Chronique des matières premières

Pétrole: controverse sur le projet d'oléoduc reliant le Canada au Golfe du Mexique

Audio 02:11
Capture d'écran des tuyaux du projet d'oléoduc reliant le Canada au Golfe du Mexique (projet keystone XL).
Capture d'écran des tuyaux du projet d'oléoduc reliant le Canada au Golfe du Mexique (projet keystone XL). 2424actu.fr
Par : Raphaël Reynes
5 mn

Aux Etats-Unis, le projet d'oléoduc reliant le Canada au Golfe du Mexique (projet Keystone XL) continue de faire des vagues... Après avoir obtenu que le tracé soit modifié pour des raisons écologiques, les adversaires du projet mettent une nouvelle fois en cause l'impartialité des autorités américaines... 

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Chargé de trancher sur la construction de cet oléoduc long de 2.700 km, le Département d'Etat croyait s'être débarassé de cet encombrant dossier.

Le 11 novembre dernier, le ministère américain des Affaires étrangères avait invoqué des inquiétudes sur la stabilité écologique des Sand Hills. Située dans le Nebraska, cette zone peu habitée devait être traversée par le projet d'oléoduc. Or, les Sand Hills contiennent une forte concentration de marais fragiles, de nappes phréatiques peu profondes et un ecosystème des plus sensibles. Affirmant « vouloir prendre le temps d'examiner le dossier », le Département d'Etat avait renvoyé sa décision à 2013, bien après l'élection présidentielle américaine.

Mais le groupe TransCanada, consortium porteur du projet, et les autorités du Nebraska, ont annoncé lundi dernier être parvenus à un accord. Un nouveau tracé qui évite la zone controversée des Sand Hills, un tracé contenu dans un projet de loi déposé la semaine dernière devant le Congrès du Nebraska et qui devrait être adopté « sous peu » indique le groupe canadien.

Pour l'instant, le Département d'Etat reste sur ses positions et surtout sur son calendrier. Pas de décision finale avant d'avoir mené une étude précise de l'impact écologique de l'oléoduc quelque soit le tracé proposé. Mais les adversaires du projet Keystone XL remettent déjà la pression sur le ministère américain. Selon l'ONG écologiste « Les Amis de la Terre », le Département d'Etat n'est pas impartial dans sa gestion du dossier. Citant des courriers électroniques, l'organisation non gouvernementale affirme que « les responsables du Département d'Etat ont agi comme s'ils étaient dans la même équipe que TransCanada ». Deux noms de collaborateurs du ministère sont particulièrement cités.

L'administration Obama n'a jamais caché son intérêt pour le projet Keystone XL. Washington cherche à renforcer sa production nationale d'hydrocarbures et surtout à alléger sa dépendance à l'égard des pays traditionnellement producteurs de pétrole. Le nouvel oléoduc permettrait de tripler le nombre de barrils de brut acheminés par Keystone depuis le Canada jusqu'au Texas. Les hésitations de la semaine dernière ont participé à la brusque augmentation du prix du brut. Pour la première fois depuis début juillet, le baril est passé au-dessus des 100 dollars sur le Mercantile Exchange de New York.

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