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Revue de presse française

A la Une de la presse française: les suites de l'affaire Merah

Audio 04:52
10 mn

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Dix-neuf personnes ont été interpellées hier à l’aube en France dans les milieux islamistes radicaux. Et Le Parisien-Aujourd’hui en France plante le décor. « L’ombre des tueries de Toulouse et Montauban plane sur (ce) coup de filet », explique le journal, en référence aux assassinats perpétrés par le tueur Mohamed Merah.

Mais après avoir détaillé l’opération policière comme l’identité des individus interpellés ainsi que la nature de leurs activités présumées litigieuses, la presse française se fait l’écho des répercussions de cette affaire sur la campagne électorale en cours.

Et pour cause, puisque Nicolas Sarkozy s’est aussitôt félicité de cette opération policière. Le Président-candidat a, du reste, lui-même admis qu’il s’agissait d’un coup de filet lié à un « contexte », une semaine après l’affaire Merah. Et comme de juste, l’opposition a dénoncé son caractère « électoraliste ».

Argument, il faut le noter, qui n’est pas relayé ce matin par la presse nationale, mais qui se retrouve abondamment dans les colonnes de la presse régionale française.

Ainsi La République du Centre se demande s’il s’agit d’un « coup de filet ou (d’un) coup de pub » ; pour Le Courrier Picard, « la ficelle est un peu grosse » ; pour Le Progrès, c’est une « opération de communication »… Et l’on pourrait multiplier les commentaires de ce tonneau-là, tant ils sont nombreux.

« On connaît le refrain, rétorque Le Figaro (…) Avec les attentats de Toulouse et Montauban, la France va-t-elle prendre la mesure du danger que lui font courir les pseudo-bigots d'Allah ? (...) Notre pays ne doit plus tolérer que des groupes (…) continuent à réclamer l'application de la charia et l'instauration d'un califat sur notre territoire. (...) Il est également urgent que la France fasse le ménage dans les organisations islamiques ayant pignon sur rue. À l'image de l'UOIF qui, derrière une respectueuse façade confessionnelle, entretient un double discours (...) Ouvrons les yeux », enjoint Le Figaro.

Affaire Bettencourt : touchez pas au grisbi

C’est Libération qui y consacre sa Une, sur laquelle Nicolas Sarkozy, bras croisés, est croqué assis sur une bombe à la mèche allumée, plus trois pages intérieures.

Fait générateur de ce dossier de tête, le maintien en détention de Patrice de Maistre, ancien gestionnaire de fortune de la milliardaire Liliane Bettencourt, 89 ans, héritière du groupe de cosmétiques L’Oréal, « soupçonnée d’avoir aidé financièrement diverses personnalités politiques, dont Nicolas Sarkozy, au-delà des plafonds légaux », énonce Libération, étant rappelé que l’ancien trésorier de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 Eric Woerth a été mis en examen pour recel de trafic d’influence dans cette affaire, et qu’il est un proche de Patrice de Maistre.

Voila maintenant neuf jours que ce dernier dort en détention provisoire, le juge le soupçonnant d’avoir « donné des enveloppes de billets à Eric Woerth », résume Libé. Combien ? « Selon l’ordonnance du juge, 4 millions d’euros ont été retirés des comptes suisses des Bettencourt entre le 5 février 2007 et le 7 décembre 2009 », précise le journal. « Le soupçon demeure. (...) Nicolas Sarkozy a-t-il bénéficié en 2007, de la part de la famille Bettencourt, de financements illégaux pour sa campagne électorale? », interroge Libération.

Certes, concède le journal, pour l’instant, il n’y a pas de preuve et l’instruction se déroule de façon « irréprochable ». Toutefois, complète le quotidien, une campagne électorale est un « moment démocratique spécifique ». Cela veut bien dire, poursuit Libé, qu’interpeller le chef de l'Etat sur cette « question majeure relève du devoir politique et médiatique ». Autrement dit, Libération n’en démord pas. « Il faut continuer à regarder ces comptes de près, sans que la majorité crie (…) au complot ».

Mali : sic transit gloria mundi

Après la chute de Kidal, dans le nord-est du Mali, tombée hier aux mains des rebelles touaregs (une « belle victoire », énonce ce matin Libération), la junte militaire, qui a renversé le Président Amadou Toumani Touré le 22 mars dernier, a lancé un appel à l’aide.

Le Parisien-Aujourd’hui en France évoque ce qu’il appelle « le SOS des putschistes » et y voit un « paradoxe », dans la mesure ces derniers avaient accusé le président ATT « d’incapacité » face à la rébellion touareg alors qu’ils en appellent à présent à une aide internationale « pour les mêmes raisons ».

Mais la junte est soumise « à une double pression », souligne Le Figaro, qui rappelle l’ultimatum lancé à elle par la CEDEAO, la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest. « Sans doute la junte espère-t-elle que le risque humanitaire infléchira les positions de la Cédéao, croit deviner le journal. Le capitaine (Sanogo, chef de la junte) entend aussi bénéficier de la solidarité africaine », suppose Le Figaro.

En tout cas, il existe un point commun entre tous les acteurs de la crise malienne : le fait d’avoir « passé par pertes et profits le président déposé Amadou Toumani Touré, qui fait l’unanimité contre lui », remarque le journal Le Monde. Comme disent les latinistes, « Ainsi passe la gloire du monde ».

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