Revue de presse française

A la Une : un 8 Mai très consensuel

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Deux présidents, côte à côte, devant l’Arc de triomphe pour commémorer la victoire des alliés à la Seconde Guerre mondiale : l’image était inédite et elle fait bien sûr la Une de quasiment tous les journaux ce matin.

« Réunis par la République » s’exclame Le Figaro. « Jour de trêve », constate Libération. « Un 8 Mai pas comme les autres », relève Le Parisien. « L’unité d’un jour », lance Le Dauphiné. « Parenthèse républicaine », remarque Le Midi Libre. « La concorde sous l’Arc de triomphe », ose Sud Ouest.

Et les commentateurs sont à l’unisson. « La paix des braves sous l'Arc de triomphe. L'image est forte, affirme Le Figaro, et frappe la conscience nationale. Nicolas Sarkozy a réussi sa sortie, François Hollande son entrée. L'un et l'autre ont montré au pays qu'ils étaient les dépositaires de quelque chose qui les dépasse, l'attachement à la patrie et à sa grande histoire ».

« Alors que dans tant de pays, la démocratie balbutie, des élections sont contestées, trafiquées, des dirigeants s’accrochent au pouvoir, constate La Croix, les institutions républicaines françaises témoignent de leur solidité ».

Ouest France renchérit : « la belle image offerte, hier, par Nicolas Sarkozy et François Hollande, est un exemple de dignité et d’esprit républicain, à un moment si important de la vie démocratique française et européenne. À dire vrai, poursuit Ouest France, la séquence a commencé dimanche soir, à La Mutualité, lorsque l’on a vu le président battu saluer, à l’américaine, la victoire de son adversaire et calmer ses troupes par respect du verdict populaire. Elle s’est poursuivie à Tulle et à La Bastille où l’on a entendu François Hollande, au milieu d’un patchwork de cultures et d’origines, expliquer qu’il était désormais le président de tous les Français ».

Et finalement, remarque L’Alsace, « Nicolas Sarkozy donne bien des regrets à ses troupes. Aurait-il touché les tréfonds de l’impopularité s’il avait su parler, pendant cinq ans, de façon aussi consensuelle ? Non, bien sûr. On peut même penser qu’il aurait facilement pu être réélu s’il avait martelé, dès le début de son mandat, son rêve exprimé dimanche d’une « France ouverte, qui ne regarde pas l’autre comme un adversaire, comme un ennemi ». […] Un « nouveau Sarkozy » est apparu au soir de sa défaite, relève le quotidien alsacien, qui a enfin revêtu, sans qu’apparaisse le moindre faux-pli, le costume présidentiel que le Sarko impulsif et clivant du quinquennat finissant n’avait jamais réussi à enfiler. Sa sérénité retrouvée au moment de passer le flambeau à son successeur a valeur d’autocritique. Trop tard… »

Après cette parenthèse du 8 Mai, la politique va reprendre ses droits…

En effet, pointe La Charente Libre, « attention à ne pas tomber dans une sorte d’angélisme bisounours, car nous n’avons assisté hier qu’à un simple… armistice. Dès les citrons de la mi-temps partagés, gauche et droite vont revenir sur le terrain des législatives avec la volonté naturelle d’en découdre ».

« C’est vrai, relève Le Progrès, ce matin, la parenthèse républicaine est déjà refermée. France de gauche et France de droite lâchent de nouveau leurs coups et ne mâchent pas leurs mots. La campagne électorale, revoici un autre rite, un autre signe de vitalité pour la République ».

Et « les combats s'annoncent furieux, relève Le Midi Libre. Sans merci. Avec la bataille des législatives, d’abord. L’UMP se prépare à une guerre de tranchées contre le FN. Le PS, lui, doit faire face à l’offensive des alliés. Mélenchon et Verts réunis. Mais une autre guerre est déjà engagée. Au sein du PS pour la quête du pouvoir et des maroquins. Au cœur du réacteur de l’UMP, aussi, pour le leadership du Parti ».

La partie de bras de fer avec l’Allemagne ne sera pas non plus de tout repos

Mais, bonne nouvelle, affirme Libération, « la plus haute autorité européenne a annoncé hier la tenue d’une réunion au sommet des chefs d’Etat consacrée à la relance de la croissance, érigée en nouvelle priorité ». Et le journal de s’exclamer : « il était temps ! Il a donc fallu attendre que huit pays de la zone euro sombrent dans la récession, et, sans aucun doute, les chocs de l’élection d’un président de gauche à Paris, pour que la vérité apparaisse toute nue : la sacralisation de l’austérité conduit l’Europe dans le mur. La question s’est enfin déplacée : comment fabriquer de la croissance ? »

L’Humanité se fait lyrique : « les conservateurs allemands ne sont plus désormais en mesure de dicter seuls la marche à l’abîme que serait la rigueur prévue. Sur le continent, des voix qui jusque là tintinnabulaient à l’unisson des marchés font écho à une colère des peuples qui pourrait les balayer ».

Enfin, Le Canard Enchaîné reste dans l’expectative : « même si le nouveau président arrive auréolé de l’image de l’homme neuf, avec son ajout revendiqué d’un volet de croissance dans le pacte européen de stabilité, l’affaire n’est pas gagnée d’avance. La France prendra-t-elle avec lui la tête d’un renouveau de l’Europe, ou seulement celle de ses mauvais élèves grecs, portugais, espagnols, italiens ? C’est tout l’enjeu, et il n’est pas mince au début d’un quinquennat ».

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