Revue de presse française

A la Une : la Grèce dans l’impasse

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Les élections législatives n’ayant rien donné, le pays est « aux abois », s’alarme Le Figaro. Le journal évoque la « peur d’une sortie de l’euro », mais veut croire que tous les défis auxquels Athènes est confronté « poussent au retour à la raison ».

Pas si sûr, Le Parisien-Aujourd’hui en France choisit ce matin de dramatiser la situation et lance cette question en manchette : « Et si la Grèce sortait de l’euro ? ». Le quotidien prend tout de même soin de rappeler que le président français François Hollande « s’oppose » à une telle sortie. Mais Le Parisien-Aujourd’hui en France relève que les bookmakers britanniques ont décidé de « suspendre les paris sur une sortie de la Grèce de la zone euro, refusant de prendre des risques sur un scénario qu’ils jugent désormais trop probable ». Il n’en fallait pas davantage au journal pour passer en revue les conséquences d’une telle occurrence sur le pays mais aussi sur ses voisins. Occurrence qui serait, estime Le Parisien-Aujourd’hui en France, « le début de l’engrenage fatal ». Pour autant, l’hypothèse « la plus probable » est que la Grèce ne sorte pas de l’euro. Mais alors, « cela coûterait très cher », prédit le journal, qui souligne qu’une fois encore, le couple franco-allemand « sera déterminant » dans cette affaire.

Hollande-Merkel : la chancelière de fer

Justement. Ce couple Paris-Berlin n’est pas au mieux de sa forme en ce moment. « La tension monte entre le président élu et la chancelière », constate Le Figaro, après qu’Angela Merkel ait repoussé l’idée de financer toute idée de croissance « par les déficits », résume le journal. Le Figaro invite en conséquence le président François Hollande à « abandonner son intention de renégocier le pacte de discipline budgétaire et sa volonté de transformer la BCE en prêteur de dernier ressort ». Pour le quotidien, « le moment est venu d’expliquer clairement aux Français ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Il existe des réserves de croissance à dégager par des réformes audacieuses. Elles ne surgiront pas d’un alourdissement du fardeau de la dette. Angela Merkel a le mérite de nous le dire en face et sans détour. Puisse-t-elle être entendue ! », adjure Le Figaro.

Pas sûr que le journal soit entendu. Car la nécessité de croissance apparaît d’autant plus urgente que les plans sociaux menacent en France. Des plans de licenciements de masses ont-ils été retardés avant la présidentielle française ? « Fantasme ou réalité », interroge La Croix, qui relaie l’inquiétude des syndicats français au lendemain de l’élection de François Hollande. Le journal se penche ce matin sur le cas de la grande distribution, qui pourrait, bientôt, licencier massivement. « Si, demain, comme on le pressent, plusieurs enseignes de la grande distribution procèdent à des plans sociaux, ce ne sera pas – en tout cas pas seulement – pour assurer des dividendes aux actionnaires », analyse La Croix.

ISF : que les gros patrimoines lèvent le doigt

Les syndicats s’inquiètent… Les hauts revenus aussi. Car l’impôt sur la fortune va très vite augmenter. A en croire Les Echos, « Hollande va relever l’ISF dès cet été », étant rappelé que l’ISF est l’acronyme de l’Impôt de solidarité sur la fortune. Il s’agit d’un impôt non pas sur les revenus mais sur la valeur estimée du patrimoine des contribuables. Selon le journal économique, qui en fait sa manchette, « le rétablissement du barème de l’impôt sur la fortune sera effectif dès cette année ». Cela concerne les patrimoines supérieurs à 1,3 millions d’euros, détaille le quotidien économique.

Licenciements : la gauche ou la Bourse

Autre mesure attendue du nouveau pouvoir en France, l’éventuelle interdiction des licenciements boursiers. Evoquée publiquement par Michel Sapin, proche de François Hollande, pressenti pour un portefeuille en rapport avec l’économie et les finances dans le prochain gouvernement, la mesure fait la joie de L’Humanité. « La dégradation de la situation économique et sociale dans un pays affaibli par cinq années de sarkozysme et la crise que provoquent dans toute l’Europe les plans d’austérité ne laisseront aucun répit au nouveau président. (…) C’est peu dire que les enjeux d’aujourd’hui réclament une majorité de gauche large et déterminée, fidèle au monde du travail », invoque le quotidien communiste, dans la perspective des législatives de juin prochain.

Gays : Obama casse la Barak
 
Enfin un mot du mariage Gay, auquel Barak Obama s’est dit personnellement favorable hier. C’est la Une de Libération, qui se réjouit vivement de cette déclaration du président des Etats-Unis. « En France comme aux Etats-Unis, être gay sera plus facile pour les plus jeunes, pour ceux moqués ou méprisés qui hésitent à vivre leur sexualité. Le président, qu’il soit américain ou français, peut ainsi faire avancer l’histoire et changer la société, prédit Libération. Premier président noir de l’histoire de son pays, Obama avait paru pusillanime dans l’exercice de son pouvoir. François Hollande peut, s’il tient ses promesses, changer des vies ». Et Libération évoque, pêle-mêle, le droit de vote aux étrangers, la fin de vie ou la bioéthique. Des textes qui « pourront être fondateurs de sa présidence, comme le fut en son temps la suppression de la peine de mort ».

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