Revue de presse française

A la une : Zapatero poussé vers la sortie

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« Espagne : raz de marée à droite », claironne Le Figaro.

« La droite espagnole reprend les rênes d’un pays en proie à la crise », relèvent Les Echos.

« Rajoy, nouveau roi d’Espagne », s’exclame Libération.

« Gouvernements européens : la crise chamboule tout », constate Le Parisien. « Sans surprise, note le journal, l’Espagne a voté hier en faveur de la droite et poussé dehors les socialistes. Depuis le début 2010, c’est le septième pays européen qui voit ainsi son gouvernement chassé par la crise économique. Et ce n’est sûrement pas le dernier », estime Le Parisien.

En effet, relève L’Est Républicain, « la crise fait l’effet d’une boule dans le jeu de quilles des dirigeants. Encore, à Madrid, s’agit-il d’un renvoi des socialistes à l’occasion des élections et non d’une démission imposée par la méfiance des marchés, comme à Athènes ou Rome. Jugée responsable de la régression sociale, l’équipe de José-Luis Zapatero est limogée par un peuple qui lui reproche d’avoir réagi trop peu et trop tard face à la crise, explique le quotidien lorrain. Les Espagnols savent que le futur Premier ministre, Mariano Rajoy, ne fera pas de miracles. L’austérité reste au programme. A tout le moins espèrent-ils que la droite sera plus efficace pour mener le pays sur le chemin de la guérison. »

Pour La Montagne, les Espagnols « paient maintenant la facture et ils en veulent aux socialistes qui ne les ont pas réveillés à temps. La volonté de punir le pouvoir en place est donc compréhensible. Elle est aussi paradoxale puisque les gens ne se font pas d’illusions et savent qu’en votant pour la droite, ils devront tout autant se serrer la ceinture. »

« Etranges élections que celles d’outre-Pyrénées, relève Sud-Ouest, où le vainqueur prévisible s’est fait élire sur un programme en forme d’auberge espagnole (…). Étranges élections décidément, où les électeurs ont apparemment récusé une rigueur de gauche pour la remplacer par une rigueur de droite. (…) Ce n’est pas la droite qui a gagné hier, estime encore Sud Ouest, ce sont les socialistes qui ont perdu, abandonnés par une bonne partie de leurs électeurs de 2008… Des Espagnols qui sont nombreux aujourd’hui à ranger droite et gauche dans le même sac, avec un sentiment de révolte désabusée qu’expriment si bien les Indignés de la Puerta del Sol. »

A contrario, Le Figaro estime que ce changement de majorité en Espagne peut changer la donne : « rien n’est acquis d’avance, mais l’alternance à Madrid peut être un tournant dans la crise de la zone euro, affirme le journal, si l’Espagne parvient à se remettre sur la bonne voie et à entraîner dans son sillage les autres économies du sud de l’Europe. »

Horreur et stupeur

Autre grand sujet ce matin dans la presse, le terrible drame de Chambon-sur-Lignon… Il s’agit du viol et du meurtre d’Agnès, 13 ans, par un garçon de son internat, âgé de 17 ans, déjà auteur d’un viol l’année dernière. C’était mercredi dans le centre de la France. Un meurtre qui « relance la polémique sur la récidive », s’exclame Libération qui cite, comme beaucoup d’autres journaux ce matin, les propos du directeur du collège-lycée Cévenol. Celui-ci déclare qu’il n’était pas au courant du passé du jeune homme et il se dit « sidéré qu’un système puisse permettre à un jeune particulièrement violent d’être accueilli dans un internat mixte. »

Alors, en effet, horreur et stupeur ce matin dans les journaux. « D’abord l’horreur de voir une adolescente violée et massacrée par un autre jeune de son internat, relève La Charente Libre. Ensuite la stupéfaction d’apprendre que le meurtrier présumé était sous le coup d’une mise en examen pour un viol commis en 2010, en liberté provisoire, et admis en internat sans que l’administration de l’établissement soit informée des antécédents judiciaires de ce jeune de 17 ans. »

« A-t-on lâché le loup dans la bergerie cévenole ? Qui savait, et quoi ? », s’interroge La Nouvelle République.

Pour Le Midi Libre, « le législateur aurait dû faire la différence entre le mineur voleur de voiture et le mineur violeur de jeune fille. Aujourd’hui, l’opinion est choquée. (…) Le profil du meurtrier présumé méritait de figurer dans la loi. Au lieu de cela, c’est un vide juridique. »
« Sans accabler les experts, on peut en vouloir à l’administration judiciaire de n’avoir pas appelé à toutes les mesures de précaution, estime La République du Centre. Il y a là une insupportable banalisation du risque pour les victimes. »

Enfin, attention à l’amalgame, tempèrent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « si le suivi des délinquants sexuels ne saurait être laissé aux aléas d’une réintégration forcément risquée, si le viol et la mort d’Agnès sont sans doute imputables à une faute d’appréciation manifeste… la tragédie ne saurait condamner en bloc le combat quotidien pour la réinsertion des mineurs délinquants, affirme le quotidien alsacien, qui reste une idée juste : n’est-elle pas la dignité d’une société civilisée face à l’horreur. »

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