Revue de presse française

A la Une : tapis rouge pour François Hollande

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La Croix, Libération, Le Monde, Le Figaro ou encore Ouest France… C’est le point commun de la plupart des Une des journaux ce mercredi : ce grand tapis rouge déroulé sur le perron de l’Elysée foulé par un François Hollande apparemment digne et volontaire.

« La rupture », s’exclame Libération en première page. « La journée de passation des pouvoirs a été pensée par François Hollande comme un sas emblématique vers une présidence qu’il veut à l’opposé de celle de Nicolas Sarkozy, relève le journal. 'Vite, vite, passons à autre chose', a semblé indiquer le nouveau locataire de l’Elysée en ne traînant pas sur le perron au moment du départ de Nicolas Sarkozy. En se contentant d’adresser au sortant ses 'vœux pour la nouvelle vie qui s’ouvre devant lui', c’est le bilan du quinquennat que François Hollande a balayé. »

« Le bling-bling, c’est fini », se réjouit L’Humanité en Une. Le quotidien communiste qui tempère aussitôt dans son éditorial avec cette interrogation : « la journée d’hier a-t-elle fourni des premiers signes que la rupture avec le sarkozysme ira au-delà des images et du comportement ? »

« Hollande engage sa présidence à gauche », constate pour sa part Le Figaro. « La campagne de François Hollande fut marquée par l’antisarkozysme, son entrée en fonction aussi, relève-t-il. On peut certes comprendre l’intonation donnée à cette journée par François Hollande. (…) Mais le danger qui le guettera bien vite, avertit Le Figaro, c’est d’apparaître comme un président +socialo-socialiste+, voire hermétique à tout ce qui ne vient pas de sa famille politique. (…) Vu la difficulté des temps, François Hollande ne peut apparaître comme le président d’un camp. L’enthousiasme partisan d’hier était certes compréhensible, mais il ne faudrait pas qu’il dure trop longtemps. »

En tout cas, « c’est maintenant que les ennuis commencent, remarque La Charente Libre. Et ils sont légion : l’épine douloureuse de la Grèce et des risques qu’elle fait peser sur l’économie, le niveau du taux de croissance sans lequel rien ne sera possible, la demande sociale - emploi et pouvoir d’achat -, qui ne va pas manquer de monter dans les mois à venir. Ce n’est qu'un début… »

Le Canard Enchaîné renchérit : « après le temps de l’image, des bains de foule et des symboles, va très vite venir celui des vrais comptes du pays. Ils sont beaucoup plus détériorés que la météorologie. Et là, le président 'normal' sait déjà qu’il va être encore plus difficile de passer entre les gouttes, même en ouvrant le parapluie ! »

Jean-Marc Ayrault : Monsieur Loyal

Alors pour seconder François Hollande dans la bourrasque : Jean-Marc Ayrault…
« Ayrault, nouvel homme tranquille de Matignon », titrent Les Echos.
« Une sorte de Fillon de gauche, relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, bosseur, pas clinquant pour deux sous, de surcroît bon germanophone, ce qui sera fort utile pour négocier en direct avec la chancelière d’Allemagne. »

Pour Le Courrier Picard, « il n’est pas l’homme d’une écurie mais d’une fidélité. Proche du président sans être un intime. Ils ont cheminé ensemble, sa loyauté est récompensée. »
« Dans cette fonction à nouveau exposée, Jean-Marc Ayrault manque sans doute d’expérience gouvernementale, reconnait La Voix du Nord, mais pas d’autorité. Il en aura besoin dans une équipe où cohabiteront forcément des poids lourds du socialisme époque Mitterrand-Jospin et les jeunes pousses ambitieuses de la génération Hollande. »

Qui à quel poste ?

Ce qui nous amène justement à la composition du gouvernement qui sera connu ce mercredi en fin d’après-midi. Et le petit jeu des pronostics se poursuit… « Les favoris pour le gouvernement », titre Le Parisien avec toute une série de photos des prétendants et prétendantes.

Le Parisien qui se penche, entre autres, sur le cas de Martine Aubry, apparemment très déçue de ne pas avoir eu Matignon : « depuis, c’est le casse-tête, affirme le journal : que faire de Martine Aubry ? L’Economie et les Finances ? +Pas très rassurant pour les marchés de voir nommée la Dame des 35 heures…', s’étrangle un député. Un 'super portefeuille' comprenant l’Education, la Recherche et la Culture ? 'Laissez courir la rumeur…', botte en touche son bras droit, François Lamy. A moins qu'Aubry ne soit purement et simplement écartée. »

Le Canard Enchaîné nous en dit un peu plus : « aux dernière nouvelles, très provisoires, Aubry obtiendrait l’Economie, sans les Finances, accordées à Michel Sapin. Mais elle menace toujours de 'rester à Lille', croit savoir l’hebdomadaire, et de d’occuper exclusivement de la campagne des législatives si elle n’obtient pas davantage. »

Bref, résume Le Canard, « difficile équation : comment concilier la parité, le mélange des générations, les appétits des écolos, les amitiés et le poids des courants socialistes ? En quatre jours, ledit gouvernement a été formé et déformé plusieurs fois et hier après-midi, rien n’indiquait encore qu’il n’allait pas être remanié. »

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