterminant parce qu'elle a frappé de plein fouet des parties de la population délaissées et fragilisées. Abdelmalek Alaoui parle ainsi d'une « Tunisie inutile », d'où est partie la contestation.

La Libye à l'heure du retrait de l'Otan

Sept mois après le début de l'intervention de l'Otan, le Conseil de sécurité de l'ONU a mis fin au mandat autorisant le recours à la force en Libye, malgré les appels du gouvernement de transition pour sa prolongation. De son côté, l'Otan doit se réunir ce vendredi pour déclarer formellement la fin des frappes aériennes.

Réunion dont il ne faut pas attendre autre chose qu'une confirmation pour le site Afrik.com qui rapporte les propos d'un haut responsable de l’Otan : « Je ne m’attends pas à ce que cette décision soit modifiée car il est assez évident que les éléments pro-Kadhafi n’exercent plus de commandement, ni de contrôle, ni d’autres capacités susceptibles de constituer une menace organisée contre les civils. C’est désormais terminé et en conséquence, notre opération va prendre fin ».

Au Burkina Faso, Le Pays s'intéresse au sort de la famille de Kadhafi : «  (elle) menace de se plaindre auprès de la Cour pénale internationale de La Haye. Les survivants du clan du défunt Guide libyen entendent poursuivre l'Otan et le CNT pour "crime de guerre". Selon l’avocat français des Kadhafi, ce sont des hélicoptères de l’Otan qui ont tiré sur le convoi dans lequel se trouvait Mouammar Kadhafi. Il soutient que ce convoi ne présentait aucun risque pour les populations et donc que c'était une opération homicide programmée par l’Otan ».

Enfin Le Monde publie un reportage à Syrte, « livrée à l'acharnement des rebelles ». Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, a également été celle de sa fin. C'est là que s'est rendu en début de semaine l'envoyé spécial du Monde. Il a vu une ville dévastée au point que ses habitants, traumatisés, veulent partir définitivement. « Même les tombes du cimetière ont été mitraillées, à la fin ce n'était plus un siège mais de la rage à l'état pur. Un déluge de feu, de poudre et de haine. Tout ce qui pouvait exploser, brûler, transpercer, tuer, a été tiré sur le quartier n° 2, au centre de Syrte, dernier refuge de Mouammar Kadhafi ».

Ce déferlement de violences a fait fuir une bonne partie des 80 000 habitants de Syrte, « comme s'il fallait rendre inhabitable ce qui fut la ville la mieux équipée de Libye ».

 

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