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Chronique des matières premières

L'Harmattan, vent de panique sur le marché du cacao

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Des fermiers de Côte d'Ivoire.
Des fermiers de Côte d'Ivoire. Getty Images

Les cours du cacao ont bénéficié d'une reprise brutale depuis le début de la semaine. L'Harmattan qui souffle sur les plantations ivoiriennes s'est mué en vent de panique sur les marchés.

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Le vent du Sahara, l'Harmattan, est particulièrement fort en Afrique de l'Ouest cette année. Ce vent sec souffle depuis le mois de novembre sur les plantations ivoiriennes et il prive les cacaoyers de l'humidité nécessaire à la croissance des fruits, les cabosses. Alors que la récolte principale devrait battre son plein, les fèves sont arrivées en quantité moitié moins importante que l'an dernier depuis le début du mois de janvier. Il n'y a pas de cacao disponible pour tous les acheteurs, témoigne un acteur sur place.

Ces nouvelles ont semé un vent de panique sur les marchés : à New York les cours ont gagné 15% en deux jours et hier la hausse s'est poursuivie à Londres. De mémoire de traders on n'avait pas vu pareil saut en deux jours sur le marché du cacao depuis onze ans ! Pourtant les craintes sur la récolte sont encore prématurées. Certes les vergers sont fatigués après la production record de l'an dernier, mais le tarissement actuel de la récolte principale pourrait être tout simplement dû à son début précoce, elle pourrait être très honorable, de 900 à 950 000 tonnes. La rétention de fèves par les planteurs pourrait être un autre facteur de raréfaction de la production, mais aussi la contrebande vers le Ghana puisque ce pays enregistre au contraire un afflux de fèves dans les ports.

La cabosse est le fruit du cacaoyer qui contient entre de 15 à 40 graines et mûrit environ 4 à 5 mois après la floraison.
La cabosse est le fruit du cacaoyer qui contient entre de 15 à 40 graines et mûrit environ 4 à 5 mois après la floraison. Getty Images

Les peurs se concentrent maintenant sur l'avenir, la récolte secondaire, qui doit prendre le relais en avril prochain, et qui pourrait être décevante si le vent sec continue à faire souffrir les cacaoyers en fleurs : ils produiront alors moins de cabosses. Mais pour l'instant pas de catastrophe concrète. La brutale remontée des cours à Londres et à New York est davantage due à un retournement des fonds d'investissement. Après avoir trop vendu leurs contrats de cacao, depuis le mois de mars, ce qui avait entraîné une chute des cours du cacao de 50%, les investisseurs n'attendaient qu'un prétexte pour racheter en masse sur les marchés, poussés par l'Harmattan.

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