Revue de presse française

A la Une de la presse hebdomadaire, la Grèce, qui a fait trembler la zone euro

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Le projet de référendum annoncé par le Premier ministre socialiste Georges Papandréou, pour faire avaliser par les Grecs la rigueur imposée par les Européens en échange de leur aide, a vivement fait réagir les hebdomadaires français. Cette idée de référendum a finalement été abandonnée lors du G20 de Cannes, mais les hebdomadaires étaient alors sous presse et les grands mots étaient déjà dans les kiosques.

Et c’est de loin Le Point qui décroche, cette semaine, la palme de la virulence. Georges Papandréou s’y fait en effet traiter rien moins que de « traitre grec », mais aussi de « tricheur » ou encore de « faux frère » !

Plus mesuré, Le Figaro Magazine n’en n’est pas moins alarmiste. « L’ouragan vient de Grèce », préviens le journal. « Ne nous y trompons pas, confesse Le Figaro Magazine, sous l’effet du séisme déclenché par Georges Papandréou (…) c’est toute une conception de l’Europe, construite sans les peuples et qui prétendait se sauver contre eux (…) qui vient de s’effondrer ».

Une Europe sans les peuples ? Justement. Politis pose la question. « Qui a peur du peuple ? », interroge l’hebdomadaire d’extrême-gauche. « La chute spectaculaire des cours (…) témoigne une nouvelle fois, s’il en était besoin, de la détestation des élites pour toute forme de démocratie », se récrie Politis.

Charlie Hebdo : le hacker de la peur
 
Cette semaine, c’est aussi la liberté de la presse qui a été agressée en France, avec la destruction des locaux de Charlie-Hebdo. Caricatures à l’appui, l’hebdomadaire satirique avait osé moquer l’islam en soutenant que cette religion est « compatible avec l’humour ». Le journal, pour l’occasion, s’était même rebaptisé Charia Hebdo. Mal lui en a pris. Son site internet a d’abord été piraté. Puis ses locaux ont été incendiés nuitamment par des mains anonymes. Mais Marianne n’est pas dupe. « Le geste laisse peu de place au doute », écrit l’hebdomadaire. Lequel dénonce « quelques allumés du cerveau qui considèrent que se moquer de l’islam est passible du châtiment suprême (…) des gens qui ont la charia dans la tête », s’étrangle Marianne.

Mais si on ignore encore l’identité du ou des incendiaires de Charlie Hebdo, on pense désormais connaître celle du hacker qui a piraté le site internet de l’hebdomadaire satirique. C’est à Istanbul que Le Journal du Dimanche a rencontré un étudiant en informatique de 20 ans qui prétend être ce pirate informatique. Il dit se nommer Ekber, alias Black Apple, son nom de code sur internet. Membre d’un groupe de hackers baptisé Akincilar, du nom de « guerriers légendaires de la cavalerie ottomane », précise Le Journal du Dimanche, il dit être passé à l’attaque très tôt mercredi dernier après avoir appris sur internet que Charlie Hebdo, dont il n’avait jamais entendu parler, sortait ce numéro spécial rebaptisé Charia Hebdo. Il affirme avoir voulu ainsi protester contre ce qu’il appelle « une insulte à nos valeurs et nos croyances ». Après Charlie Hebdo, le hacker assure que lui et son groupe « garderont un œil sur la presse française. Si Libération continue à publier ces dessins, nous nous occuperons d’eux aussi », prévient-il, ce matin dans Le Journal du Dimanche.

Texas : justice de far-West
 
Reportage au Texas, sur, c’est le moins que l’on puisse dire, le caractère expéditif de la justice locale, qui éclate enfin au grand jour. L’Express est allé rendre visite au premier procureur noir du comté de Dallas. Craig Watkins, c’est son nom, a été élu il y a cinq ans au poste de district attorney. Dans sa juridiction, rapporte l’hebdomadaire, le taux d’erreurs judiciaires a longtemps été « dix fois supérieur à la moyenne nationale ». Et ce sont les noirs qui en ont fait les frais. Alors, le procureur a rouvert les dossiers, aidé en cela par l’Innocence Projet, groupe de bénévoles qui s’évertuent à prouver l’innocence de certains condamnés. L’Express relate ainsi le cas de Thomas McGowan, deux fois condamné à perpétuité et qui aura passé vingt-trois ans sous les verrous alors qu’il était innocent. Le journal raconte l’histoire de quatre autres anciens condamnés aujourd’hui réhabilités, qui ont passé qui, vingt-sept ans, qui vingt-cinq ans derrière les barreaux, pour rien. « Quand un jeune noir entrait dans le prétoire, il devenait sur le champ l’homme à abattre », dénonce, dans L’Express, la directrice d’Innocence Projet. Désormais libres et indemnisés par l’Etat du Texas, ces hommes qui ont été broyés par une justice de Far-West ont « peur de tout ». Y compris des femmes, de la « croqueuse de diamants qui, à la première rencontre, fouille leur passé via Google et s’enquière de leur nouvelle richesse ». A ce jour, vingt-cinq victimes d’erreurs judiciaires ont été libérés. Des hommes revenus de l’enfer.

 

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