Revue de presse française

A la Une : le casse-tête grec…

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Un François Hollande poussant un globe étoilé, symbolisant l’Europe, sur une pente bien raide… Un dessin à la Une de Libération. « Hollande en pleine croissance », titre le journal qui relève que « le président élu est déjà à la manœuvre pour faire adopter un plan de relance à l’échelle européenne. » Pour Libération, c’est la voie à suivre : « montrer pour la France et pour le reste de l’Europe que la social-démocratie peut faire mieux que de simplement gérer la rigueur saupoudrée de quelques mesures sociales. Les négociations entre les partenaires européens seront dures. La croissance reste un mantra vague, qui ne peut être la solution à tous les maux de l’Union. Mais le carcan de la discipline budgétaire aveugle et imposée de l’étranger a vécu. »

Tout cela est bien beau, « mais, relève Le Figaro, pacte de croissance – comme le réclame François Hollande – ou pas, la Grèce n’échappera pas à une cure d’austérité drastique si elle souhaite rester dans l’euro. C’est cette ligne politique du donnant-donnant, suivie jusqu’ici par les Européens mais toujours combattue par la gauche, que la sagesse recommande de soutenir encore, affirme encore Le Figaro. Outre sa propre ruine, la sortie de la Grèce de la monnaie unique créerait un dangereux précédent et ouvrirait un champ d’incertitude extrêmement périlleux pour l’Europe elle-même. »

La Grèce au centre de tous les commentaires ce matin… « L’Europe tente encore d’éviter la faillite de la Grèce », s’exclament Les Echos en Une qui estiment que « le spectre d’une sortie coûteuse de la zone euro se profile à nouveau. »

Et pour certains journaux, « le cas de la Grèce est désespéré »… C’est ce que relève notamment L’Alsace : « non, il n’est pas possible de redresser un pays par la saignée, s’exclame-t-il. Non, il n’est pas crédible de vouloir inculquer aux Grecs, en quelques mois, les rudiments d’une administration politique inexistante depuis des décennies. Non, les partenaires d’Athènes ne reverront jamais leur argent. Oui, il faut que la Grèce quitte la zone euro. Elle y est entrée par effraction, en maquillant ses déficits. Elle paie aujourd’hui au centuple les bienfaits qu’elle a cru retirer de ce tour de passe-passe. »

Effet domino

Mais dans sa chute, la Grèce pourrait bien entraîner les autres maillons faibles de l’Europe à commencer par l’Espagne et le Portugal. « L’effet domino menace une Europe en récession, s’exclame Le Républicain Lorrain, où les signaux politiques envoyés simultanément de France, de Grèce et d’Italie le week-end dernier démontrent que les gouvernants ont de moins en moins les moyens de canaliser l’exaspération des populations. » Pour le quotidien lorrain, le plan de relance européen par la croissance voulu par François Hollande « n’est pas de nature à régler la question de la dette grecque. Mais cela donnerait le temps nécessaire au renforcement du pare-feu européen qui, en cas de faillite d’Athènes, permettrait de protéger l’Espagne et le Portugal. »

En tout cas, relève Le Télégramme, « si la Grèce se met en congé de l’euro, elle sera ruinée et mise au ban des créanciers pendant des lustres. Et son retrait, qui ferait jurisprudence, signerait l’échec de la stratégie Merkozy (Merkel/Sarkozy). L’euro y résisterait-il ? », s’interroge le quotidien breton. « Le problème n’est plus financier. Il est politique. L’Europe tremble et joue son intégrité. Rude baptême du feu pour François Hollande. »

Vers une Europe fédérale ?

Et Ouest France de constater qu’« un peu partout en Europe, le vote de protestation gagne régulièrement du terrain. Le premier tour de la présidentielle française l’a montré. Depuis février 2011, pas moins de onze gouvernements ont cédé sous la pression économique. Comme si une crise de la représentation politique des forces démocratiques était en cours. »

Du coup, Ouest France repose la question du fédéralisme européen : « une plus grande intégration européenne, invoquée pour sauver la monnaie et nos économies, ne peut se faire sans légitimité démocratique. D’où la question d’un possible saut fédéral qui est posée aujourd’hui à l’Europe comme jamais. À l’heure où des néo-nazis entrent au Parlement grec, le sujet mérite réflexion. »

Et Le Journal de la Haute-Marne en revient au nouveau président français : « pas de galop d’essai pour François Hollande. Avant même de prendre officiellement ses fonctions, le nouveau président de la République doit se lancer sur le tatami européen. (…) Il peut compter sur certains Etats de l’Union convertis à l’idée que hors de la croissance point de salut, y compris en matière de réduction des déficits publics. Le chaos politique provoqué en Grèce par le corset de l’austérité et la réduction rapide de la croissance ne sont d’ailleurs pas étrangers à l’évolution des équipes dirigeantes, qu’elles soient de gauche ou de droite. » Mais, « de là à convaincre totalement l’Allemagne de faire preuve de plus de souplesse, conclut Le Journal de la Haute-Marne, il faudra à François Hollande la force de faire bouger un véritable mur de Berlin. »

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