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Chronique des matières premières

Areva reporte l’exploitation de l’uranium en Centrafrique

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La filière nucléaire est en panne et les prix de l’uranium «déprimés».
La filière nucléaire est en panne et les prix de l’uranium «déprimés». Getty Images/Thierry Dosogne

Areva repousse d'un à deux ans l'exploitation du gisement d'uranium à Bakouma, en République centrafricaine. Pour le groupe français, numéro un de l'uranium, c'est une conséquence de la déprime du marché du combustible nucléaire mais pas seulement.

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L'acquisition de la mine centrafricaine de Bakouma par Areva remonte à fin 2007. En reprenant Uramin, le numéro un mondial du combustible nucléaire mettait aussi la main sur les gisements d'uranium en Namibie. Bakouma, situé dans le sud-est de la République centrafricaine, est un gisement réputé difficile. Le minerai est compliqué à traiter mais c'était l'euphorie du nucléaire car les projets de centrales poussaient comme des champignons. Le prix du combustible, l'oxyde d'uranium, était à près de 140 dollars la livre, ce qui rendait rentable le moindre projet d'extraction.

Aujourd'hui, on est à peine au-dessus des 50 dollars la livre ! La catastrophe nucléaire de Fukushima a complètement changé la donne. Au sein des pays avancés, l'Allemagne et la Belgique ont tout récemment renoncé à cette énergie. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis reportent la construction de centrales. Parmi les pays émergents, la Chine a imposé un moratoire sur tous les nouveaux projets nucléaires.

Areva, qui a un modèle vertical de fourniture de combustible à ses propres centrales, est davantage gêné par la perte de ces marchés potentiels que ses concurrents australien ou canadien, engagés dans des contrats à long terme, uniquement pour le combustible, en Chine, par exemple. Le groupe français a en outre perdu une bonne partie du marché japonais, où il était très présent.

L'heure est donc venue pour Areva d'élaguer, au moins temporairement, sa branche minière. D'autant que c'est cette activité que le groupe français voudrait faire entrer en bourse pour augmenter ses liquidités. Pour cela, il va falloir convaincre les investisseurs. La mine centrafricaine est trop coûteuse à exploiter pour l'instant. De même en Namibie, Areva a repoussé la mise en exploitation de gisements qui avaient une teneur très faible pour se concentrer sur le Niger et le Kazakhstan, au rendement et aux réserves incomparables.

Alors qu'en ce moment d'autres géants des mines, beaucoup plus diversifiés et donc surfant sur des masses de liquidités acquises lors de l'envolée des prix des métaux, se lancent dans les acquisitions de mines d'uranium, comme l'Australien Rio Tinto, pour profiter des prix très bas des gisements et des sociétés d'extraction de l'uranium, le groupe français doit se concentrer sur ses valeurs sûres, en attendant, espère-t-il, une reprise du marché de l'uranium dans un an ou deux ans.

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