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Chronique des matières premières

L'Iran pourrait devenir un facteur de baisse des prix du pétrole

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Une raffinerie de pétrole.
Une raffinerie de pétrole. Getty Images/Pete Turner

Faut-il libérer les stocks stratégiques de pétrole ? La question a dominé le 13e sommet du pétrole, à Paris. Pourtant, les prix ont baissé depuis un mois ; l'Iran pourrait même être devenu, le comble, un des facteurs de cette décrue !

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Les prix du baril de Brent ont perdu près de 10 dollars depuis la fin du mois de mars. A cela plusieurs raisons. La demande de brut est molle du fait du ralentissement de l'économie mondiale, surtout en Europe. Les stocks de pétrole aux Etats-Unis sont pleins à ras bord. Et l'inquiétude au sujet de l'Iran semble se calmer. Or c'était la peur que les tensions avec ce pays ne s'aggravent, qui avait beaucoup alimenté la hausse des prix du pétrole : notamment la peur d'une fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran, qui aurait bloqué une petite moitié du trafic pétrolier. Cette perspective semble s'éloigner : les discussions de la mi-avril à Istanbul entre les Occidentaux et l'Iran sur le dossier du nucléaire semblent avoir apaisé les relations. Les sanctions entreront bien en vigueur au 1er juillet contre Téhéran, mais le marché pétrolier a déjà digéré le futur embargo européen contre les exportations pétrolières iraniennes, il a intégré le fait que l'Arabie Saoudite et d'autres pays hors OPEP prendraient le relais de la production iranienne auprès des clients européens. Et que Ryad accélérait ses travaux pour acheminer une plus grande part du pétrole vers la mer Rouge en évitant le fameux détroit. 

L'Iran pourrait même être devenu un facteur baissier pour les prix du pétrole, estime Pierre Terzian (Pétrostratégie) : contraint de trouver de nouveaux débouchés pour la production pétrolière qu'il destinait à l'Europe ; empêtré aussi dans ses difficultés à facturer ses ventes étant donnés les obstacles bancaires accrus prévus par les sanctions, Téhéran doit consentir des ristournes sur son pétrole, à la Chine, à l'Inde... Ce qui pourrait continuer de plafonner les prix mondiaux... Alors malgré les appels réitérés du gouvernement français sortant à libérer les stocks stratégiques des grands pays consommateurs pour peser sur les prix, l'Agence internationale de l'énergie n'est pas près de donner son feu vert. Et si François Hollande devait remplacer Nicolas Sarkozy à l'Elysée, il n'est pas sûr qu'il ait besoin de bloquer pendant trois mois les prix de l'essence !

 

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