Revue de presse Afrique

A la Une : va-t-on connaître bientôt la vérité dans la mort de Guy André Kieffer ?

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Ce pourrait être imminent… « Jours de vérité », s’exclame Fraternité Matin. « Selon Osange Silou Kieffer, les résultats des analyses ADN du squelette découvert, vendredi dernier, à Issia (à près de 400 km d’Abidjan), seront connus demain mardi ou le lendemain mercredi, précise le quotidien ivoirien. L’épouse du journaliste Franco-canadien, mystérieusement disparu d’Abidjan, depuis avril 2004, dit tenir cette information du juge français, Patrick Ramaël, en charge du dossier. »

L’Intelligent, pour sa part, rapporte les déclarations de Reporters sans Frontières : « tant qu’il n’est pas confirmé qu’il s’agit bien des restes de Guy-André Kieffer, il est indispensable de rester prudents, affirme l’organisation de défense des journalistes, mais une chose est sûre : c’est la première fois, depuis près de huit ans, que l'enquête va si loin. C’est la première fois que le juge d’instruction Patrick Ramaël est en mesure d’entreprendre des fouilles, d’effectuer des prélèvements sur un squelette et de lancer des analyses ADN. » Et L’Intelligent de rappeler que « Reporters sans frontières s’est constituée partie civile dans ce dossier, immédiatement après la plainte déposée par la famille, en 2004. »

Un montage ?

Dans la presse d’opposition, on est pour le moins sceptique…
Le Nouveau Courrier a envoyé un reporter sur les lieux de l’exhumation. Celui-ci rapporte les doutes des habitants de la région : « A Zega, tout le monde tombe des nues à l’évocation de l’exhumation sur place des restes de Guy André Kieffer, affirme-t-il. Pour beaucoup d’habitants, il s’agit d’un grossier montage digne des grands réalisateurs d’Hollywood. (…) Cette mystérieuse découverte alimente les conversations. Une seule idée se dégage : ça sent le coup monté, s’exclame Le Nouveau Courrier. Rien ne prouve en réalité que les restes de Guy André Kieffer n’ont pas été exhumés (d’un autre endroit) (…) et transportés à Issia pour une opération de communication destinée à accabler le camp Gbagbo. »

« En tout cas, souligne le site d’information Fasozine , le juge français en charge du dossier semble avoir réalisé un grand coup en exhibant cette pièce (ce squelette) qui risque de provoquer un véritable coup de tonnerre dans le ciel judiciaire ivoirien. Pour arriver à cette étape décisive, il a fallu la fin du système Gbagbo et surtout celle de sa terrible épouse, Simone, présumée cerveau de l’horrible enlèvement puis de l’assassinat du journaliste, relève Fasozine. On peut également se réjouir de la pleine collaboration de l’actuel homme fort d’Abidjan, le président Alassane Ouattara. L’avancée spectaculaire que connaît ce dossier plus que brûlant ouvre un véritable espoir qui devrait conduire rapidement, il faut le souhaiter, à la manifestation de la vérité. Une vérité (…) incontournable, estime le site d’information burkinabé, pour réconcilier la 'nouvelle Côte d’Ivoire' avec le respect des droits humains et la liberté d’expression et de presse. Vivement que ce cadavre qui hante la Côte d’Ivoire depuis quelques années maintenant puisse reposer enfin en paix. »

L’ANC en guerre avec lui-même !

En Afrique du Sud, coup d’envoi hier des festivités pour le centenaire de l’ANC. Le Congrès national africain, au pouvoir depuis l’arrivée de Mandela, n’a pu faire taire ses divisions, rapporte la presse sud-africaine. Une presse plutôt critique sur le bilan et l’action de l’ANC, à l’image de cet éditorial sur le site du Mail and Guardian : « au fil des années, depuis l’accession de notre indépendance en 1994, l’ANC a été incapable de tenir les promesses faites par l’ancien président Nelson Mandela (…). Près de 15 millions de sud-africains survivent grâce aux subventions sociales du gouvernement menée par l’ANC et 90% de la population noire possèdent toujours moins de 20% des terres. Le chômage est toujours à la hausse et la majorité des gens restent exclus et désenchantés. »

De plus, souligne Le Mail and Guardian, « beaucoup des dirigeants de l’ANC, présents au sein du gouvernement pour contrer ces difficultés, ont plutôt utilisé l’appareil d’Etat pour s’enrichir. Ils contredisent ainsi toutes les valeurs défendues par les fondateurs de 1912. L’ANC est en guerre avec lui-même, s’exclame Le Mail and Guardian, et doit surmonter son incapacité à enraciner l’éducation politique et la discipline révolutionnaire parmi ses cadres. »

Un constat plutôt critique donc, établi également par de nombreux médias du continent. Notamment par Le Pays  au Burkina : « L’ANC : un passé glorieux, un avenir incertain », estime le quotidien burkinabé qui affirme que « l’ANC doit faire son introspection et corriger rapidement ses imperfections. Il lui faut s’adapter au contexte de la nouvelle Afrique du Sud et à celui du continent. (…) Le doyen des partis, mouvements et formations politiques du continent, doit œuvrer de manière à lutter contre les discriminations au plan économique, financier, social, juridique, etc, qui continuent de miner l’Afrique du Sud. Tout en luttant contre la longue suprématie blanche, il lui faut instaurer un monde de partage et d’égalité des chances. »

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