Revue de presse française

A la Une de la presse hebdomadaire : les politiques face à la récidive tragique

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Elle s’appelait Agnès. Elle aurait eu 14 ans hier, jour de son enterrement au cimetière du Père Lachaise à Paris. La semaine dernière, dans le centre de la France, un condisciple de trois ans son ainé l’a violée, assassinée et brulée. Depuis le drame, les témoignages d’indignation et de soutien à la famille affluent de partout. Sur internet, un site dédié à la mort d’Agnès a déjà enregistré plus de 270 000 réactions. Une marche blanche a été organisée. Les parents en ont appelé à la dignité, mais « la France (est) en colère », lance Paris Match. Car le meurtrier présumé est un récidiviste. Et le recueillement a tôt fait place à la polémique. En précampagne électorale, les dirigeants politique français y sont allés de leurs suggestions, qui à l’Assemblée, qui à la télévision. Et la presse française s’interroge cette semaine sur l’opportunité d’une loi supplémentaire pour tenter d’éviter « la récidive de trop », que dénonce en Une VSD.

Or pas moins de cinq lois sur la récidive ont déjà été prises ces sept dernières années en France. « C’est tout le paradoxe, résume Marianne : les politiques doivent montrer qu’ils ne se résignent pas à l’inéluctable, qu’ils font tout pour qu’un tel drame ne se reproduise pas. En même temps, chacun comprends bien que, non, élaborer une nouvelle loi après chaque fait-divers, aussi odieux soit-il, ce n’est pas agir, mais donner le sentiment qu’on agit ».

Et après, semble lui répondre Le Figaro Magazine ! « Une loi ? Deux lois ? Mais qui donc s’en plaindra si nos enfants sont mieux protégés ? Les bons apôtres de la deuxième chance (pour les coupables) et du risque à courir (pour la société) ? Sans doute. Mais combien (de victimes) leur faudra-t-il, à ces adeptes de la justice sans peine (…) avant d’admettre que le droit des innocents doit aussi – et d’abord – être respecté ? ».
 
Refusant la polémique, L’Express, enfin, se borne à interpeller les parents, qui, sermonne le journal, doivent davantage veiller sur leurs enfants : « pour enseigner la prudence à ceux qui sont agneaux et s’alarmer de ceux qui grandissent loups ».

Verts-PS : marché de dupes
 
En politique, l’accord entre socialistes et écologistes continue de faire des vagues en France. La droite pilonne cet accord qui prévoit notamment la fermeture, d’ici à 2025, de vingt-quatre réacteurs nucléaires sur les cinquante-huit en activité en France. Et une partie de la gauche le dénonce, l’estimant faire la part trop belle aux écologistes dans l’attribution des circonscriptions aux prochaines élections législatives. Témoin Marianne, qui s’emporte contre les écologistes. « Ces gens considérables nous promettent, depuis un quart de siècle, de transformer la vie politique. C’est chose faite, grince Marianne, les accords électoraux cessent d’être pollués par l’opinion des électeurs ». Sous entendu, les écologistes ne pèsent pas lourd dans les urnes, les socialistes n’auraient donc pas dû leur concéder autant de futurs sièges de députés.

Dans Le Figaro Magazine, Claude Allègre qualifie cet accord de « félonie » ; il y voit une « trahison » et une « aberration sur le plan économique ». Pour cet ancien ministre socialiste, l’accord Verts-PS est rien moins que « la démocratie à l’envers ».

Et tandis que L’Humanité Dimanche relaie cette semaine les inquiétudes du Parti communiste français qui souligne les « dangers » d’un tel accord, l’hebdomadaire d’extrême-gauche Politis invite ses lecteurs à aller « au-delà de la polémique », au motif qu’il faut « sortir du nucléaire. Et (qu’il) est urgent d’en convaincre l’opinion ».

Sahel : barbouzeries

Incursion au Sahel, terre d’enlèvements à répétition de plusieurs étrangers ces derniers jours, dont deux Français. Invitation au voyage cette semaine dans Marianne, destination « le Sahel de la peur », où sévie Aqmi, Al Qaïda au Maghreb Islamique, « filiale régionale de la nébuleuse jihadiste ». Selon le journal, outre la « complicité éventuelle de certains éléments du Polisario », Aqmi s’appuie sur « les réseaux de contrebande qui alimentent les camps de réfugiés sahraouis en cigarettes, ce qui vaut d’ailleurs (au chef, l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Le Borgne), l’autre joli surnom de Mister Marlboro ».

Le Journal du Dimanche, de son côté, revient sur le rapt des deux Français jeudi dernier à Hombori, au Mali. Géologues présumés, ils seraient plutôt, selon le journal, des « mercenaires ». S’agissant de ces événements dans le Sahel, le JDD croit savoir qu’ils sont à relier à la création d’un « nouveau mouvement terroriste dirigé par un maître négociateur du président malien Amadou Toumani Touré ». Iyad Ag Ghali, c’est son nom, serait un « idéologue très proche d’Aqmi ». Selon le journal, il aurait « profité du retour de Libye de combattants touareg pour former son propre groupe armé ».

Le Journal du Dimanche évoque, de plus, la présence et le rôle joué, dans les récentes libérations d’otages dans la région, par un Français, « ex-dur du service action de la DGSE », du nom de Jean-Marc Gadoullet. 49 ans, ayant servi « sur plusieurs continents dans des opérations clandestines », cet ex-colonel de l’armée française « avait développé une activité de sécurité privée très ambitieuse dans le Sahel depuis la fin 2010 », énonce le Journal du Dimanche. Il aurait été « blessé par balle » mercredi dernier à un barrage au nord Mali avant d’être « rapatrié en France », affirme le JDD.

Danielle Mitterrand : dame de cœur
 
L’épouse de feu l’ancien président François Mitterrand n’est plus. Bras croisés, tunique à épaulettes, photo noir et blanc, Danielle Mitterrand est en Une de Paris Match. C’était une « femme de passions », clame l’hebdomadaire, qui lui rend un vibrant hommage. « Elle fut ce qu’on appelle une conscience. Une conscience de gauche, si ça n’est pas un pléonasme », enchérit Politis. « La vraie force tranquille, c’était elle », rehausse L’Humanité Dimanche.

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