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Revue de presse Afrique

A la une : tractations au Mali pour les ministères clés

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Au Mali, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra poursuit ses consultations en vue de former un gouvernement. Et les tractations vont bon train ! La junte, notamment, serait en train de négocier le contrôle d'un « super ministère de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité, de la Justice, des Mines », bref, des portefeuilles clés.

C'est ce que croit savoir L'indépendant à Bamako, qui dresse une liste des autres personnalités pressenties pour les différents ministères. « On se demande si les partis politiques accepteront de se contenter de la portion congrue », derrière la junte. Ces militaires qui selon Le blog de Bark Biiga, au Burkina Faso, ont « instauré un pouvoir parallèle qui leur permet d'arrêter qui ils veulent » et « continuent d'être consultés et honorés par les émissaires de la Cédéao ».

Bref, « dans l’État malien supposé revenu à l’ordre constitutionnel (...), on se demande si le transfert du pouvoir aux civils auquel semblent avoir consenti les putschistes sous l’égide de la Cédéao n’est finalement pas une comédie ».

 « Honte d’être Malien »

 A lire aussi dans le journal L'Indépendant, une longue interview du chanteur Salif Keïta, qui se félicite du coup d’État. « Sous le régime d’ATT, explique-t-il, 80% des personnalités maliennes n’aimaient pas le Mali. (...) Je commençais à avoir honte d’être Malien. J’étais soulagé quand les militaires ont renversé le pouvoir ».

Étonnant de la part de Salif Keïta, qui avait pourtant soutenu Amadou Toumani Touré pendant la campagne qui a mené à son élection. « Je n'ai pas compris sa position par rapport à la situation au Nord. Le Niger, l'Algérie, la Mauritanie et même le Burkina ont su gérer les problèmes relatifs à la rébellion, juge-t-il. Mais ATT a laissé les bandits armés rentrer au Mali impunément ».

Le plus important pour lui c'est maintenant de libérer ces régions du Nord. Pour mettre fin aux rumeurs, confie-t-il enfin, « je n'accepterai pas d'être ministre de la culture car j'adore trop la scène ».

 A qui profite le putsch en Guinée-Bissau ?

 On continue avec la situation en Guinée Bissau, toujours largement commenté par les journaux. Bizarre ce « coup d’État contre un président qui n'est pas encore élu », s'amuse L'Observateur. Difficile à comprendre dans un premier temps ! Alors à qui profite le crime ?

A une personne, selon le journal burkinabé, et il s'agit de Kumba Yala, l'un des candidats à ladite présidentielle. « Quand on voit la collusion entre l’opposition et les membres de la junte, il n’y a pas de doute que l’affaire l’arrange bien. En effet, sentant sa défaite prochaine, Yala, arrivé 2e au premier tour [derrière Carlos Gomes Junior], avait rejeté les résultats du premier tour pour « fraudes massives » (...). Avec l’annulation donc de l’élection, c’est l’homme au bonnet rouge qui se frotte les mains; puisque Gomes Junior peut dire adieu à sa victoire prochaine ».

L'ancien président Kumba Yala qui "joue un jeu dangereux", renchérit Guinéeconakry.info. Puisque « pour défendre ses intérêts, [il] active tous les réseaux ethniques qu'il avait créés durant son règne pour pérenniser son influence sur le pays ».

 Présidentielle française : quel intérêt en Afrique ?

 On finit avec quelques réflexions dans la presse africaine, à 48h du premier tour de la présidentielle française. Quel intérêt présente ce scrutin pour les Africains ? Une élection suivie de très près par l'Afrique et particulièrement sa sphère francophone, écrit Le Pays  au Burkina Faso.

La nouvelle donne pourrait pousser « les têtes couronnées du continent (...) à reconsidérer leurs ambitions ». « L’empressement du nouveau président sénégalais à rencontrer son ami libéral français, n’est, on le sait, pas fortuit. Idéologiquement proche de ce dernier, Macky Sall avait en effet conscience qu’il fallait agir vite pour espérer bénéficier rapidement des largesses de la France pour renflouer les caisses vides de l’État sénégalais ».

Mais l'issue du scrutin intéresse ailleurs. Pourquoi ? Parce que « sur la scène diplomatique internationale, l’Hexagone pèse lourd, pense le journal. Grande pourvoyeuse de fonds, 2e puissance économique de l’Europe, membre du club très fermé des détenteurs du droit de véto au monde ». « La France a la capacité de faire bouger les lignes, pense le quotidien burkinabé, qui donne un exemple: François Hollande aurait-il eu la même attitude que Nicolas Sarkozy face à la crise libyenne ou ivoirienne ? »

Pas d’illusion

Les Afriques ne partage pas vraiment cet avis. La présidentielle n'intéresse pas les Africains selon l'hebdomadaire financier car « la capacité des candidats déclarés à renouveler les termes des échanges avec le continent fait peu illusion ». Pour son papier, la journaliste a interrogé des observateurs tunisiens, ivoiriens, marocains, et elle conclut que les débats sont considérés comme « peu consistants ».

« Quel candidat ou parti politique serait le plus à même d’engager des échanges équitables et durables avec l’Afrique ? » demande-t-elle. « Aucun, répond un consultant ivoirien, car seuls les intérêts de la France priment ! L’Afrique a toujours été le moteur économique de la France, et le terrain de prédilections des grandes entreprises françaises, mais notre continent n’obtient rien en retour ». « Certains pensent, écrit Les Afriques, que c’est bien plus au niveau de l’Europe que le débat doit s’engager ».

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