Revue de presse française

A la Une : une galerie de portraits

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Après de longues heures d’attente, la composition du gouvernement Ayrault a donc été annoncée hier soir : 34 ministres et ministres délégués et beaucoup de nouvelles têtes… Alors, ce matin, on fait les présentations.

« Egalité », s’exclame Libération en Une, avec en photos les 17 femmes du gouvernement, parité parfaite…

En effet, « La parité au pouvoir », tonne Le Républicain Lorrain. « Ayrault 1 : la parité intégrale, sans Aubry », relève Sud Ouest.

« Les heureux élus… », annonce Le Dauphiné.

« Dans le bain », clame Nice-Matin.

Alors, galeries de photos et présentations des impétrants se succèdent au fil des pages. « Des figures emblématiques et des visages méconnus », constate Le Figaro. En effet, il y a les vieux routiers, comme Laurent Fabius au Quai d’Orsay, Michel Sapin au Travail, ou encore Pierre Moscovici à l’Economie.

Et il y a la jeune garde, très féminisée : Delphine Batho, ministre délégué à la Justice, Fleur Pellerin, aux PME, Najat Vallaud-Belkacem, aux Droits des femmes, ou encore Aurélie Filippetti à la Culture… Toutes ont moins de 40 ans.

Pari tenu

Et le qualificatif qui revient le plus souvent ce matin sous la plume des commentateurs, c’est « équilibré ».

Oui, « il y a de l’équilibre dans le hollandisme, se félicite Libération, mais pas seulement : à la stricte parité promise, s’ajoute un profond renouvellement des élites politiques, incarné par une forte présence d’élus de terrain. »

« Le président a tenu son engagement, relève La Montagne. Le dosage est subtil dans la place accordée à la diversité, celle de la France métissée et des expériences; à l’écologie, qui n’échoit pas à une verte ; à la gauche du PS, avec Montebourg. Il fait la part belle aussi à une nouvelle génération politique. Le changement annoncé est donc au rendez-vous, au moins sur le papier. »

« Le premier gouvernement de François Hollande donne un écho à la plupart des engagements de campagne du président, renchérit Paris-Normandie. D’abord, c’est effectivement un gouvernement de changement. Sur les 34 ministres, 29 n’ont jamais fait partie d’aucun gouvernement. L’innovation pourra séduire. Mais elle n’est pas sans risque, et certains ne tarderont pas à dénoncer l’inexpérience. Autre engagement tenu, la parité, 17 hommes, 17 femmes. Bien sûr les équilibres internes au PS sont aussi respectés, même si la part belle est faite aux amis du président. »

Aubry sur la touche

Une grande absente toutefois dans ce gouvernement : Martine Aubry…

« Hollande-Aubry : le divorce », titre Le Figaro en Une. Le Figaro qui estime que « la mésentente de la maire de Lille avec le président éclate au grand jour. »

« Hollande pouvait-il nommer comme Premier ministre une femme qui l’avait traité de 'gauche molle' ? », s’interroge La République des Pyrénées. « Leurs caractères s’opposent et leurs conceptions de la politique. Son nom circulait pourtant pour plusieurs grands ministères d’Etat. Elle a jugé que c’était trop peu… »

« Après la foudre contre l’avion présidentiel, le coup de tonnerre Martine Aubry ! », s’exclame Le Courrier Picard. « Barrée de la route à l’Elysée, pour elle c’était Matignon ou rien. Ce sera la rue de Solferino et encore la patronne du PS se retirera-t-elle bientôt sur son Aventin lillois. Elle a choisi de garder sa liberté. »

Ce « premier couac montre bien qu’une fois installé dans les fauteuils du pouvoir, les ennuis commencent, remarque Le Midi Libre. La gauche est bien passée de l’autre côté du miroir. »

Prochaines retouches ?

En ligne de mire désormais, les législatives… Et à l’issue de ce scrutin le gouvernement pourrait être retouché.

C’est ce qu’avance notamment Nord Eclair : « il fallait constituer un gouvernement de combat pour gagner les législatives. Et ce premier gouvernement Ayrault sera probablement aménagé à la suite des législatives, estime le quotidien nordiste. Il se peut alors que les équilibres recherchés soient revus en fonction des résultats. »

Analyse partagée par Le Journal de la Haute-Marne : « le casting n’est pas définitif. Dans un mois, après le second tour des législatives, il y a fort à parier que les acteurs - certains d’entre eux en tout cas - quitteront ce gouvernement presque aussi vite qu’ils l'ont intégré. En attendant, ces 17 hommes et 17 femmes nommés par le nouveau président de la République ont un travail colossal à engager. Et ça, ça n’attendra pas le 10 juin. »

Et Le Parisien de conclure : « convoqués aujourd’hui à 15 heures pour un premier Conseil des ministres, les petits nouveaux ont du pain sur la planche. Avec la crise, les dossiers chauds ne manquent pas. Et Hollande ne leur promet pas des lendemains qui chantent. Non seulement leurs indemnités seront réduites de 30%, mais ils devront aussi se conformer aux règles qui interdisent tout cumul. Plus délicat encore pour certains, relève Le Parisien : Jean-Marc Ayrault a prévenu hier que 'tout ministre qui se présente aux élections législatives et qui ne sera pas élu ne pourra pas rester au gouvernement'. Ils ont un mois pour convaincre qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration. »

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