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Chronique des matières premières

La Chine se met au gaz de schiste

Audio 02:25
Roche schisteuse.
Roche schisteuse. Flickr/Caue

La technique qui a révolutionné les marchés de l'énergie, notamment aux Etats-Unis, pourrait bientôt aider la Chine à sortir de sa dépendance au charbon. Pétrochina, la filiale cotée en bourse de la China National Petroleum Corporation affirme avoir déjà foré 20 puits au Sichuan. A chaque fois, les résultats ont été positifs ; il y avait bien du gaz au bout du tuyau, confirme la compagnie. Les Chinois seraient ainsi assis sur la plus grande réserve de gaz schiste dans le monde.

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De deux choses l’une, soit les géologues chinois ont un sacré nez, soit il suffit de creuser pour trouver. C’est plutôt vers cette dernière option que l’on penchera, au vu de la fréquence des découvertes récentes. La dernière en date est signée Pétrochina. « Les puits produisent plus de 10 000 mètres cubes de gaz par jour » a confié Mao Zefeng l’un des responsables du test à la chaine CCTV, soulignant que des études étaient en cours pour évaluer la taille des réserves.

Elles sont considérables, selon les experts. La Petrochina n’est d’ailleurs pas la seule sur le coup. Les sous-sols du Sichuan, la province la plus peuplée à l’ouest de la Chine, sont en train d’être transformés en gruyère. Après les puits verticaux, des puits horizontaux sont en cours de forage avec des projets exploratoires menés notamment par des compagnies étrangères, comme Shell, BP et Chevron.

Une solution à l’addiction au charbon

Pour l’instant, les Chinois n’ont encore de puits de gaz de schiste exploités commercialement mais ça ne saurait tarder. Nous sommes ici en présence des plus grandes réserves de gaz « non conventionnel » dans le monde a fait savoir le gouvernement américain de l’énergie. La Chine aurait de quoi faire tourner ses usines et éclairer ses mégalopoles pendant 300 ans, si l’on reste à la consommation actuelle. De quoi susciter l’intérêt de Pékin qui, depuis longtemps déjà, considère le gaz naturel comme une solution à son addiction au charbon. Un moyen aussi de rassasier l’immense appétit du pays pour les matières premières.

Pour les experts, cette substitution prendra du temps. Il faudra au moins une décennie avant que la Chine dépasse les Etats-Unis dans ce domaine. D’abord parce que le prix du gaz naturel est relativement peu élevé en Chine. Ensuite parce que, là encore, le pays dispose de réserves gigantesques. Le 17 septembre dernier, Sinopec pouvait de nouveau lancer son « eurêka » : près de 160 milliards de mètres cubes de gaz naturel selon les estimations auraient ainsi été trouvés, enfouis à 7 kilomètres sous terre, à Yuanba toujours dans cette même province du Sichuan.

Coût pour l’environnement

Enfin, outre cette abondance des ressources naturelles, l’autre frein tient à la difficulté de l’extraction. Pour trouver du gaz de schiste, il faut creuser profond, très profond même et dégager les poches de gaz emprisonnées dans la roche. Ce qui nécessite des techniques mais aussi de l’argent, sans compter le coût pour l’environnement. Pour libérer le gaz, les compagnies envoient un mélange d’eau et de produits chimiques à haute pression dans le puits. La technique dite de « fracturation » permettant à fissurer la roche et rassembler le gaz en un seul endroit. Le problème, c’est que les millions de litres d’eau utilisée dans l’opération ne sont qu’en partie récupérés, comme les produits chimiques d’ailleurs.

Mais les impératifs économiques ont de grande chance de prendre le dessus sur les considérations environnementales. A terme, affirment les autorités chinoises, la production d’électricité engendrée par le gaz devrait s’élever à 285 milliards de KW/ h en 2020, soit 100 fois plus qu’en 2000.

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