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Revue de presse Afrique

A la Une : la Tabaski

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Pratiquement aucun journal dans les kiosques ce lundi sur le continent, les sites internet d’informations en sommeil, aucun commentaire à se mettre sous la dent. Et pour cause, les musulmans célèbrent l’Aïd el-Adha, la fête du sacrifice, ou Aïd el-Kébir, la grande fête, ou encore la Tabaski, pour les pays francophones d’Afrique de l’Ouest. Selon l’apparition de la nouvelle lune, certains pays, comme le Burkina ou la Côte d’Ivoire, ont célébré l’Aïd hier, d’autres, comme au Sénégal, abattent le mouton ce lundi. En tout cas, jour férié donc… Pas de journaux. L’actualité reprendra ses droits demain mardi.

En attendant, un tour d’horizon de cette Tabaski au travers de la presse de vendredi et de samedi… En Algérie, tout d’abord, le quotidien La Tribune nous apprend que la « tendance » cette année va « vers le mérinos corné »… En effet, explique le journal, « contrairement aux fêtes de l’Aïd el-Adha passées, celle de cette année est d’une étrange exception : on ne trouve guère, ou en très petits nombres, de moutons de moins de six mois d’âge. » Bref, on trouve peu d’agneaux… « Cette caractéristique rend encore plus difficile l’achat d’un mouton pour les familles à faible budget, relève La Tribune. C’est à croire que les vendeurs se sont passé le mot pour ne proposer aux clients que des moutons de taille moyenne et plus, sachant pertinemment que c’est dans ces deux catégories qu’on peut tirer un maximum de profit, d’autant plus que la tendance chez la clientèle va surtout vers l’achat d’ovins de bonne toise. »

Coûteux sacrifice !

Alors, comme chaque année, c’est le même scénario : les acheteurs trouvent les bêtes trop chères et les vendeurs se plaignent du manque de clients… « Vendeurs et acheteurs se préparent malgré la crise » : c’est ce que constatait vendredi le quotidien sénégalais Le Soleil. « A 48 heures de la fête, personne ne veut se laisser prendre au dépourvu, en dépit de la mauvaise conjoncture. Du coup, c’est un véritable rush (…). Pour certains, trouver un mouton cette année, à son goût et à un prix abordable, relève presque du miracle. La crise est passée par là. Il n’empêche, constate Le Soleil, chacun fait de son mieux pour se procurer un beau bélier et avoir une bonne mine, le jour de l’Aïd el-Kébir. La Tabaski, ce n’est pas seulement le paraître, il y a également les exigences du ventre. »

Justement, pas de chance pour certains burkinabès cette année. Les moutons étaient bien là, mais on a manqué de pain… C’est ce que déplore le site d’information Fasozine : « d’habitude, c’est le mouton qui fait objet de spéculations en cette période qui précède l’Aïd el-Kébir. Cette année, c’est le pain qui a manqué sur la table de nombre de musulmans, le jour de la Tabaski ; l’ensemble des travailleurs des boulangeries du Burkina Faso ayant entamé une grève de 72 heures, allant de vendredi à dimanche, sur toute l’étendue du territoire. » (…) Aux dires des responsables des syndicats, il ne s’agissait en rien d’une initiative pour gâcher la plus grande fête musulmane, précise Fasozine. « Si nous sommes en grève, ont-ils affirmé, c’est parce que nous n’avons pas le choix, car nous-mêmes ne pourrons pas fêter la Tabaski, du fait que nous n’avons pas assez d’argent. C’est pourquoi nous demandons une augmentation de salaire. »

Tradition et modernité…

La Tabaski, côté politique à présent, avec l’exemple de la Côte d’Ivoire. Et cette photo du président Ouattara, coiffé d’un bonnet blanc et vêtu d’un boubou immaculé, diffusée par l’Agence ivoirienne de presse, avec ce commentaire : « le président ivoirien a souhaité dimanche, à l’issue de la grande prière de l’Aïd el-Kébir, que les bénédictions des guides religieux renforcent “la paix” et “l’amour” entre les Ivoiriens. »

Enfin, entre tradition et modernité, le quotidien algérien El Watan s’interroge sur les nouveaux modes de communication en cette période de fête. « Comme à chaque Aïd, les trois opérateurs téléphoniques du pays enregistrent un trafic SMS très important au cours des deux jours de fête », constate le journal. « Idem pour les réseaux sociaux (sur internet) qui sont devenus des canaux très prisés pour se souhaiter un chaleureux Aïd, fut-ce virtuellement et sans les quatre bises réglementaires par personne. On y retrouve des modèles de citations toutes faites et même des caricatures ! Plus qu’une mode, c’est une tendance lourde, relève El Watan, qui revient à chaque occasion religieuse. Et le débat entre les pour et les contre fait rage. »

Grosso modo entre les jeunes, « la génération “connectée”, qui ont du mal à se séparer des outils technologiques », et les plus vieux, qui « n’échangeraient contre rien au monde les accolades, les tapotements sur le dos, ou les étreintes. » Autant de gestes, il est vrai, plus conviviaux qu’un simple SMS…

 

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