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Revue de presse Afrique

A la Une: Dakar reste sous tension à 5 jours de la présidentielle

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Une dizaine de policiers devant les grilles d’une grande maison… Casques sur la tête, boucliers dans la main, bombes lacrymogènes à la ceinture… La photo est Une de Wal-fadjri, avec ce titre « les autorités se barricadent chez elles ». Le quotidien sénégalais raconte comment les plus hauts représentants de la République ont pris leur précaution pour ne pas que « leurs domiciles ne fassent l’objet de casse ou de saccage. Partout des agents de sécurité armée jusqu’aux dents assurent la garde ». L’effectif des forces de sécurité a ainsi doublé devant la résidence du ministre de la Justice tandis que devant celle du ministre de l’Intérieur, le nombre de policiers est passé de 2 à 8 en quelques jours. Le quotidien parle de « paranoïa sécuritaire ».

Le ras-le-bol des commerçants

Le climat actuel n’est pas bon aussi pour les affaires dans la capitale. C’est une autre conséquence des manifestations de ces derniers jours, à Dakar, les commerçants ont de plus en plus de mal « à écouler leurs marchandises ».

Reportage au marché de Sandaga, à lire également dans Wal-fadjri. « Je n’ai rien contre les gens qui manifestent, affirme ce vendeur d’articles scolaires, mais ils doivent savoir raison garder et nous laisser faire notre travail. Je ne gagne même pas la moitié de ce que je vendais avant ».

Un représentant des commerçants renchérit : « Les clients ne viennent plus parce qu’ils ont peur d’être coincés en ville ». Les commerçants « ne formulent donc qu’un vœu, écrit le journal, celui de voir les élections passer dans le calme pour que les choses redeviennent normales ».

Scenes insolites à Dakar

Les vendeurs ambulants - de leur côté - en ont marre « de voir leurs tables servir de barricades » pendant les affrontements. C’est La Tribune qui nous raconte cet épisode. Hier sur l’avenue Ponty, quand ils ont vu arriver des manifestants, certains ambulants « se sont munis de barre de fer […] défiant quiconque oserait s’en prendre à leur outil de travail ».

La presse sénégalaise regorge ce matin de petites histoires qui nous permettent de saisir l’ambiance dans la capitale à 5 jours du scrutin.

Avec encore cette scène insolite à lire dans La Tribune : hier soir des jeunes ont filtré les voitures au rond-point du Sacré Cœur en leur demandant de l’argent. Ceux qui refusaient « ont vu des pierres s’abattre sur leurs véhicules ». Principales cibles : « les chauffeurs de taxis ». « Voilà une scène de vrai banditisme qui en dit long sur la situation actuelle » dans le pays, conclue La Tribune.

« Théorie du complot »

Côté politique, le journal revient sur les accusations venues du camp d’Abdoulaye Wade…Le porte-parole du président Wade a accusé certains candidats de l’opposition de vouloir orchestrer le chaos. « On l’attendait cette théorie du complot » s’amuse La Tribune.

Voilà le scénario : « Un des candidats aurait recruté un colonel à la retraite et 200 mercenaires qui auraient eux-mêmes trompé tous les jeunes que l’on voit manifester dans les rues ». C’est « du délire », écrit La Tribune, aucune « sincérité dans cet exposé hâtif et sans imagination. […] Il n’y a pas de complot, nous dit encore le journal, il n’y a que les gesticulations d’un régime qui a peur de la défaite et la sent proche ».

Clivage réligieux

Guinée Conakry Info n’est pas tendre également avec les autorités sénégalaises. Le site d’informations en ligne pointe du doigt leur réaction trop calculée à l’incident de vendredi dans une mosquée de la confrérie des Tidianes. Le gouvernement a présenté ses excuses. Mais elles n’étaient dictées que par une « visée politicienne » selon Guinée Conakry Info, car « Abdoulaye Wade sait qu’il suffit d’une consigne émise par le leader de la confrérie pour que ses espoirs politiques se transforment en désespoirs ».

Le site n’épargne pas aussi l’attitude de l’opposition qui semble « vouloir surfer sur cet incident pour jouer son ultime baroud d’honneur. Une attitude d’autant plus irresponsable que l’idée qui la sous-tend est de mettre à profit la subtile rivalité entre Mourides et Tidianes ». Attention, prévient Guinée Conakry Info, « les clivages religieux sont en embuscade. […] On a l’impression qu’à la violence intrinsèquement politique, pourraient s’ajouter des contradictions confessionnelles qui sonneraient alors le glas des derniers espoirs de voir ce pays éviter le pire ».

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