Revue de presse française

A la Une : changement de ton…

Audio 04:39

Publicité

Depuis ces derniers jours, les petites phrases des politiques sont de plus en incisives, voire violentes. Le ton monte à l’approche de la présidentielle. Et aussi dans les journaux !

Avec tout d’abord, cette salve lancée par Libération en première page : « Sarkozy et les millions de “voleurs”. (…) Hier à Bordeaux, affirme le journal, le président, déjà en campagne a attribué aux fraudeurs une bien large responsabilité dans le déficit de la Sécurité sociale. »

Et Libération de sortir donc l’artillerie lourde : « Nicolas Sarkozy a choisi de dénoncer les “voleurs”. Les traders, les gestionnaires de fonds spéculatifs, les professionnels des milliards en un clic ? Non, les fraudeurs aux prestations sociales. Evidemment, frauder, c’est mal, affirme le journal. (…) Mais dresser ceux qui n’ont pas grand chose contre ceux qui n’ont rien, installer dans l’opinion l’idée que le véritable scandale réside dans les dysfonctionnements de l’Etat-providence restera comme l’exemple même de la manœuvre politicienne. »

Le Canard Enchaîné… canarde également : « intensifier la chasse aux fraudeurs et exiger qu’ils remboursent les indemnités perçues ! Une mesure qui devrait enthousiasmer l’électorat FN, que Sarkozy cherche à s’approprier. C’est plus facile, il est vrai, relève l’hebdomadaire, que de fermer les paradis fiscaux, où les banques et les grosses entreprises planquent des milliards d’euros. »

Où est la gabegie ?

L’Humanité se joint à l’offensive : « cette aliénante stratégie du bouc émissaire, dont le but ne vise qu’à ressouder l’électorat ultra droitier, éloigne les Français de l’essentiel et donne à voir la nature profonde du régime qui ne dit pas son nom. Celui d’une droite maurrassienne et ultralibérale, prônant la division et l’exclusion, l’incitation à la haine et l’injustice sociale. »

La Montagne monte aussi au front : « haro sur les fraudeurs, haro sur les malades, haro sur les fumeurs, haro sur les buveurs, haro sur les chômeurs au RSA ! Et ce n’est manifestement qu’un début, à en juger par cette course aux millions proportionnelle à l’angoisse présidentielle de perdre son bon point AAA à l’école des agences de notation. (…) D’un côté, dénonce La Montagne, des mesures souvent bouts de ficelle, un tantinet populistes. De l’autre, des décisions qui coûtent des dizaines de milliards au contribuable. Campagne H1-N1, Rafale, Médiator, Frégates de Taïwan, niches fiscales, braderie des biens de l’État, renflouement des banques, Crédit Lyonnais… Liste infinie des gabegies gouvernementales successives et impunies. Cherchez la vraie carence ! »

Un compromis bancal ?

Autre sujet, le nucléaire… Et là, c’est Le Figaro qui sonne la charge. « Pour satisfaire les Verts, le PS sacrifie près de la moitié du parc nucléaire », fulmine Le Figaro en première page. « De qui se moque-t-on ? », s’exclame-t-il. « Le Parti socialiste voudrait nous faire croire que l’accord qu’il a signé avec les Verts est un compromis raisonnable entre les défenseurs de la filière nucléaire et les partisans d’un monde écologiquement purifié par la grâce des éoliennes et de l’énergie solaire. En réalité, dénonce Le Figaro, François Hollande et ses amis socialistes ont accepté de démanteler le parc nucléaire français en fermant, d’ici à 2025, vingt-quatre des cinquante-huit réacteurs nucléaires français. (…) Il s’agit donc bien d’un enterrement pur et simple du programme nucléaire français. »

Ouest France, pour sa part, avoue sa perplexité : « l’inconvénient de cette entente bancale est que l’on n’en comprend pas bien le sens. Même s’il accepte la fermeture de 24 réacteurs, pour ramener leur production électrique de 75 à 50%, François Hollande n’annonce pas de sortie du nucléaire. » Alors de deux choses l’une, estime Ouest France : « si le nucléaire est dangereux, il ne l’est pas le temps d’un seul quinquennat, mais pour tous les gouvernements à venir, qui ne seront pas forcément sur la même ligne. Soit, au contraire, il n’est pas dangereux. Pourquoi, alors, l’abandonner en partie ? »

En fait, relève La République du Centre, les Verts et les socialistes ont « mis tout ce qui pouvait fâcher sous le tapis, au nom des intérêts boutiquiers de chacun, en attendant une inéluctable “friction nucléaire”. (…) Comment ne pas voir dans “l’accord politique de majorité“ qui s’est substitué au contrat de gouvernement envisagé initialement, les prémices de futures joutes à l’Assemblée ? Les écologistes ont tiré un trait sur leur participation au gouvernement en cas de victoire de la gauche, estime le journal, tout en spéculant sur un bon score de leur candidate en 2012. »

En effet, complète La Presse de la Manche, « pour François Hollande, c’est sans doute d’être élu président de la République, la priorité. Mais, ensuite, ce sera de gouverner avec une majorité pouvant se passer totalement du groupe écologiste, pour ne pas en être prisonnier. Quand on s’aime, il arrive qu’on s’embrasse jusqu’à l’étouffement. »

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail