Revue de presse Afrique

A la Une : va-t-on vers un apaisement politique en Côte d’Ivoire ?

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Les médias ivoiriens s’interrogent après la libération hier, mercredi 9 novembre, de plusieurs cadres pro-Gabgo. Finalement ce ne sont pas 12 mais 20 personnalités du FPI qui ont été relâchées dans la soirée, dont au moins 5 anciens ministres. « 20 pro-Gbagbo en liberté provisoire », s’exclame Fraternité Matin qui parle de « décrispation ». Même sentiment pour L’Intelligent : « ce geste peut être considéré comme un clin d’œil fait au FPI, affirme-t-il, le FPI qui a fait de la libération de ses cadres son préalable avant toute participation au processus électoral en cours. »

Le quotidien Nord-Sud  estime lui qu’il s’agit là d’un « pas de géant (…). S’il participe de l’apaisement du climat sociopolitique, ce dernier geste vise surtout à permettre au Front populaire ivoirien de participer au jeu démocratique », estime le quotidien plutôt proche du pouvoir qui note « qu’au nom de la paix et, contre l’avis de certains Ivoiriens, Alassane Ouattara a consenti aux sacrifices exigés par le FPI. »

Et Nord-Sud de s’interroger : « après que le pouvoir a accepté de recomposer la CEI et libéré les premiers cadres frontistes, la question qui se pose, aujourd’hui, est celle de la participation du FPI aux législatives. Est-il enfin disposé à y prendre part ? Pourra-t-il le faire vu que le processus est à présent au stade de la publication de la liste des candidats ? »

Alors, réponse indirecte de l’opposition, par le biais de Notre Voie , le quotidien du FPI : ça n’est pas suffisant… « Sur des dizaines de prisonniers pro-Gbagbo, 8 libérés seulement », s’exclame le journal qui n’a donc pas pris en compte les 12 autres libérations intervenues dans la soirée. Mais gageons que ça ne contentera pas plus l’opposition. Notre Voie parle de « goutte d’eau dans la mer » et rappelle que « des demandes de mise en liberté provisoire ont été formulées pour le Président Laurent Gbagbo, son épouse Simone, son fils, Michel, et Affi N’Guessan, président du FPI. Malheureusement, déplore-t-il, la chambre d’accusation de la cour d’appel d’Abidjan n’en a pas tenu compte. »

En tout cas, on voit mal comment le FPI pourrait soudainement décider de participer aux législatives du 11 décembre prochain, d’autant que c’est ce jeudi que la liste des candidats au scrutin devrait être dévoilée, c’est du mois ce qu’annonce le quotidien Nord-Sud.

RDC : que va dire Tshisekedi ?

Va-t-on vers un apaisement de la campagne présidentielle en RDC ? Hier, on l’a vu dans cette même revue de presse, plusieurs quotidiens congolais ont lancé des appels au calme. Notamment après les déclarations le week-end dernier de l’opposant Etienne Tshisekedi.

Pour l’agence AfrikaNews, « Tshisekedi s'est dévoilé davantage quand, depuis l'Afrique du Sud, il s’est autoproclamé chef de l’Etat et a menacé d'appeler ses partisans 'partout dans le pays à casser les portes des prisons et à libérer des combattants de l’UDPS emprisonnés'. Le vieil opposant est devenu un boutefeu. Il rêve d’un scénario à la tunisienne. Dans sa quête du pouvoir, estime encore AfrikaNews, l’opinion aurait souhaité le voir battre ses adversaires à la régulière. »

Alors, Etienne Tshisekedi va-t-il infléchir ses propos ? Hier et aujourd’hui à Kisangani, dans la province orientale, l’opposant devrait honorer demain vendredi, note Le Phare, « un grand rendez-vous avec ses électeurs de Kinshasa, au stade des Martyrs. Ce sera le lancement officiel de la campagne électorale du Sphinx de Limete. La population kinoise va prendre connaissance, à cette occasion, de tous les détails de la mouture finale du 'Programme alternatif de gouvernement'. (…) Et il ne manquera pas, à l’occasion, de s'expliquer au sujet de ses propos du week-end », affirme Le Phare.

Dos à dos…

En tout cas, les médias du continent sont plutôt dubitatifs… « Tshisekedi a-t-il perdu le nord ? », s’interroge le site d’information Fasozine. « Pour un opposant de sa trempe qui n’hésite pas à s’autoproclamer 'président de la République' avant même le jour du scrutin, il y a de quoi s’inquiéter. Car, visiblement, il prépare ses partisans à un affrontement certain, si jamais les résultats ne lui étaient pas favorables. (…) Si la communauté internationale, qui s’insurge à juste titre contre cette attitude, n’arrive pas à le ramener à la raison, il risque fort de compromettre cette élection, estime Fasozine, que l’on considérait déjà comme un virage dangereux pour une RDC toujours convalescente. »

Enfin le quotidien Le Pays, toujours au Burkina, renvoie des deux adversaires dos-à-dos… « Les hommes qui dirigent la RD Congo, ou qui aspirent à le faire, n’en finissent pas d’étaler aux yeux du monde leur incapacité notoire à instaurer dans ce pays un climat favorable à une vie démocratique apaisée, affirme le quotidien burkinabé.

Non contents de n’avoir pas pu sortir le pays de la misère, ils jouent les apprentis sorciers, avec le risque de mettre à nouveau la RD Congo à feu et à sang. (…) Kabila et Tshisekedi apparaissent de plus en plus disqualifiés, s’exclame Le Pays, pour prétendre gouverner le pays. Mais on ne peut, d’un coup de baguette magique, les rayer de la carte politique. (…) Il faut donc faire avec, conclut le journal, en croisant les doigts et en espérant qu’un zeste de raison habitera, le plus tôt possible, et Kabila, et Tshisekedi. »

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