Revue de presse française

A la Une : François Hollande face aux difficultés à venir

Audio 05:00

Publicité

Pas encore installé, le président de la République est déjà confronté aux contraintes économiques.

Tout « à la recherche de son style », badine Le Parisien-Aujourd’hui en France, tout à la question de savoir s’il peut être un « président normal », s’interroge en Une le journal, le chef de l’Etat doit en réalité faire face aux dernières prévisions économiques de la Commission européenne qui anticipe un ralentissement de la croissance et un déficit accru pour la France en 2013. « Bruxelles modère les espoirs de croissance de la France », relève donc, en pages intérieures Le Parisien-Aujourd’hui en France. Et ce d’autant plus que « l’impasse politique à Athènes accroît les inquiétudes sur l’euro », complète-t-il.

Et, sans attendre, le journal imagine les révisions que pourrait être amené à faire François Hollande. La correction à la baisse de la perspective officielle européenne « met sous pression le futur gouvernement français qui pourrait être amené à revoir son programme de réduction des déficits », prédit le quotidien.

Sans aller jusqu’à prévoir une révision rigoriste du programme présidentiel, Libération, qui consacre sa Une aux attentes des jeunes, concède, également en pages intérieures, que l’Union européenne « tacle la France ». Et qu’en conséquence, formule Libération, « Hollande devra aller chercher les dépenses avec les dents ».

Hollande : pas de répit pour les braves
 
Autant dire qu’avant-même le début de son mandat, François Hollande est plongé sans ménagement dans le grand bain des difficultés du moment. Douche froide que Le Monde modère de son style tout de mesure. « Les projets de M. Hollande contrariés par la faible croissance », titre le journal qui, convoquant le souvenir de l’élection de François Mitterrand il y a 31 ans, dessine la perspective du second élu socialiste de la cinquième République à la magistrature suprême. « Avant même son élection, le nouveau président savait que, vu l’ampleur de la crise économique et sociale, il lui était interdit d’imaginer, à la différence de 1981, le moindre état de grâce ».

Le quotidien du soir pose donc la question qui s’impose : « Que va faire François Hollande, qui s’est fait élire sur un refus de l’austérité ? » Sans fournir la réponse, le journal explique déjà ce que le président français ne va sans doute pas faire. François Hollande « peut difficilement commencer son mandat par un plan de rigueur, alors qu’il soupçonnait la droite d’en avoir préparé un nouveau dans l’hypothèse d’une reconduction de Nicolas Sarkozy. Mais il dispose d’une marge de manœuvre étroite, admet donc Le Monde. (...) M. Hollande doit faire preuve de pragmatisme pour trouver un compromis qui convaincra l’Allemagne de lâcher du lest ».

Convaincre Angela Merkel ? Marge de manœuvre étroite ? Respect de l’objectif de réduction des déficits ? Le Figaro résume, à sa manière, le défi auquel est confronté François Hollande. « À un mois des élections législatives, le nouveau chef de l’État se garde bien de dévoiler sa recette, qui ne pourrait en réalité prendre que deux formes. La première consisterait à trouver de nouvelles recettes. Avec les hausses d’impôt déjà annoncées, cela ne ferait que miner encore davantage la compétitivité de l’économie française, déjà championne des prélèvements obligatoires. L’autre voie, poursuit Le Figaro, (…) serait de réduire la dépense publique. Pour François Hollande, cela pourrait simplement commencer par renoncer aux folles promesses de campagne : embauche de fonctionnaires, création d’emplois-jeunes ou renégociation de la réforme des retraites, entre autres étrangetés ». Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. On connait la chanson.

Mélenchon vs Le Pen : guerre frontale
 
On le voit, en effet, la passion politique ne retombe guère en France. Et ce matin, la presse confirme le duel à venir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. A en croire Le Figaro et Le Parisien-Aujourd’hui en France, le leader du Front de gauche ira bien défier la présidente du Front national dans ce que ce parti considère comme son « fief » d’Hénin-Beaumont, dans le nord de la France. « La guerre des fronts aura bien lieu », formule Le Parisien-Aujourd’hui en France. Le journal y voit pour Jean-Luc Mélenchon, devancé par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle le 22 avril dernier, l’occasion de « prendre sa revanche ».

« Jean-Luc Mélenchon va officialiser (…) sa candidature à Hénin-Beaumont », confirme Le Figaro. Le quotidien estime toutefois le Front de gauche « encombrant pour le Parti socialiste ».

Encombrant ? Le Journal de la Haute-Marne l’explique d’une question : « Mais qui est donc Jean-Luc Mélenchon ? Un homme politique qui comptera pour l’avenir ou un simple bagarreur de cour d’école ? ». Selon le quotidien, les convictions du quatrième homme de la présidentielle « ne tiennent malheureusement qu’en quelques mots très simples : être contre tout et se révéler prêt à n’importe quoi pour faire trébucher ceux qu’il a désignés comme ses ennemis ». Et Le Journal de la Haute-Marne, qui traite Jean-Luc Mélenchon de « sorte de Don Quichotte », considère que son « nouvel engagement qu’il aimerait chevaleresque (…) risque de tourner à l’obsession fatale ». La quête du « Quichot » Mélenchon contre le « moulin » lepéniste ? Pour le PS, de quoi, en effet, perdre le nord…

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail